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	<title>CLAP NOIR : cin&#233;mas et audiovisuels Africains</title>
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	<description>&lt;p&gt;Clap Noir, le site des cin&#233;mas d'Afrique&lt;/p&gt;</description>
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		<title>Exigeant, Bouleversant ! </title>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

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&lt;p&gt;Exigeant et bouleversant, &#034;le cercle des noy&#233;s&#034; impose d&#232;s les premi&#232;res images la profondeur de sa r&#233;flexion. A l'image, en silence, de longs plans fixes, toujours en noir et blanc. Une chambre africaine d&#233;nud&#233;e. Une rue. Une route. Des b&#234;tes. Un quotidien lent et stylis&#233;. Un abattoir de chameaux. Et puis apparaissent des visages. Une seule voix, Peule, intimiste et cass&#233;e par les ann&#233;es de souffrance, va parler pour eux. Eux, ce sont ceux que l'on appelle &#034;le cercle des noy&#233;s&#034;. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Exigeant et bouleversant, &#034;&lt;a href='https://www.clapnoir.org/le-cercle-des-noyes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le cercle des noy&#233;s&lt;/a&gt;&#034; impose d&#232;s les premi&#232;res images la profondeur de sa r&#233;flexion. A l'image, en silence, de longs plans fixes, toujours en noir et blanc. Une chambre africaine d&#233;nud&#233;e. Une rue. Une route. Des b&#234;tes. Un quotidien lent et stylis&#233;. Un abattoir de chameaux. Et puis apparaissent des visages. Une seule voix, Peule, intimiste et cass&#233;e par les ann&#233;es de souffrance, va parler pour eux. Eux, ce sont ceux que l'on appelle &#034;le cercle des noy&#233;s&#034;. Les militants pour la cause Noire accus&#233;s de collaboration &#224; un coup d'Etat par le r&#233;gime Mauritanien du Pr&#233;sident Ould Taya en 1987 et emmen&#233;s au fort de Oualata, au fond du d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison mauritanienne&lt;br class='autobr' /&gt;
La cam&#233;ra tente de nous faire revivre l'exil et la souffrance. Elle traverse les immenses &#233;tendues d&#233;sertiques, balay&#233;es par le vent du Sahara. On imagine un long voyage. La s&#233;paration d'avec les siens. L'inqui&#233;tude. L'attente. Puis, nous voyons ce fort se dresser au milieu de nulle part comme celui du d&#233;sert des tartares. Avant d'&#234;tre le camp de la mort d'un gouvernement mauritanien affirmant son racisme, le fort de Oualata fut une base militaire fran&#231;aise. Et toujours, battue par le vent du d&#233;sert, tandis que devant, au premier plan, une caravane passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voix dit les souffrances, les humiliations, la torture, la mort des autres, l'attente. A l'image, nous sommes derri&#232;re une muraille, une fen&#234;tre trop &#233;troite. Minimaliste, la bande son enregistre le moindre bruit : de la musique venue des radios des gardes, le passage d'un camion, le vent. &#034; A force d'&#234;tre coup&#233;e du monde, l'ou&#239;e devient fine&#034; . Pas de plainte, un r&#233;cit. Nu et sans concession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lever la loi du silence, plus de dix ans apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette voix, c'est la voix de Fara B&#226;, un rescap&#233; du fort de Oualata. Le film est n&#233; de sa rencontre avec Pierre-Yves Vandeweerd, un r&#233;alisateur belge qui travaille depuis plus de dix ans en Afrique, et particuli&#232;rement en Mauritanie. De leurs premi&#232;res conversations est n&#233;, il y a dix ans, le d&#233;sir commun de t&#233;moigner de l'histoire tragique de ces anciens prisonniers politiques. Une loi du silence pesait alors en Mauritanie : seul, un courageux travail de m&#233;moire pouvait permettre de r&#233;tablir un sentiment de justice. Huit ans d'entretiens avec plusieurs d'entre eux ont fini par donner naissance &#224; cette voix off unique, &#224; la premi&#232;re personne, qui fut enregistr&#233;e &#224; Nouakchott, de mani&#232;re clandestine. Le maintien au pouvoir du Pr&#233;sident Ould Taya les mettait tous en danger. En 2005, un coup d'Etat a renvers&#233; ce dernier, orientant la Mauritanie sur la voie de la d&#233;mocratie, rendant le film possible, permettant de lever ce tabou qui pesait sur &#034;le cercle des noy&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, derri&#232;re la sp&#233;cificit&#233; de la situation Mauritanienne, derri&#232;re la mani&#232;re tr&#232;s fine dont le r&#233;alisateur belge a su rendre l'atmosph&#232;re particuli&#232;re du d&#233;sert africain, ce r&#233;cit fait &#233;cho &#224; bien d'autres, encore tus ailleurs, et donne de l'exil politique ainsi que de la torture une interpr&#233;tation forte, &#224; la fois po&#233;tique et universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon (Clap Noir)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.clapnoir.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.clapnoir.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>S&#233;n&#233;gal exp&#233;rimental</title>
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		<description>
&lt;p&gt;La cr&#233;ation cin&#233;matographique s&#233;n&#233;galaise ne m'avait pas livr&#233; tous ses tr&#233;sors. Parmi d'autres chefs d'oeuvre, documentaires de cr&#233;ation ou films exp&#233;rimentaux propos&#233; par la r&#233;trospective &#034;Les films culte de la Lucarne&#034; (r&#233;trospective au Jeu de Paume du 17 avril au 8 mai 2007), le catalogue pr&#233;sente ce film comme &#034;un film manifeste sur la condition des enfants des rues de Dakar. Hypnotique et sans concessions&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La cam&#233;ra filme les enfants, ces &#034;talib&#233;s&#034; que ceux qui connaissent cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La cr&#233;ation cin&#233;matographique s&#233;n&#233;galaise ne m'avait pas livr&#233; tous ses tr&#233;sors. Parmi d'autres chefs d'oeuvre, documentaires de cr&#233;ation ou films exp&#233;rimentaux propos&#233; par la r&#233;trospective &#034;Les films culte de la Lucarne&#034; (r&#233;trospective au Jeu de Paume du 17 avril au 8 mai 2007), le catalogue pr&#233;sente ce film comme &#034;un film manifeste sur la condition des enfants des rues de Dakar. Hypnotique et sans concessions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cam&#233;ra filme les enfants, ces &#034;talib&#233;s&#034; que ceux qui connaissent cette ville ont vu errer, mendier, pleurer, souvent pieds nus dans les rues sales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bande son rythm&#233;e par une musique contemporaine, et classique &#224; la fin nous plonge dans l'ab&#238;me de la contemplation. La cam&#233;ra, en noir et blanc, aust&#232;re et vibrante, traque d'abord un regard, un geste, un sourire, un dos, un pied, une main qui se crispe dans le sommeil intranquille des enfants des rues, ensemble, les corps presque enlac&#233;s les uns aux autres, &#224; m&#234;me le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film est ponctu&#233; par cette unique interrogation lancinante, harceleuse, bouleversante : &#034;comment vont les enfants ?&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cam&#233;ra filme aussi la violence du serign qui, arm&#233; d'un martinet, frappe l'un des enfants des rues. Mais la cam&#233;ra nous entra&#238;ne plus loin encore. Elle nous laisse prendre un &#233;trange plaisir esth&#233;tique, un plaisir tr&#232;s pasolinien, &#224; voir la fra&#238;cheur d'un sourire, le regard canaille, le regard innocent, la gr&#226;ce d'un adolescent qui se d&#233;nude. Ces regards nous appellent, nous fascinent, nous hypnotisent. Derni&#232;re &#233;tape de cette descente aux enfers, la cam&#233;ra nous r&#233;v&#232;le l'omnipr&#233;sence de la drogue, le &#034;gainz&#034;, que les enfants sniffent &#224; longueur de journ&#233;e. L'&#233;motion confine &#224; l'insoutenable. On reste longtemps sur le regard fascin&#233; de l'un d'entre eux. Et toujours, le son nous &#233;loigne de ce r&#233;el transfigur&#233;, nous plonge dans l'abstraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est dit sans mot inutile. C'est un choc esth&#233;tique et &#233;motionnel. Beaucoup de gens quittent la salle devant l'insoutenable. Je reste, &#233;blouie par cette capacit&#233; &#224; &#034;faire du beau avec du laid&#034; comme disait Beaudelaire. Ce film, sign&#233; La Fabrik &#224; Dakar, doit plus &#224; l'art contemporain qu'au cin&#233;ma traditionnel : c'est l&#224; une fili&#232;re de cr&#233;ation f&#233;conde, qui ne vient pas jusqu'aux portes du Fespaco, mais d&#233;nonce avec puissance un probl&#232;me de soci&#233;t&#233;, tout en assumant un parti pris radical de narration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon (Clap Noir)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.clapnoir.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.clapnoir.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cin&#233;ma b&#233;ninois &#224; l'honneur </title>
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<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-">2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;La quatri&#232;me &#233;dition du festival international de films et de t&#233;l&#233;vision &#171; Laguimages &#187; d&#233;roulera le tapis aux productions in&#233;dites b&#233;ninoises avec un parall&#232;le sur les efforts de production du Cameroun, qui d'ailleurs est le pays invit&#233; de ce mill&#233;sime 2007. Une saga de la production audiovisuelle b&#233;ninoise et africaine en perspective. &lt;br class='autobr' /&gt;
