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	<title>CLAP NOIR : cin&#233;mas et audiovisuels Africains</title>
	<link>https://www.clapnoir.org/</link>
	<description>&lt;p&gt;Clap Noir, le site des cin&#233;mas d'Afrique&lt;/p&gt;</description>
	<language>fr</language>
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	<item>
		<title>Abdoulaye Traor&#233; Seydou</title>
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		<dc:date>2009-02-16T08:27:39Z</dc:date>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-">2008</category>


		<description>
&lt;p&gt;Je suis producteur ex&#233;cutif chez Granit film, une soci&#233;t&#233; qu'Alain Gomis et Newton Aduaka ont cr&#233;&#233;e en 2007, en association avec Delphine Zing et Val&#233;rie Ozouf. Je m'occupe plus particuli&#232;rement des films d'Alain Gomis. J'ai commenc&#233; en 1996 dans l'exploitation cin&#233;matographique, &#224; Lyon, pendant quatre ans. Ensuite, je suis venu &#224; la production. J'ai travaill&#233; avec Issa Serge Coello (&#034;Tartina city&#034;). Ensuite, j'ai rejoint Dominante 7, une soci&#233;t&#233; de production de documentaires, qui &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
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&lt;p&gt;Je suis producteur ex&#233;cutif chez Granit film, une soci&#233;t&#233; qu'Alain Gomis et Newton Aduaka ont cr&#233;&#233;e en 2007, en association avec Delphine Zing et Val&#233;rie Ozouf. Je m'occupe plus particuli&#232;rement des films d'Alain Gomis. J'ai commenc&#233; en 1996 dans l'exploitation cin&#233;matographique, &#224; Lyon, pendant quatre ans. Ensuite, je suis venu &#224; la production. J'ai travaill&#233; avec Issa Serge Coello (&#034;Tartina city&#034;). Ensuite, j'ai rejoint Dominante 7, une soci&#233;t&#233; de production de documentaires, qui &#233;tait sp&#233;cialis&#233;e dans les films sur les minorit&#233;s, qui faisait beaucoup de films en Afrique. J'ai collabor&#233; avec Mahamat Haroun Saleh (&#034;Abouna&#034;, &#034;Darratt&#034;...). J'ai suivi un processus d'assistant de production &#224; directeur de production, jusqu'&#224; maintenant, devenir producteur ex&#233;cutif, sur le projet d'Alain Gomis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que tu te consid&#232;res comme un producteur africain, ou de films africains, est-ce que le crit&#232;re africain est un choix qui traverse tes rencontres de cin&#233;ma ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me consid&#232;re pas comme un producteur africain du tout. C'est par affinit&#233;s, par rencontres. J'ai aussi beaucoup travaill&#233; en France. En Afrique, il y a un gros probl&#232;me au niveau de la production et de la formation &#224; la production : on n'a pas assez de producteurs sur ce continent. Donc, je me suis dit que ce serait bien d'apporter ma petite pierre, ma petite exp&#233;rience et je me suis dit que plus on est, plus on sera forts pour affronter les enjeux de demain. Ce qui est important, c'est qu'avec Alain Gomis, Newton Aduaka, on est de la m&#234;me g&#233;n&#233;ration. Je pense que c'est la g&#233;n&#233;ration qui arrive &#224; trente cinq ans, Alain Gomis a fait deux films et Newton Aduaka a fait deux films, c'est le devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;As-tu le recul pour caract&#233;riser cette nouvelle g&#233;n&#233;ration de cin&#233;astes dont le point commun est peut-&#234;tre cet entre-deux, entre l'Afrique et l'Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Gomis, est franco-s&#233;n&#233;galais et a tourn&#233; ses deux long-m&#233;trages en Europe (l'Afrance et Andalucia - et un court-m&#233;trage, Petite lumi&#232;re, au S&#233;n&#233;gal-). Newton Aduaka, m&#234;me s'il est Nig&#233;rian, a &#233;t&#233; form&#233; en Angleterre. Ces jeunes auteurs ont &#233;t&#233; form&#233;s ici, en Europe et par un processus naturel, ils ne se posent pas la question de faire un film africain, cela vient naturellement. Le prochain film d'Alain Gomis se passe au S&#233;n&#233;gal... parce qu'il a envie que cela se passe au S&#233;n&#233;gal, ce n'est pas pour faire du cin&#233;ma africain ! Le prochain se passera peut-&#234;tre aux Etats-Unis, je ne sais pas ! C'est un cheminement, sans vouloir se laisser enfermer dans un ghetto du cin&#233;ma africain, qui finalement est trop r&#233;ducteur. Nous travaillons pour qu'on nous reconnaisse comme des professionnels du cin&#233;ma. Certes, on a une culture africaine, certes on fait du cin&#233;ma africain - mais fran&#231;ais aussi ! - et c'est une richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En termes de production, est-ce que cette notion de ghetto revient quand il s'agit de rechercher des