26 films au total dont 10 productions in&#233;dites b&#233;ninoises, 5 mini r&#233;trospectives du Cameroun, hommage &#224; Jean Pierre Bekolo avec ses trois films avec &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-" rel="directory"&gt;2007&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La quatri&#232;me &#233;dition du festival international de films et de t&#233;l&#233;vision &#171; Laguimages &#187; d&#233;roulera le tapis aux productions in&#233;dites b&#233;ninoises avec un parall&#232;le sur les efforts de production du Cameroun, qui d'ailleurs est le pays invit&#233; de ce mill&#233;sime 2007. Une saga de la production audiovisuelle b&#233;ninoise et africaine en perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 films au total dont 10 productions in&#233;dites b&#233;ninoises, 5 mini r&#233;trospectives du Cameroun, hommage &#224; Jean Pierre Bekolo avec ses trois films avec &#224; la cl&#233; &#171; les Saignantes &#187; sa derni&#232;re r&#233;alisation. C'est le contenu filmique de la programmation du quatri&#232;me festival &#171; Laguimages &#187;. Une &#233;dition, qui avec le th&#232;me &#171; L'ann&#233;e du B&#233;nin &#187;, tient &#224; tirer chapeau &#224; l'effervescence de la production audiovisuelle qui se remarque ces derni&#232;res ann&#233;es au B&#233;nin. Selon Monique Phoba, initiatrice et promotrice de ce festival, &#171; quelque chose est en train de bouger dans le paysage audiovisuel b&#233;ninois &#187;. C'est pourquoi il revient &#224; &#171; Laguimages &#187; d'y mettre la lumi&#232;re, afin que l'&#233;closion soit totale. Elle prend appui sur deux jeunes talents b&#233;ninois, qui avec des moyens de bord tentent de prendre la rel&#232;ve en mati&#232;re de s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e. Il s'agit de Clovis Agbahoungba avec sa s&#233;rie &#171; Allo Cousin &#187; et de Christiane Chabi Kao avec &#171; Les ins&#233;parables &#187;. Les efforts de production de films entrepris par la maison &#171; Laha productions &#187; par l'entremise de l'expertise du r&#233;alisateur nig&#233;rian Tund&#233; K&#233;lani, ne sont pas occult&#233;s. C'est d'ailleurs, ce qui justifie la pr&#233;sence du film &#171; Ab&#232;ni 1 &#187; dans la programmation de cette ann&#233;e. Le choix de ce th&#232;me s'explique aussi selon les promoteurs du festival par les distinctions de quelques films b&#233;ninois au dernier festival panafricain de cin&#233;ma de Ougadougou. Allusion est faite au film &#171; Africa paradis &#187; de Sylvestre Amoussou et du documentaire &#171; Un tr&#233;sor dans la poubelle &#187; de Mariette Chantal M&#233;l&#233;, sans oubli&#233; &#171; Juste un peu d'amour &#187; de Jemima Catray&#233;, s&#233;lectionn&#233; &#224; l'espace doc du fespaco. Le festival sera aussi l'occasion de la premi&#232;re sortie du film &#171; Entre la coupe et les &#233;lections &#187; de Monique Phoba et de Guy Kabeya. Une r&#233;alisation qui rend hommage aux premiers footballeurs congolais ayant particip&#233; &#224; la coupe du monde de 1979 avec un &#233;chec de 9 buts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le &#224; cette r&#233;volution dans le paysage audiovisuel du B&#233;nin, la quatri&#232;me &#233;dition du festival &#171; Laguimages &#187; a tendu la main au Cameroun comme pays invit&#233;, afin de partager les exp&#233;riences de coproduction locale entre les t&#233;l&#233;visions priv&#233;es et les jeunes talents camerounais, qui avec des moyens d&#233;risoires aboutissent &#224; des productions de bonne facture. Ce sera au cours d'un atelier t&#233;l&#233;visuel d'&#233;changes entre professionnels de l'audiovisuel sous la th&#233;matique : &#034;Le nouvel Eldorado, l'Afrique investit dans ses images&#034;. A cet atelier, pr&#233;cise Monique Phoba, plusieurs invit&#233;s de marques du paysage audiovisuel africain sont attendues dont Charles Mensah de la F&#233;d&#233;ration panafricaine de cin&#233;ma, le r&#233;alisateur camerounais Jean Pierre Bekolo, Lambert Nzana, pr&#233;sident de l'association des producteurs ind&#233;pendants du cameroun, et bien d'autres. Cerise sur le g&#226;teau, l'&#233;dition 2007 offre l'in&#233;dit avec Jean Pierre Bekolo, qui animera la s&#233;ance &#171; Le&#231;on public du cin&#233;ma &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une programmation, qui augure d&#233;j&#224; une belle saga des r&#233;centes productions cin&#233;matographiques africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sessi Tonoukoin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.clapnoir.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.clapnoir.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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		<title>Dans les coulisses d'un tournage</title>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

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		<description>
&lt;p&gt;C'est l'histoire d'une femme Camerounaise qui r&#234;ve d'un &#171; ailleurs meilleur &#187; et qui place ses espoirs dans l'id&#233;al de la grande capitale fran&#231;aise ; Paris ! Elle va tout mettre en &#339;uvre pour r&#233;aliser ce r&#234;ve : s'y rendre &#224; tout prix, en ne passant pas forc&#233;ment par les meilleurs chemins. C'est l'histoire d'une femme qui lorsqu'elle y parvient, r&#233;alise que le r&#234;ve est supplant&#233; par la r&#233;alit&#233;, la dure r&#233;alit&#233; qui l'attend. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment raconter cette histoire ? Comment la mettre en image, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-" rel="directory"&gt;2007&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est l'histoire d'une femme Camerounaise qui r&#234;ve d'un &#171; ailleurs meilleur &#187; et qui place ses espoirs dans l'id&#233;al de la grande capitale fran&#231;aise ; Paris !&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle va tout mettre en &#339;uvre pour r&#233;aliser ce r&#234;ve : s'y rendre &#224; tout prix, en ne passant pas forc&#233;ment par les meilleurs chemins.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'histoire d'une femme qui lorsqu'elle y parvient, r&#233;alise que le r&#234;ve est supplant&#233; par la r&#233;alit&#233;, la dure r&#233;alit&#233; qui l'attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment raconter cette histoire ? Comment la mettre en image, en faire un film ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont les questions que s'est pos&#233; Jos&#233;phine Ndagnou la r&#233;alisatrice, pour son premier long m&#233;trage, avant de rassembler une &#233;quipe technique, et de faire venir tout ce petit monde au c&#339;ur de la capitale pour un tournage d'environ sept jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis une jeune ethno-sociologue et je pr&#233;pare un m&#233;moire sur le cin&#233;ma africain, c'est en contactant l'association Clap Noir que j'ai appris que le tournage d'un film africain avait lieu en ce moment, et ai ensuite pu prendre contact avec Annabel Thomas, directrice de production, qui m'a permis d' y assister. J'ai donc eu la chance de suivre cette &#233;quipe deux jours durant, de d&#233;couvrir l'ambiance et les conditions de la r&#233;alisation d'un projet cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier jour, c'est dans un appartement du 16&#232;me arrondissement de Paris que l'&#233;quipe travaille. J'arrive pendant la pause d&#233;jeuner tout le monde discute, &#224; droite &#224; gauche, une assiette en plastique &#224; la main. Jos&#233;phine (la r&#233;alisatrice) n'est pas encore l&#224;, m'explique-t-on, Annabel non plus d'ailleurs. Je m'installe ; ma pr&#233;sence n'est pas sans susciter quelque int&#233;r&#234;t, on m'interroge sur le type d'&#233;tudes que je fais, les raisons de mon int&#233;r&#234;t pour le cin&#233;ma africain, on me f&#233;licite m&#234;me !&lt;br class='autobr' /&gt; D'un c&#244;t&#233;, les acteurs r&#233;p&#232;tent leur sc&#232;ne , de l'autre le propri&#233;taire des lieux discute avec les membre de l'&#233;quipe technique, l'ambiance est d&#233;tendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_265 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/plato_paris_toutprix7.jpg' width=&#034;200&#034; height=&#034;146&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Pountu Nyinyi chef op&#233;rateur (dit DP pour les intimes &#034;directeur photo&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Jos&#233;phine arrive, on peut commencer ; j'observe les choses se r&#233;organiser petit &#224; petit, Jos&#233;phine qui r&#233;p&#232;te sa sc&#232;ne avec les acteurs, la maquilleuse qui effectue les retouches sur leur visage, les techniciens qui mettent en place la cam&#233;ra et l'&#233;clairage ; la sc&#232;ne se situera dans la petite chambre &#224; l'extr&#233;mit&#233; de l'appartement et sera prise en plan fixe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une fois que les branchements sont bons, la mise au point de la cam&#233;ra ajust&#233;e, les r&#233;pliques assimil&#233;es, le tournage peut reprendre. Le cadreur, le perchiste et les acteurs sont en place, quant &#224; nous (le reste de l'&#233;quipe et moi-m&#234;me), nous sommes install&#233;s dans la pi&#232;ce lat&#233;rale, &#233;tant donn&#233; le manque d'espace dans la chambre o&#249; va se d&#233;rouler la sc&#232;ne. Nous la suivons en direct sur l'&#233;cran reli&#233; &#224; la cam&#233;ra, la scripte est en premi&#232;re ligne et prend des notes.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout le monde est pr&#234;t. &#171; silence s'il vous pla&#238;t ! &#187;, toutes les discussions s'interrompent, &#171; Moteur demand&#233; ! &#187;, le clap retentit, &#171; &#8230;et Action ! &#187; le silence et l'attention sont &#224; leur comble, une l&#233;g&#232;re pression r&#232;gne chez chacun d'entre nous&#8230; &#171; Coupez ! &#187;&#8230; la pression redescend, le silence fait place aux commentaires de Jos&#233;phine sur le jeu des acteurs, elle leur explique ce qu'elle veut tout en laissant libre cours &#224; leur spontan&#233;it&#233;. Les acteurs se mettent plus profond&#233;ment encore dans la peau de leur personnage et on reprend ; &#171; silence ! moteur ! clap, action ! &#187;, et ce jusqu'&#224; ce que l'on tienne la bonne prise. A ce moment enfin, toute la tension redescend, le silence fait place aux discussions et aux rires, l'on revient sur un moment qui nous a fait rire pendant la prise&#8230; Jusqu'&#224; ce que la mise en place de la sc&#232;ne suivante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la journ&#233;e continue ainsi dans une ambiance plut&#244;t d&#233;tendue et agr&#233;able. Elle se termine lorsque Jos&#233;phine est satisfaite de chacune des trois sc&#232;nes que l'on a tourn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_266 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/plato_paris_toutprix4.jpg' width=&#034;200&#034; height=&#034;145&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi suivant, le tournage a lieu dans un petit salon de coiffure situ&#233; rue du Ch&#226;teau d'eau. Les membres de l'&#233;quipe sont un peu fatigu&#233;s &#233;tant donn&#233;e qu'ils ont tourn&#233; tout le week-end et ont termin&#233; tr&#232;s tard. Mais, la bonne humeur et les rires sont tout de m&#234;me au rendez-vous. Il est dix heures, et tout s'organise petit &#224; petit, maquillage, branchements, r&#233;p&#233;tition, ajustement de la prise de vue&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re prise aura lieu &#224; l'int&#233;rieur du salon de coiffure&#8230; les suivantes &#224; l'ext&#233;rieur ! Et s'av&#232;rent bien moins &#233;videntes dans la mesure o&#249; il faut &#233;viter que les passants naturellement curieux regardent la cam&#233;ra, ou bien faire en sorte de stopper les voitures afin qu'elles ne coupent pas le champs&#8230; Le temps n'arrange rien &#224; nos affaires il pleut, et les voitures nous &#233;claboussent, et il faut faire attention au mat&#233;riel qui risque lui aussi de prendre l'eau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout se passe relativement bien mis &#224; part le fait que les tenanciers du salon perdent patience et finalement nous demandent de quitter les lieux&#8230;Nous avons tout de m&#234;me le temps de faire les derni&#232;res prises en vitesse. Nous remballons, et partons en direction du jardin des tuileries. O&#249; nous l'on tourne une sc&#233;nette dans laquelle l'on m'a demand&#233; de faire de la figuration, une premi&#232;re !!&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tournage s'arr&#234;te ici pour moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_264 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/plato_paris_toutprix6.jpg' width=&#034;200&#034; height=&#034;145&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sosthe Fokam Kamga l'ing&#233;nieur du son, Jos&#233;phine et le DP&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis heureuse d'avoir pu avoir un aper&#231;u de la r&#233;alisation d'un projet de film ; j'ai ainsi pu me rendre compte que cela n&#233;cessite un investissement consid&#233;rable de la part des personnes sollicit&#233;es, personne n'est inutile sur un tournage, chacun contribue &#224; son bon d&#233;roulement et remplit ses fonctions avec professionnalisme. J'ai &#233;t&#233; agr&#233;ablement surprise de voir que malgr&#233; les imp&#233;ratifs li&#233;s au temps les personnes restent agr&#233;ables et ouvertes &#224; la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'attendais &#224; voir dans le personnage du r&#233;alisateur une personne tr&#232;s dirigiste, d&#233;tenant une grande partie du pouvoir et que l'on &#233;coute aveuglement ; j'ai en fait &#233;t&#233; confront&#233;e &#224; une femme qui sait ce qu'elle veut, mais laisse porte ouverte &#224; toute suggestion, au naturel et &#224; l'improvisation des acteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai eu la chance d'assister au tournage d'un film dont le sc&#233;nario reste la ligne directrice, mais o&#249; l'on laisse une place &#224; l'al&#233;atoire, &#224; l'impr&#233;vu, o&#249; rien n'est irr&#233;vocable, et cela constitue selon moi une force et une particularit&#233; que l'on retrouvera dans le film une fois mont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;cilia Aubry&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.clapnoir.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.clapnoir.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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	<item>
		<title>&#171; Le support seul ne suffit pas &#224; caract&#233;riser une production &#187;</title>
		<link>https://www.clapnoir.org/le-support-seul-ne-suffit-pas-a-caracteriser-une-production</link>
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		<dc:date>2009-01-30T21:18:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-">2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;Journaliste, romancier et cin&#233;aste, Boubakar Diallo fait partie de ceux l&#224; qui produisent et r&#233;alisent des films pour le plaisir des cin&#233;philes burkinab&#233;s et africains. Avec une filmographie comptant quelques 13 &#339;uvres, Boubakar a re&#231;u le Premier prix long m&#233;trage &#034;Cin&#233; Pop&#034; pour le film CODE PHENIX, d&#233;cern&#233; par le festival Vues d'Afrique en 2006 &#224; Montr&#233;al. Boubakar Diallo est le Directeur G&#233;n&#233;ral d'une maison de production, les films du dromadaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Clap Noir : TV5 diffuse actuellement, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-" rel="directory"&gt;2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Journaliste, romancier et cin&#233;aste, Boubakar Diallo fait partie de ceux l&#224; qui produisent et r&#233;alisent des films pour le plaisir des cin&#233;philes burkinab&#233;s et africains. Avec une filmographie comptant quelques 13 &#339;uvres, Boubakar a re&#231;u le Premier prix long m&#233;trage &#034;Cin&#233; Pop&#034; pour le film CODE PHENIX, d&#233;cern&#233; par le festival Vues d'Afrique en 2006 &#224; Montr&#233;al. Boubakar Diallo est le Directeur G&#233;n&#233;ral d'une maison de production, les films du dromadaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Clap Noir : TV5 diffuse actuellement, votre feuilleton &#171; S&#233;rie noire &#224; Koulbi &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boubakar Diallo : Cette diffusion est le fruit d'une longue n&#233;gociation avec l'antenne TV5 Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est votre premi&#232;re s&#233;rie de t&#233;l&#233;vision. Qu'est-ce qui vous a motiv&#233; &#224; passer du polar (Traque &#224; Ouaga, Code ph&#233;nix, les plus connus) &#224; la s&#233;rie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S&#233;rie noire &#224; Koulbi &#187; est un feuilleton&#8230; policier. On est toujours dans le polar, avec les ingr&#233;dients communs aux films : l'humour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sept films en moins de trois ans. O&#249; Boubakar trouve-t-il l'inspiration et les financements pour produire continuellement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrire sept histoires en trois ans, &#231;a n'a rien d'exceptionnel quand on aime &#231;a, quand on en fait son m&#233;tier, et quand on sait que le public l'attend. Quant au financement, on proc&#232;de toujours de la m&#234;me fa&#231;on : identifier, en fonction de la trame du film en chantier, les partenaires institutionnels et commerciaux potentiels et leur proposer une visibilit&#233; dans le film. Visibilit&#233; commerciale ou visibilit&#233; en termes de th&#232;me &#224; traiter dans la fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous tournez toujours vos films en vid&#233;o. A quand le support film ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne tourne pas en &#171; vid&#233;o &#187;. Je tourne en num&#233;rique haute d&#233;finition. Nuance. La technologie &#233;volue sans cesse et je crois qu'il faut &#224; pr&#233;sent d&#233;passer ce type de consid&#233;ration. Le support seul ne suffit pas &#224; caract&#233;riser une production. Le plus important &#233;tant, &#224; mon sens, le contenu du film, la trame de la fiction, les sujets abord&#233;s, l'angle d'attaque, les dialogues, le jeu d'acteur, etc. Au-del&#224; de tout cela, l'appr&#233;ciation du public &#224; qui le film est destin&#233;. Personne ne m'a jamais pos&#233; de question, au sortir d'une salle de cin&#233;ma, sur le type de support utilis&#233;. Le cin&#233;ma africain perd beaucoup de temps avec ce genre de consid&#233;ration et oublie l'essentiel : le public vis&#233;&#8230; Le cin&#233;ma, c'est l'&#233;motion. C'est comme un voyage. Le plus important ce n'est pas tant le type de v&#233;hicule utilis&#233;, mais le paysage et la destination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour vous qui &#234;tes sur le terrain de la production, si l'on vous demandait de r&#234;ver d'une structure id&#233;ale pour le financement de la production en Afrique. Que diriez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout n'est pas dans le financement, mais dans la production. Comme on dit, il n'y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas o&#249; il va. Il n'y a pas non plus de structure id&#233;ale si on ne sait quoi en faire. Si nous privil&#233;gions le d&#233;bat sur le type d'architecture au d&#233;triment du contenu, de la cible, &#224; savoir pour qui et pour quoi nous devons construire la case, il y aura toujours un souci&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parlons &#224; pr&#233;sent des acteurs et actrices. Comment les recrutez-vous ? Est-ce difficile de lancer de nouveaux acteurs et actrices ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En trois ans, les Films du Dromadaire ont lanc&#233; &#224; l'&#233;cran plus de nouveaux talents que jamais auparavant dans le cin&#233;ma africain. Cela dit, il faut aussi &#171; fid&#233;liser &#187; les visages si l'on veut cr&#233;er des t&#234;tes d'affiche. Il n'y a pas de cin&#233;ma en termes d'industrie sans t&#234;te d'affiche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous passez d'un feuilleton (S&#233;rie noire &#224; Koulbi) &#224; un long m&#233;trage (La belle, la brute et le berger). Comment avez-vous g&#233;r&#233; le sc&#233;nario et le tournage des deux productions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce long-m&#233;trage est tir&#233; du feuilleton, mais ne raconte pas exactement la m&#234;me histoire. Cela a &#233;t&#233; pour moi un challenge au niveau de l'&#233;criture. Raconter une histoire et en tirer une autre, sensiblement diff&#233;rente sans pour autant tourner de s&#233;quences suppl&#233;mentaires. Une seule sc&#232;ne a &#233;t&#233; tourn&#233;e en deux versions pour donner une &#171; chute &#187; au long-m&#233;trage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_263 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/affiche_serie_noire_koulbi.jpg' width=&#034;190&#034; height=&#034;251&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;dit photo : Les films du dromadaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Boubakar participe-t-il aux festivals ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, j'ai r&#233;pondu &#224; quelques interviews o&#249; j'ai dit que je fais des films pour qu'ils soient vus au cin&#233;ma, au Burkina et en Afrique. Les Festivals sont des circuits int&#233;ressants certes, mais des circuits ferm&#233;s. Le festival doit &#234;tre le reflet de l'action cin&#233;matographique en salle. Sans v&#233;ritable distribution, la vie des films dans les seuls festivals constitue un leurre pour le cin&#233;aste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que notre cin&#233;ma est assez bien repr&#233;sent&#233; dans les festivals des pays du Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre bien. Peut-&#234;tre pas assez. Mais ce qui me semble digne de retenir l'attention de vos lecteurs, c'est le fait que les films africains soient plus vus en Europe qu'en Afrique. C'est un syst&#232;me insens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous v&#233;cu le Fespaco 2007 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert que le rendez-vous du 7 e art africain est l'occasion pour certains du monde de la culture de manipuler l'opinion&#8230; C'est un jeu de dupe, o&#249; il est question de quota, de copinage et de r&#233;seaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vos projets pour 2008 ?&lt;/strong&gt;Faire des films et les faire circuler en Afrique noire. Mon dernier film a &#233;t&#233; distribu&#233; au Burkina en juillet 2007, et en C&#244;te d'Ivoire (Abidjan et Bouak&#233;) en octobre et d&#233;cembre 2007. L'ambition, c'est d'aller vers d'autres publics en Afrique noire, avec ou sans subvention du Nord !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Achille Kouawo&lt;br class='autobr' /&gt;
Juillet 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Une critique de &#034;La graine et le mulet&#034;</title>
		<link>https://www.clapnoir.org/une-critique-de-la-graine-et-le-mulet</link>
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		<dc:date>2007-12-30T17:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-">2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs couscous. Abdelatif Kechiche en avait enchant&#233; beaucoup avec &#034;L'esquive&#034; (avant et apr&#232;s le c&#233;sar qui lui a &#233;t&#233; attribu&#233; en 2005), une subtile r&#233;flexion sur l'amour en banlieue, adaptation brillante et pertinente du th&#233;&#226;tre de Marivaux. &lt;br class='autobr' /&gt; Ici, le cin&#233;aste nous plonge, en empathie totale, dans la communaut&#233; maghr&#233;bine d'une ville du Sud, avec une &#233;criture cin&#233;matographique qui emprunte et sa technique, et son efficacit&#233; au r&#233;alisme social (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-" rel="directory"&gt;2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs couscous. Abdelatif Kechiche en avait enchant&#233; beaucoup avec &#034;L'esquive&#034; (avant et apr&#232;s le c&#233;sar qui lui a &#233;t&#233; attribu&#233; en 2005), une subtile r&#233;flexion sur l'amour en banlieue, adaptation brillante et pertinente du th&#233;&#226;tre de Marivaux. &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, le cin&#233;aste nous plonge, en empathie totale, dans la communaut&#233; maghr&#233;bine d'une ville du Sud, avec une &#233;criture cin&#233;matographique qui emprunte et sa technique, et son efficacit&#233; au r&#233;alisme social anglais. Une intrigue forte et classique : on construit une entreprise (ce qui implique action, suspense et des personnages actifs et donc positifs, m&#234;me si ce sont au d&#233;part des laiss&#233;s pour compte), ce qui permet de porter un regard venu du documentaire sur une soci&#233;t&#233; &#224; laquelle l'histoire sert de r&#233;v&#233;lateur. Dans &#034;Raining Stones&#034; de Ken Loach, un p&#232;re se battait pour acheter une robe blanche pour la communion de sa fille. Dans &#034;My beautiful Laundrette&#034;, de Stephen Frears, un homo fauch&#233; et un pakistanais ignorant encore son homosexualit&#233; montent une laverie. Dans &#034;The Full Monty&#034;, des ch&#244;meurs montent un spectacle de strip tease. Tous ces films ont passionn&#233; un public fran&#231;ais tr&#232;s vaste sur des sujets dits sociaux. C'est &#224; dire a priori triste, ennuyeux et culpabilisants. Parce que ces films sont port&#233;s par un regard : l'humanisme et l'humour, qu'inspirent les classes populaires &#224; certains cin&#233;astes depuis Pagnol en France, Scola en Italie, et Frears ou Loach en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kechiche nous parle du drame des Chibanis. &#034;Chibani&#034; veut dire &#034;vieux&#034; en arabe et d&#233;signe par extension les maghr&#233;bins venus travailler en France dans les ann&#233;es soixante en ne prenant pas leur retraite au &#034;bled&#034;, mais en France, souvent dans des conditions tr&#232;s difficiles et pr&#233;caires. Mais ici, pas de lamentations, pas de pathos et surtout pas de mis&#233;rabilisme dans le regard du cin&#233;aste. Au lieu de subir son triste sort apr&#232;s une retraite anticip&#233;e et sans indemnit&#233;s ou tr&#232;s peu, un Chibani (le tr&#232;s beau Habib Boufarez, au jeu tout en int&#233;riorit&#233;) d&#233;cide de monter un restaurant sur une &#233;pave laiss&#233;e dans le port de S&#232;te. Il s'associe &#224; une fille de 17 ans, Hafsia Herzi, d&#233;licieuse lolita entre enfance et d&#233;couverte de sa f&#233;minit&#233;, la fille de la femme avec qui il a une relation amoureuse et qui n'est pas la m&#232;re de ses enfants. Le film est port&#233; par la tr&#232;s belle relation qui se d&#233;roule entre cet homme de bient&#244;t soixante ans et cette jeune fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film doit sa r&#233;ussite &#224; un regard proche de celui du documentariste. Derri&#232;re l'intrigue qui se d&#233;roule, on laisse les gens causer, on aime juste &#234;tre avec eux. A la mani&#232;re d'un Cassavetes, mais aussi de tous les cin&#233;astes &#233;voqu&#233;s plus haut et qui tous ont fait leurs premi&#232;res armes avec une cam&#233;ra dans le documentaire, en particulier Ken Loach. Comme lui, Kechiche sait se servir de la lumi&#232;re naturelle. Il sait aussi filmer en gros plans, avec une cam&#233;ra &#224; l'&#233;paule, ultra-sensible, un repas qui dure et dure, o&#249; les gens mangent vraiment, rient vraiment, disent des futilit&#233;s, existent dans leur chair. Les com&#233;diens, pour la plupart des non professionnels, jouent si juste que l'on est avec eux, sans aucune distance. Humaniste, c'est peu dire. Kechiche traque les expressions des visages avec une tendresse insistante. Chacun a sa place autour de la table et m&#234;me le spectateur est invit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La gra&#238;ne et le mulet&#034;, c'est aussi une langue chatoyante et color&#233;e, qui renvoie au cin&#233;ma de Pagnol. C'est la langue du Sud. Ici, c'est la m&#233;diterrann&#233;e. Il y a des hommes beaux et taiseux, des mamas g&#233;n&#233;reuses, des jeunes filles rebelles et passionn&#233;es, des familles nombreuses o&#249; les femmes m&#232;nent le jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux films de Gu&#233;diguian, il n'y a pas de message, pas de sous-titre, pas de jugement, pas d'explication, m&#234;me pas un reste d'id&#233;ologie. On est dans l'&#233;nergie humaine pure. Car quelle est la morale du film, dans cette ville o&#249; il fait toujours beau, o&#249; la lumi&#232;re est toujours belle et o&#249;, m&#234;me quand on se dispute beaucoup, on finit aussi par s'embrasse beaucoup. Autrement dit, quelle est la part du pittoresque dans l'effet d'empathie que parvient &#224; provoquer le film ? Quel regard porte Kechiche, un cin&#233;aste venu du Maghreb, sur la communaut&#233; qu'il parvient si bien &#224; d&#233;crire. D'abord, il aime tous ses personnages. Et &#224; mesure que l'intrigue, simple et classique, oblige le Chibani et la jeune fille &#224; se confronter aux institutions fran&#231;aises (la banque pour le pr&#234;t, la mairie pour les autorisations etc), la question du regard de l'autre se pose. On ne croit pas en eux. Et les autres Chibanis sont les premiers &#224; douter. La r&#233;flexion sur le regard atteint son point culminant quand, ayant r&#233;ussi &#224; faire venir toute une client&#232;le bien fran&#231;aise dans son restaurant, en attendant que la graine de couscous disparue (point culminant de l'intrigue) n'arrive, la jeune fille a l'id&#233;e g&#233;niale de faire une danse du ventre pour faire patienter les clients. Et l&#224;, Kechiche a l'intelligence de filmer le regard, de mettre le spectateur lui-m&#234;me face &#224; sa posture de voyeur, d'amateur de pittoresque. Les arabes, ce sont le couscous et la danse du ventre. Kechiche nous sert avec pas mal de finesse le plat que nous souhaitions manger ! Mais au del&#224; du bon moment pass&#233;, l'auteur de &#034;La faute &#224; Voltaire&#034; (son premier film) a sans doute fait beaucoup pour inscrire son cin&#233;ma, un film sur la communaut&#233; maghr&#233;bine en France r&#233;alis&#233; par un cin&#233;aste fran&#231;ais d'origine maghr&#233;bine, dans une tradition de cin&#233;ma social o&#249; il retrouve Pagnol, rejoint Loach et d'autres grands cin&#233;astes du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon &lt;br class='autobr' /&gt;
Clap Noir&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Hommage de Woodberry et Saleh Haroun &#224; Semb&#232;ne </title>
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&lt;p&gt;Sembene n'est plus, mais la richesse qu'il a laiss&#233; aux cin&#233;philes, cin&#233;astes et chercheurs est immense. Clap Noir vous propose des hommages fait &#224; l'a&#238;n&#233; des anciens par ceux qui l'ont connu, v&#233;cu et travaill&#233; avec lui. &lt;br class='autobr' /&gt; Catherine Ruelle En tant que cin&#233;aste et africain toi m&#234;me, si tu pr&#233;sentes les films de Semb&#232;ne &#224; tes &#233;tudiants, que leur diras-tu ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Billy Woodberry J'enseigne dans une &#233;cole appel&#233;e &#171; Institut des Arts de Californie &#187;, qui a &#233;t&#233; fond&#233; par Walt Disney. Ils ont fusionn&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-" rel="directory"&gt;2007&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sembene n'est plus, mais la richesse qu'il a laiss&#233; aux cin&#233;philes, cin&#233;astes et chercheurs est immense. Clap Noir vous propose des hommages fait &#224; l'a&#238;n&#233; des anciens par ceux qui l'ont connu, v&#233;cu et travaill&#233; avec lui.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Ruelle&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que cin&#233;aste et africain toi m&#234;me, si tu pr&#233;sentes les films de Semb&#232;ne &#224; tes &#233;tudiants, que leur diras-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Billy Woodberry&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'enseigne dans une &#233;cole appel&#233;e &#171; Institut des Arts de Californie &#187;, qui a &#233;t&#233; fond&#233; par Walt Disney. Ils ont fusionn&#233; deux &#233;coles pour cr&#233;er celle-ci, c'est une &#233;cole tr&#232;s c&#233;l&#232;bre o&#249; les &#233;tudiants sont tr&#232;s fiers d'&#233;tudier. Les gens qui en sortent se font vite une place dans l'industrie du cin&#233;ma. La culture cin&#233;matographique y est tr&#232;s riche et tr&#232;s ouverte. Les coll&#232;gues qui y enseignent depuis trente ans ont fait un travail important pour ouvrir l'esprit de l'&#233;cole sur des enjeux sociaux, culturels&#8230; Depuis que je suis l&#224;-bas au moins, c'est &#224; dire depuis 18 ans, ils montrent en cours d'histoire du cin&#233;ma le film de Semb&#232;ne &#171; La Noire de&#8230; &#187;, en tant que pi&#232;ce &#224; part enti&#232;re de l'histoire du cin&#233;ma. Ils montrent aussi les films de Charles, qui est consid&#233;r&#233; comme une figure essentielle du cin&#233;ma dans cette &#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons un cours qui s'appelle tout simplement &#171; les films d'aujourd'hui &#187;, o&#249; ils montrent les meilleurs films qui ont &#233;t&#233; faits durant les deux derni&#232;res ann&#233;es. Cette ann&#233;e et l'ann&#233;e pass&#233;e, ils ont pu voir Bamako et Moolad&#233;. Moi, j'anime un cours qui s'appelle cin&#233;ma et tiers monde. Quand ils ont vu Moolad&#233;, nous avons organis&#233; un &#233;v&#233;nement particulier autour de Semb&#232;ne o&#249; ils ont projet&#233; Fat kin&#233;. Dans mon cours, comme je traite du cin&#233;ma di Tiers Monde, j'ai d&#233;cid&#233; de commencer en parlant de la conf&#233;rence de Bandoung. Bien s&#251;r au d&#233;but les &#233;tudiants ont &#233;t&#233; surpris. Je leur ai ainsi expliqu&#233; qu'on verrait des films du Bengladesh, mais aussi des films africains comme Borom Sarett ou la Noire de&#8230;. Et c'est important de leur dire que cela est du cin&#233;ma, tout simplement, sans qu'il y ait de distinction &#224; faire. Cela doit faire partie de leur culture en tant que tel, au m&#234;me titre que Jean Renoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, j'ai rencontr&#233; le travail de Semb&#232;ne gr&#226;ce &#224; un professeur de cin&#233;ma. A l'&#233;poque, on n'avait pas vraiment de p&#232;res spirituels, mais plut&#244;t des grands fr&#232;res, tels que Charles, Larry Clark&#8230; Il y avait des mod&#232;les qu'on admirait comme Gordon Parks, mais ils &#233;taient finalement plus loin de nous que quelqu'un comme Semb&#232;ne. Le premier film de lui que j'ai vu fut Emita&#239;, lors de cette superbe avant premi&#232;re organis&#233;e dans une tr&#232;s belle salle o&#249; ils pr&#233;sentaient des films br&#233;siliens, africains&#8230; J'ai &#233;t&#233; impressionn&#233; par son travail. Ensuite je l'ai rencontr&#233; quand il est venu &#224; l'UCLA, c'est alors l'homme lui-m&#234;me qui m'a impressionn&#233;. A l'&#233;poque je lisais beaucoup de magasines d'inspiration de gauche, de magazines de cin&#233;ma. Une partie de l'h&#233;ritage de Semb&#232;ne dans la culture am&#233;ricaine au sens large repose dans le fait qu'il &#233;tait un homme de gauche, et que les gens de gauche se sentaient concern&#233;s pas ses histoires de m&#234;me que par les dimensions sociales et politiques de son travail. De fa&#231;on plus large que l'aspect simplement ethnique, culturel. Il y aussi une autre dimension, c'est la mani&#232;re dont il a su s'imposer dans le monde anglophone du cin&#233;ma. Il a fait la couverture de cin&#233;mascope, un magazine canadien de cin&#233;ma tr&#232;s respect&#233;, il &#233;tait &#224; Cannes pour Moolad&#233;&#8230; Nous, nous avions vu Semb&#232;ne en personne &#224; Washington DC alors qu'on lui avait demand&#233; d'animer un cours dans une universit&#233; noire. Il y avait une conf&#233;rence sur la communication. Semb&#232;ne y participait, Paulin Vieyra &#233;galement. Nous y sommes all&#233;s puis avons suivi Semb&#232;ne et Vieyra jusqu'&#224; leur h&#244;tel o&#249; nous sommes rest&#233;s &#224; discuter avec eux jusqu'au soir. C'est tr&#232;s dr&#244;le, je me souviens personnellement de ce qui s'est pass&#233;. Semb&#232;ne a pr&#233;dit que les premiers cin&#233;astes am&#233;ricains noirs qui auraient vraiment un message &#224; faire passer sortiraient des ghettos am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il nous a donn&#233;, c'&#233;tait une permission. Il nous a dit que nous &#233;tions libres, de faire ce que nous voulions, de tenter des choses. Comme nous &#233;tions dans une situation dans laquelle nous avions des moyens et de jeunes gens d&#233;cid&#233;s &#224; essayer, cela a &#233;t&#233; d'une influence tr&#232;s b&#233;n&#233;fique. Son travail et son influence vont perdurer. Tant que l'on s'en rappelle, que ses films sont disponibles pour qu'on les montre et qu'on en discute, que des livres sont publi&#233;es sur lui, etc&#8230; La prochaine g&#233;n&#233;ration d&#233;couvrira &#224; son tour ce qu'il repr&#233;sente, ce qu'il enseigne, et s'en servira pour elle-m&#234;me. Ils comprendront l'importance de son voyage cin&#233;matographique et de ce qu'il a accompli. C'est ce qui s'est pass&#233; aussi par exemple avec les sorties de Bamako, de Abouna&#8230; A travers ces cr&#233;ations r&#233;centes, le public et les professionnels sont retourn&#233;s jusqu'aux sources du cin&#233;ma africain, et c'est une excellente chose. Je pense que cela est tr&#232;s significatif. La nouvelle g&#233;n&#233;ration est assoiff&#233;e de connaissance, et maintenant ils ont acc&#232;s &#224; Johnson Traor&#233;, &#224; Semb&#232;ne et &#224; d'autres. Et ils en feront ce qu'ils veulent, et c'est tr&#232;s bien ainsi. En France encore, ces gens ne sont pas si rares, mais en Angleterre par exemple c'est tr&#232;s nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Ruelle&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu fais partie de la nouvelle garde du cin&#233;ma Africain. Comment est ce que toi tu te positionne en tant que cin&#233;aste. Est-ce que tu as &#233;t&#233; influenc&#233; par l'&#339;uvre de Semb&#232;ne, fut-ce en r&#233;action ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_306 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/m_saley_haroun.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;109&#034; alt=&#034;Mahamat Saleh Haroun&lt;br&gt;Cr&#233;dit photos J. M. Faucillon&#034; title=&#034;Mahamat Saleh Haroun&lt;br&gt;Cr&#233;dit photos J. M. Faucillon&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mahamat Saleh Haroun&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
J'ai pr&#233;sent&#233; le mandat tout &#224; l'heure, c'est vrai que c'est un film qui a chang&#233; ma vision de spectateur. Jusque l&#224; j'avais toujours vu des films o&#249; il y avait des h&#233;ros, il y avait des bons, des m&#233;chants. Soudain, j'avais la vraie vie devant moi sur l'&#233;cran. A partir de ce moment, j'ai pris conscience que cette histoire m'&#233;tait racont&#233;e par quelqu'un derri&#232;re, je me suis dit que quelqu'un me parlait &#224; travers le film. Cette dimension intime, directe, c'est gr&#226;ce &#224; ce film-l&#224; que je l'ai d&#233;couverte. Peu &#224; peu, m&#234;me si l'&#339;uvre de Semb&#232;ne ne m'a pas directement influenc&#233;, le parcours solitaire de l'homme pour s'affranchir des contraintes est un exemple &#224; suivre. Gr&#226;ce &#224; ce relatif isolement, il a pu constituer une &#339;uvre, c'est peut-&#234;tre le seul cin&#233;aste africain &#224; avoir accompli cela jusqu'ici. C'est la raison pour laquelle il reste le chef de file du cin&#233;ma Africain. Au del&#224;, c'est quelqu'un qui appartient &#224; la m&#233;moire africaine &#233;galement pour son &#339;uvre litt&#233;raire qui est un classique. Du coup il repr&#233;sente un mod&#232;le qui nous encourage tous &#224; essayer de faire aussi bien que lui. Il nous sert de rep&#232;re. Moi par exemple, je me disais &#171; Semb&#232;ne a fait son premier long-m&#233;trage &#224; 43 ans, il faudrait que je fasse le mien avant &#187;. Ce sont de petites choses comme &#231;a qui ouvrent une voie. Je vois l'exemple de un taxi pour Aouzou, c'est un Borom Sarett contextualis&#233;, et &#231;a donne &#224; la fois un tr&#232;s beau film et un tr&#232;s bel hommage &#224; Semb&#232;ne. Quand je suis all&#233; l'an dernier &#224; Venise avec Darrat, on m'a dit qu'il n'y avait pas eu de film africain en comp&#233;tition &#224; Venise depuis 19 ans, et le dernier &#233;tait un film de Semb&#232;ne. J'ai eu l'impression d'&#234;tre derri&#232;re son ombre. Ce sont des petits plaisirs qu'on s'offre. Quand on les vit, on se dit : Je dois continuer pour r&#233;ussir &#224; constituer une &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Ruelle&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&#199;a va, tu as encore du temps devant toi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mahamat Saleh Haroun&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Oui, mais moi j'ai commenc&#233; le whisky un peu trop t&#244;t !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par S. Perrin et B. Tiprez (Clap Noir)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Mantia et Samba racontent Semb&#232;ne</title>
		<link>https://www.clapnoir.org/mantia-et-samba-racontent-sembene</link>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-">2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;Sembene n'est plus, mais la richesse qu'il a laiss&#233; aux cin&#233;philes, cin&#233;astes et chercheurs est immense. Clap Noir vous propose des hommages fait &#224; l'a&#238;n&#233; des anciens par ceux qui l'ont connu, v&#233;cu et travaill&#233; avec lui. &lt;br class='autobr' /&gt; Mantia Diawara (1) &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un plaisir pour moi d'&#234;tre l&#224; et de partager ce podium avec Ren&#233; Vautier, auteur de Afrique 50, qui reste un monument ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Semb&#232;ne et moi avons toujours eu une relation de cousins &#224; plaisanterie. Je suis sarakoul&#233;, les s&#233;n&#233;galais se moquent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-" rel="directory"&gt;2007&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sembene n'est plus, mais la richesse qu'il a laiss&#233; aux cin&#233;philes, cin&#233;astes et chercheurs est immense. Clap Noir vous propose des hommages fait &#224; l'a&#238;n&#233; des anciens par ceux qui l'ont connu, v&#233;cu et travaill&#233; avec lui.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mantia Diawara (1)&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
C'est un plaisir pour moi d'&#234;tre l&#224; et de partager ce podium avec Ren&#233; Vautier, auteur de Afrique 50, qui reste un monument !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Semb&#232;ne et moi avons toujours eu une relation de cousins &#224; plaisanterie. Je suis sarakoul&#233;, les s&#233;n&#233;galais se moquent beaucoup des sarakoul&#233;s ! J'ai &#233;t&#233; l'&#233;tudiant de Jean Rouch, et celui de Semb&#232;ne Ousmane. J'&#233;tais toujours entre les deux, j'ai d'ailleurs fait un film sur chacun d'entre eux. Tous les deux se sont beaucoup moqu&#233; de moi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1985, j'&#233;tais &#224; Paris. Je venais d'&#233;crire la premi&#232;re th&#232;se en Anglais sur le cin&#233;ma Africain. Semb&#232;ne &#233;tait &#224; Paris lui aussi. C'est &#224; ce moment que Senghor avait fait para&#238;tre un article o&#249; il s'en prenait &#224; Sankara. Semb&#232;ne a lu l'article dans Le Monde, il &#233;tait furieux. Il est venu jusqu'&#224; moi et m'a montr&#233; l'article en disant &#171; Voici ce qu'a &#233;crit ton pr&#233;sident ! &#187;. Je me souviendrai toujours de &#231;a&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'&#233;tais aux Etats Unis en tant que professeur de litt&#233;rature, Semb&#232;ne avait une double &#233;tiquette : l'homme de la gauche et l'homme du panafricanisme. Moi j'enseignais &#224; l'universit&#233; de New York, partout c'est moi qu'on appelait aux Etats Unis pour pr&#233;senter Semb&#232;ne et son &#339;uvre. J'ai h&#233;rit&#233; de &#231;a m&#234;me malgr&#233; moi. En 1995, c'est Toni Morrison qui me contacte pour me demander d'organiser un repas avec Semb&#232;ne. En 1998, c'est Danny Glover qui me dit qu'il veut faire quelque chose pour le cin&#233;ma Africain, je les mets en contact et Danny verse une importante somme d'argent qui permet &#224; Semb&#232;ne de faire son film. Jusqu'&#224; pr&#233;sent les autres cin&#233;astes africains m'en veulent pour &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Ruelle&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Samba, dans ton livre, tu t'es plus int&#233;ress&#233; &#224; Semb&#232;ne l'homme et l'&#233;crivain qu'&#224; Semb&#232;ne le cin&#233;aste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samba Gadjigo (2)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Oui, d'ailleurs je voudrais commencer par vous raconter une anecdote moi aussi. Je me souviens, le 9 novembre dernier, nous &#233;tions &#224; la r&#233;sidence de l'ambassadeur de France &#224; Dakar o&#249; il recevait la l&#233;gion d'honneur. Semb&#232;ne a d&#233;clar&#233; : &#171; Le jour o&#249; le S&#233;n&#233;gal a obtenu son ind&#233;pendance, j'ai d&#233;chir&#233; ma carte d'identit&#233; fran&#231;aise et je suis retourn&#233; au S&#233;n&#233;gal &#187;. Or, il se trouve que Ousmane Semb&#232;ne a fait l'arm&#233;e fran&#231;aise, il est de la classe de 44. Il a &#233;t&#233; enr&#244;l&#233; le premier f&#233;vrier et s'est retrouv&#233; au camp des Mamelles. Or, deux semaines avant son recrutement dans l'arm&#233;e, il &#233;tait devant une salle de cin&#233;ma &#224; Dakar, et il y avait un de ses amis qui jouait avec un lance pierres et des p&#233;pins de jub jub. Un p&#233;pin atteint Semb&#232;ne &#224; l'&#339;il et le blesse. Semb&#232;ne dit &#171; Oh ! Mon Dieu je suis foutu ! Il m'a crev&#233; l'&#339;il et les fran&#231;ais ne prennent pas les borgnes ! Je ne pourrai jamais servir De Gaulle ! &#187; Cela montre tout de m&#234;me le r&#233;el enthousiasme que Semb&#232;ne avait pour la France. Comme beaucoup de gens &#224; l'&#233;poque. Il &#233;tait influenc&#233; par la magnification de la France qu'on enseignait dans les manuels scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard j'ai &#233;t&#233; fascin&#233; par Semb&#232;ne, alors que j'&#233;tais jeune universitaire africain enseignant aux Etats-Unis et se sp&#233;cialisant en litt&#233;rature africaine. Tout le monde voulait l'inviter. Je suis all&#233; jusqu'au S&#233;n&#233;gal pour le rencontrer, je me suis pr&#233;sent&#233; &#224; lui et lui ai transmis une invitation pour les Etats-Unis pour venir parler de ses films et de ses livres. La r&#233;ponse de Semb&#232;ne m'a laiss&#233; m&#233;dus&#233; &#171; Excusez-moi, j'ai fait mes livres, j'ai fait mes films, &#224; vous de les &#233;tudier. Foutez-moi la paix ! &#187;. Et il m'a tout simplement envoy&#233; pa&#238;tre ! C'&#233;tait la premi&#232;re impression que j'ai eu de Semb&#232;ne. Finalement j'ai d&#251; &#234;tre encore plus t&#234;tu que lui, Delgado ici pr&#233;sent peut en t&#233;moigner, et en 1990 il a effectivement fait le d&#233;placement jusqu'aux Etats-Unis, nous avons m&#234;me publi&#233; un livre l&#224;-dessus. Mais il y avait toujours quelque chose qui m'intriguait chez l'homme. Plusieurs livres avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; publi&#233;s sur l'&#339;uvre de Semb&#232;ne, mais qui &#233;tait l'homme derri&#232;re l'&#339;uvre, &#231;a, personne n'en savait rien. J'en ai conclu que c'&#233;tait un c&#233;l&#232;bre inconnu et qu'il fallait percer le myst&#232;re. D'o&#249; l'origine de la biographie que j'ai publi&#233;e plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; soldat, il arrive &#224; Marseille en 1947 comme docker et devient membre du parti communiste pendant la guerre froide. Il commence &#224; organiser les travailleurs noirs. A partir de ce moment il y eu un d&#233;clic. Comme membre du parti communiste, il allait &#224; la biblioth&#232;que. On s'attendait &#224; ce qu'il dise y avoir d&#233;couvert Amadou Hampat&#233; B&#226; ou Senghor ; il parle de Jack London. Ses &#339;uvres d&#233;crivaient les itin&#233;raires de gens qui, partis de rien, &#233;taient arriv&#233;s au sommet, ce qui fut son cas par la suite. Ce fut un d&#233;clic gr&#226;ce auquel Semb&#232;ne s'est dit &#171; Si Jack London a pu le faire au XIX&#176; si&#232;cle, alors je peux le faire aujourd'hui &#187;. Ayant lu Jack London, Richard Wright, Claude Mc Key et d'autres, Semb&#232;ne a tir&#233; une conclusion importante : l'action politique sur le terrain est extr&#234;mement importante quand il s'agit de changer le quotidien des gens, mais quand il s'agit de travailler sur l'histoire, la culture et l'art sont les plus importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Clarence Delgado&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Je voudrais vous lire un petit texte que j'ai &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la disparition du mythique a&#238;n&#233; des anciens, je vous remercie pour me laisser m'adresser &#224; vous dans ces circonstances particuli&#232;res pour vous soumettre quelques r&#233;flexions tout &#224; fait personnelles. Il me revient aujourd'hui le souvenir tr&#232;s vivace d'un &#233;v&#233;nement auquel Semb&#232;ne et moi-m&#234;me avons pris part. Semb&#232;ne &#233;tait invit&#233; au festival de Cannes en 2005 pour y donner une le&#231;on de cin&#233;ma. C'est ce souvenir qui me revient, surtout pour l'honneur ressenti par nous tous, cin&#233;astes africains, car il n'avait pas parl&#233; pour lui seul mais s'&#233;tait fait notre porte parole. Il nous avait dit le sens de son action en tant que cin&#233;aste, et la complexit&#233; des deux p&#244;les de public auquel il destinait son travail, le public africain et celui du reste du monde. Ce sont des points focaux du dilemme du cin&#233;aste africain : d'un c&#244;t&#233; l'&#233;cole d'histoire qui doit aider &#224; l'&#233;mancipation et &#224; l'&#233;veil des peuples spoli&#233;s, asservis, &#224; qui on ne cesse de mentir, des peuples dont le poids et le sens des traditions doivent &#234;tre sans cesse remis en cause ; de l'autre la lutte contre les st&#233;r&#233;otypes, les caricatures de l'africain tel qu'il est montr&#233; au cin&#233;ma, et le regard des occidentaux, avec le paysage africain comme d&#233;cor et les indig&#232;nes comme figurants. C'est un dilemme auquel il faut ajouter les difficult&#233;s de montrer nos films en Afrique. Je pense qu'on doit &#224; chaque occasion rappeler ses v&#233;rit&#233;s aux cin&#233;astes du reste du monde pour qu'ils comprennent bien la difficult&#233; particuli&#232;re de notre t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique et l'art ont &#233;t&#233; les passions de Semb&#232;ne, et il savait bien les d&#233;fendre. Il disait &#224; juste titre, en r&#233;ponse &#224; la faible repr&#233;sentation du cin&#233;ma africain au festival de Cannes, je le cite &#171; C'est &#224; nous de cr&#233;er nos valeurs, de les reconna&#238;tre, de les transporter &#224; travers le monde. Nous devons &#234;tre notre propre Soleil &#187;. Ousmane, l'a&#238;n&#233; des anciens fait d&#233;sormais partie du panth&#233;on des grands hommes qui continueront &#224; marquer des g&#233;n&#233;rations d'hommes et de femmes et d'inspirer des cr&#233;ateurs, quel que soit leur art. Nous remercions tous les militants du cin&#233;ma d'ailleurs, particuli&#232;rement Jean Pierre Garcia ici pr&#233;sent, pour les efforts incessants d&#233;j&#224; d&#233;ploy&#233;s et restant &#224; d&#233;ployer encore pour accompagner l'&#233;mergence de nos cin&#233;mas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mantia Diawara&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Je voudrais ajouter quelque chose, j'enseigne cette ann&#233;e dans un s&#233;minaire sur L&#233;opold Sedar Senghor, et je voudrais simplement dire que pendant quarante ans maintenant je n'ai pas os&#233; lire Senghor. Pourquoi ? Parce que Fanon, Semb&#232;ne et bien d'autres nous ont dit que Senghor, ce n'&#233;tait pas bon, qu'il fallait lire la gauche. C'est curieux, je commence justement, cette ann&#233;e seulement, &#224; lire et &#224; enseigner Senghor&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par S. Perrin et B. Tiprez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Cin&#233;aste et professeur de litt&#233;rature compar&#233;e et de cin&#233;ma, fondateur des Editions Black Renaissance/Renaissance Noire, auteur de &#034;En qu&#234;te d'Afrique&#034; aux Editions Pr&#233;sence Africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Auteur de &#034;Ousmane Semb&#232;ne, une conscience africaine&#034; aux &#233;ditions Homnisph&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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		<title>&#171; Cin&#233;ma et M&#233;moire &#187;</title>
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		<dc:date>2007-11-14T10:37:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

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		<description>
&lt;p&gt;Suite au tr&#232;s vif succ&#232;s de la 1&#232;re &#233;dition en 2006 &#224; Niamey ; les organisateurs ont d&#233;cid&#233; de renouveler cette ann&#233;e la 2nde &#233;dition du Forum Africain du Film Documentaire (initialement envisag&#233;e comme une manifestation biennale). Intitul&#233;e Cin&#233;ma et M&#233;moire , elle se d&#233;roulera du 3 au 9 d&#233;cembre 2007, &#224; Niamey . &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agira de pr&#233;senter une dizaine de films r&#233;alis&#233;s au service d'un imp&#233;ratif : le &#171; devoir de m&#233;moire &#187;. Soucieux de participer &#224; cette dynamique positive, de nombreux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-" rel="directory"&gt;2007&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Suite au tr&#232;s vif succ&#232;s de la 1&#232;re &#233;dition en 2006 &#224; Niamey ; les organisateurs ont d&#233;cid&#233; de renouveler cette ann&#233;e &lt;strong&gt;la 2nde &#233;dition du Forum Africain du Film Documentaire&lt;/strong&gt; (initialement envisag&#233;e comme une manifestation biennale). Intitul&#233;e &lt;strong&gt;Cin&#233;ma et M&#233;moire&lt;/strong&gt; , elle se d&#233;roulera du 3&lt;strong&gt; au 9 d&#233;cembre 2007, &#224; Niamey&lt;/strong&gt; .
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&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agira de pr&#233;senter une dizaine de films r&#233;alis&#233;s au service d'un imp&#233;ratif : le &#171; devoir de m&#233;moire &#187;. Soucieux de participer &#224; cette dynamique positive, de nombreux r&#233;alisateurs se sont attach&#233;s &#224; mettre une part de l'Histoire en sc&#232;ne. Parmi eux, l'un des plus illustres cin&#233;astes africains : &lt;strong&gt;Semb&#232;ne Ousmane&lt;/strong&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son premier long m&#233;trage, La Noire de &#8230; (1966) qui d&#233;nonce la condition d'une jeune s&#233;n&#233;galaise devenue l'esclave d'un couple de bourgeois blancs, Semb&#232;ne Ousmane s'installe d'embl&#233;e sur le terrain qu'il investira jusqu'&#224; la fin de ses jours : celui de la critique sociale et politique. Terrain sensible o&#249; s'inscrit &#233;galement Camp de T hiaroye (1988), film hommage aux tirailleurs s&#233;n&#233;galais victime, lors de sa sortie, d'une censure cat&#233;gorique : la France refuse d'assumer l'&#233;pisode qu'il d&#233;nonce&#8230; accablant pour l'arm&#233;e coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autodidacte de g&#233;nie (&#224; la fois romancier, acteur et producteur), l' &#171; a&#238;n&#233; des anciens &#187; est l'auteur d'un cin&#233;ma engag&#233; et militant que la 2 nde &#233;dition du Forum Africain du Film Documentaire souhaite honorer d&#232;s l'ouverture du Forum. Elle s'associera &#224; l'Etat du Niger pour rendre hommage &#224; la contribution inestimable de Semb&#232;ne Ousmane &#224; la promotion du cin&#233;ma africain. Elle &#233;voquera &#233;galement son attachement au Niger o&#249; il conduisit, en 1981, une d&#233;l&#233;gation de cin&#233;astes africains de la FEPACI venus pr&#233;senter leurs condol&#233;ances au gouvernement nig&#233;rien et &#224; la famille d'Oumarou Ganda. Tous s'inclin&#232;rent sur la tombe de ce grand artiste. &#192; l'issue de cet &#233;v&#233;nement, le Pr&#233;sident Seyni Kountch&#233; fit don de 10 millions de francs CFA aux cin&#233;astes africains. Semb&#232;ne Ousmane utilisa ce don pour organiser un colloque sur le cin&#233;ma africain en 1982, &#224; Niamey, en partenariat avec l'association des cin&#233;astes nig&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'une des raisons pour lesquelles le Niger tient &#224; rendre hommage &#224; Semb&#232;ne Ousmane qui re&#231;ut, quelques mois avant sa mort, en juin 2007, les insignes d'officier de l'ordre de la L&#233;gion d'honneur de la R&#233;publique fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La programmation sera centr&#233;e sur deux th&#232;mes : &lt;strong&gt;Regards sur l'esclavage et Paroles de combattants&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_310 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/Emitai_sembene.jpg' width=&#034;110&#034; height=&#034;150&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Regards sur l'esclavage&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Une prise de conscience g&#233;n&#233;ralis&#233;e du &#171; devoir de m&#233;moire &#187; a entra&#238;n&#233; la r&#233;alisation de grandes &#233;tudes et r&#233;flexions sur l'esclavage et ses cons&#233;quences en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cin&#233;astes africains ne sont pas rest&#233;s en dehors de ce mouvement : ils ont eux aussi d&#233;nonc&#233; l'esclavage transatlantique ; ils sont eux aussi pass&#233;s outre les susceptibilit&#233;s politiques de leur propre pays pour focaliser l'attention sur des formes d'esclavage internes souvent n&#233;glig&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paroles de combattants&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Ils ont quitt&#233; leur pays pour pr&#234;ter main-forte &#224; la France lors de la seconde guerre mondiale, en Alg&#233;rie ou encore en Indochine&#8230; Bilan : des dizaines de milliers de soldats africains morts ou port&#233;s disparus. &#171; La journ&#233;e des tirailleurs s&#233;n&#233;galais &#187; repr&#233;sente l'occasion de rendre hommage &#224; l'ensemble des tirailleurs africains &#8211; ce &#224; quoi la 2 nde &#233;dition du Forum Africain du Film Documentaire souhaite vivement participer &#224; travers la pr&#233;sentation de films d&#233;di&#233;s &#224; leurs r&#233;alit&#233;s ; dans l'espoir de contribuer, &#224; son &#233;chelle, &#224; la valorisation de la m&#233;moire collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les films :&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cabascabo Fiction - Oumarou Ganda , Niger,1969, 48 min.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Camp de Thiaroye Fiction - Semb&#232;ne Ousmane
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Thierno Faty Sow , S&#233;n&#233;gal- France, 1988, 148 min.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Emita&#239;, Dieu du tonnerre Fiction &#8211; Semb&#232;ne Ousmane , S&#233;n&#233;gal, 1971, 95 min.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sarzan Fiction - Momar Thiam , S&#233;n&#233;gal, 1963, 29 min.&lt;br class='autobr' /&gt;
I- ndig&#232;nes Fiction - Rachid Bouchareb , France-Maroc-Alg&#233;rie, 2006, 128 min .
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ezra Fiction - Newton Aduaka , France, 2006, 103 min.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Babatou (Les trois conseils) Fiction &#8211; Jean Rouch , Niger-France, 1975, 90 min. Sc&#233;nario : Boubou Hama
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nantes, Arch&#233;ologie de la m&#233;moire Documentaire - Kitia Tour&#233; , France, 1994, 20 min.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le courage des autres ou Gandaogo Fiction - Christian Richard , Burkina-France, 1982, 92 min.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Adanggaman Fiction - Roger Gnoan M'Bala , C&#244;te d'Ivoire, 2000, 95 min.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In dossier de presse&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Hama et B&#233;lorgey racontent Semb&#232;ne</title>
		<link>https://www.clapnoir.org/hama-et-belorgey-racontent-sembene</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.clapnoir.org/hama-et-belorgey-racontent-sembene</guid>
		<dc:date>2007-11-14T10:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-">2007</category>


		<description>
&lt;p&gt;Sembene n'est plus, mais la richesse qu'il a laiss&#233; aux cin&#233;philes, cin&#233;astes et chercheurs est immense. Clap Noir vous propose des hommages fait &#224; l'a&#238;n&#233; des anciens par ceux qui l'ont connu, v&#233;cu et travaill&#233; avec lui. &lt;br class='autobr' /&gt; Catherine Ruelle &lt;br class='autobr' /&gt;
Je voulais que vous nous rappeliez vos souvenirs &#224; vous, en tant qu'amoureux du cin&#233;ma mais aussi en tant qu'officiel du Fespaco, &#224; propos de Semb&#232;ne Ousmane &lt;br class='autobr' /&gt;
Baba Hama &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre premi&#232;re rencontre physique est vraiment r&#233;cente puisqu'elle a eu lieu au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique6-" rel="directory"&gt;2007&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sembene n'est plus, mais la richesse qu'il a laiss&#233; aux cin&#233;philes, cin&#233;astes et chercheurs est immense. Clap Noir vous propose des hommages fait &#224; l'a&#238;n&#233; des anciens par ceux qui l'ont connu, v&#233;cu et travaill&#233; avec lui.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Ruelle&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Je voulais que vous nous rappeliez vos souvenirs &#224; vous, en tant qu'amoureux du cin&#233;ma mais aussi en tant qu'officiel du Fespaco, &#224; propos de Semb&#232;ne Ousmane&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Baba Hama&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Notre premi&#232;re rencontre physique est vraiment r&#233;cente puisqu'elle a eu lieu au Fespaco en 1987. Mais comme tous les jeunes africains, j'ai rencontr&#233; Semb&#232;ne au secondaire en &#233;tudiant ses &#339;uvres litt&#233;raires. Je dois dire d'ailleurs que jusque dans les ann&#233;es 87, quand Semb&#232;ne venait &#224; Ouagadougou, c'&#233;tait de Semb&#232;ne le litt&#233;raire dont il s'agissait avant tout. L'auteur de Docker Noir, des Bouts de Bois de Dieu, de Xala&#8230; Ses &#233;crits ont beaucoup marqu&#233; une jeunesse dont j'ai fait partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1987 que je l'ai donc finalement rencontr&#233; en tant que journaliste pour la radio, et nos rapports se sont ensuite intensifi&#233;s &#224; partir de 1996 avec mon arriv&#233;e &#224; la t&#234;te du Fespaco. Lorsque mon pr&#233;d&#233;cesseur m'a donn&#233; quelques instructions, en parlant de Semb&#232;ne il a dit &#171; Le doyen, c'est le doyen, tu sais ce que &#231;a veut dire en Afrique ! &#187;. Mais j'ai eu une chance inou&#239;e, je devais avoir une bonne &#233;toile, je ne sais pas, mais &#171; le tonton &#187; m'a tout de suite adopt&#233;. Et je crois que ce n'&#233;tait pas un hasard car je suis peuhl moi-m&#234;me, cela a &#233;t&#233; notre premier lieu. Delgado peut t&#233;moigner que Semb&#232;ne m'a toujours &#233;crit en commen&#231;ant par &#171; mon fr&#232;re &#187;. Je dois confesser que je me sentais li&#233; &#224; lui de sorte que je ne pouvais pas passer trente jours sans lui t&#233;l&#233;phoner au bureau. Quand j'appelais il me demandait &#171; qu'est ce qu'il y a ? &#187;, si je disais que j'appelais pour avoir des nouvelles il r&#233;pondait &#171; qu'est ce que tu veux ? Ca va ! Si tu n'as rien &#224; faire occupe-toi &#224; autre chose plut&#244;t que de m'appeler ! &#187;. Mais tout &#231;a a toujours &#233;t&#233; dit de mani&#232;re tr&#232;s affective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au dernier Fespaco, c'est vrai, c'&#233;tait tr&#232;s difficile pour nous tous de le voir absent. Lors des derniers &#233;changes que nous avons eus il m'a dit &#171; Le Fespaco s'ouvre Samedi, mais il y a les &#233;lections au S&#233;n&#233;gal, je vais d'abord voter et je viendrai ensuite &#187;. Le mardi suivant l'ouverture du Fespaco, j'ai re&#231;u un fax annon&#231;ant qu'il ne pourrait malheureusement pas &#234;tre avec nous cette ann&#233;e. C'est la premi&#232;re &#233;dition du Fespaco qu'il ratait. Nous avons voulu respecter sa discr&#233;tion et nous avons beaucoup &#233;chang&#233; avec Clarence Delgado quant &#224; la meilleure mani&#232;re de proc&#233;der. On a fini par expliquer aux journalistes qui nous harcelaient de questions qu'il avait besoin d'un peu de repos. Ce fut la fin d'une longue amiti&#233; ; quand j'entends la plupart des gens dire comme c'&#233;tait quelqu'un de dur, je m'&#233;tonne toujours car il n'a curieusement jamais &#233;t&#233; dur avec moi. Aujourd'hui, c'est un baobab qui tombe, mais je crois que le meilleur hommage qu'on puisse rendre &#224; sa m&#233;moire est de tenir encore tr&#232;s haut le flambeau qu'il nous a montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Ruelle&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Semb&#232;ne a beaucoup &#233;t&#233; aid&#233; par des fran&#231;ais au cours de son parcours en cin&#233;ma. Quels &#233;taient vos rapports avec Semb&#232;ne, vous a-t-il demand&#233; de l'aide sur ses derniers films depuis que vous travaillez au M.A.E. ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois B&#233;lorgey&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Mon premier contact avec Semb&#232;ne s'est produit en 1978 alors que je m'occupais du centre culturel fran&#231;ais de St Louis, j'avais &#224; peine 25 ans, je connaissais la litt&#233;rature de Semb&#232;ne. Nous avions dans les centres culturels des droits sur les films africains qui avaient b&#233;n&#233;fici&#233; de l'aide du minist&#232;re de la coop&#233;ration, et entre autres ceux de Semb&#232;ne : La Noire de&#8230;, Borom Sarett, Le mandat et autres. En 1978, je d&#233;cide de passer des films de Semb&#232;ne, et je voulais l'inviter &#224; venir pr&#233;senter lui m&#234;me sa filmographie et son oeuvre litt&#233;raire. On &#233;tait en plein dans le d&#233;bat sur Ceddo, c'&#233;tait l'&#233;poque o&#249; Senghor &#233;tait encore pr&#233;sident de la R&#233;publique. Connaissant les rapports complexes qu'entretenait Semb&#232;ne avec le pouvoir &#224; la fois en France et au S&#233;n&#233;gal &#8211; c'&#233;tait un homme tr&#232;s engag&#233; &#8211; nous l'invitions &#224; profiter de cette tribune du centre culturel fran&#231;ais, v&#233;ritables outils de la coop&#233;ration fran&#231;aise, relevant des ambassades de France. Il profite, sans surprise, de cette tribune pour vilipender le pouvoir S&#233;n&#233;galais, la France&#8230; Bien s&#251;r j'ai &#233;t&#233; convoqu&#233; par le conseiller culturel apr&#232;s l'intervention muscl&#233;e de Semb&#232;ne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde anecdote a eu lieu autour du Camp de Thiaroye, sombre &#233;pisode de l'histoire de France pendant la seconde guerre mondiale, dont Semb&#232;ne a fait un film en 1988. Evidemment Semb&#232;ne a connu toutes les difficult&#233;s pour monter le financement de ce film. Il a eu quelques financements de l'Alg&#233;rie, un peu de l'Italie, mais surtout pas de la France, &#231;a va sans dire, la France ayant au contraire essay&#233; de perturber, si ce n'est d'emp&#234;cher le tournage de ce film qui relatait un &#233;v&#233;nement dont elle n'est pas tr&#232;s fi&#232;re. En 1990/91, alors que je dirige le centre culturel fran&#231;ais de Dakar, je demande &#224; Semb&#232;ne si on peut faire une r&#233;trospective de son travail. Je le croyais un peu assagi par le temps. Semb&#232;ne me donne imm&#233;diatement son accord, &#224; une condition, la diffusion du Camp de Thiaroye. A&#239;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a pass&#233; le film ; les autorit&#233;s fran&#231;aises commen&#231;aient &#224; dig&#233;rer l'&#233;v&#233;nement. Mais j'ai bien failli &#234;tre vir&#233; une deuxi&#232;me fois ! C'&#233;tait quelqu'un qui ne faisait aucune concession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par S. Perrin et B. Tiprez (Clap noir)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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