financements ? Est-ce qu'il y a une sp&#233;cificit&#233; pour un producteur dans la recherche de financements pour cette nouvelle g&#233;n&#233;ration de cin&#233;astes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne va pas se voiler la face. De fait, pour les films qui se passent sur le continent africain - je pr&#233;f&#232;re qu'on dise cela - , les t&#233;l&#233;visions, en France, n'en veulent pas, pour l'instant. A part Arte qui a fait un petit effort il y a quelques ann&#233;es et continue de temps en temps &#224; financer des films qui se passent sur ce continent-l&#224;, mais Arte n'a pas beaucoup d'argent... Mais nous, au lieu de r&#226;ler, de dire &#034;c'est de leur faute, ils ne veulent pas de nos films&#034;, on est optimiste, on se dit qu'on va leur proposer de bons sc&#233;narios. On va aller voir Canal +, Arte, France T&#233;l&#233;vision et on va essayer de monter des co-productions internationales comme un film chilien ou comme un film fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu parles d'une d&#233;marche cin&#233;ma, t&#233;l&#233;film. Es-tu pr&#234;t &#224; aller de l'un &#224; l'autre ? Est-ce qu'au cin&#233;ma, il n'y a pas plus de curiosit&#233; et d'ouverture, m&#234;me de la part des cha&#238;nes hertziennes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prochain projet d'Alain Gomis est con&#231;u dans une id&#233;e de cin&#233;ma, je ne vois aucune cha&#238;ne faisant des t&#233;l&#233;films, - peut-&#234;tre Arte fiction et encore -, qui accepterait de financer ce genre de film. C'est particulier, il part vraiment dans l'espace cin&#233;ma, un espace un peu plus &#034;libre&#034; que l'espace fiction. Et ses propositions ne fonctionnent que dans un d&#233;sir de production cin&#233;ma, de sortie salle cin&#233;ma. Sortir le film en France et en Afrique, faire la jonction. Sortir le film en Europe, en France, c'est important, m&#234;me s'il ne sortira pas sur cent copies. On va le d&#233;fendre. On a &#233;t&#233; form&#233;s comme cela, on a un d&#233;sir de cin&#233;ma avant tout. C'est dommage que les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision financent le cin&#233;ma, qui retourne &#224; la t&#233;l&#233;vision apr&#232;s, puisque les cha&#238;nes financent une partie des films !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pense que le cin&#233;ma fran&#231;ais a ce probl&#232;me, les films tirent vers le t&#233;l&#233;film et on a de moins en moins de propositions de cin&#233;ma, au niveau formel ou au niveau des sc&#233;narios. Nous, pour caricaturer, le champ contre-champ, cela ne nous int&#233;resse pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Radicalement cin&#233;ma... Ezra &#233;tait pourtant un t&#233;l&#233;film Arte qui a eu une sortie salle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est une exception. Arte sont les seuls &#224; proposer &#224; leurs t&#233;l&#233;films de sortir en salle. Mais ce n'est pas extensible, ils n'ont pas assez d'argent. Beaucoup de grands cin&#233;astes viennent faire leurs films chez Arte, on est noy&#233;s dans la masse. C'est ce qui nous am&#232;ne &#224; une certaine radicalit&#233;. On essaie de financer nos films, ce ne seront pas des films &#224; budgets de 10 millions d'euros ! On ne veut pas cela. On veut juste faire exister nos films, &#234;tre libres, et les proposer en Europe, en Afrique, en Asie, et dans les festivals...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les appuis institutionnels et commerciaux sur lesquels vous pouvez tabler ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avance sur recette. On va essayer de trouver un co-producteur plus exp&#233;riment&#233; pour proposer le sc&#233;nario aux cha&#238;nes hertziennes, tout en cherchant les partenaires habituels pour les films qui se passent en Afrique, le Minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res, la francophonie, le fonds sud (qui est li&#233; &#224; l'avance sur recettes - il faut choisir entre les deux). On ne se met pas dans des niches en se disant : &#034;on va r&#233;colter 300.000 euros en additionnant la francophonie, le fonds sud et un peu d'Hubert Bals&#034; ! Non, on part dans une ambition classique de cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce qu'aux yeux des financeurs, le cin&#233;ma d'Alain Gomis trouve une sp&#233;cificit&#233;, une &#233;coute particuli&#232;re. Tu disais que vous &#234;tes noy&#233;s dans la masse mais au contraire avec des personnages noirs, vous sortez du lot.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Gomis a fait Andalucia sans l'appui d'aucune cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision. Paradoxalement, je pense, je l'esp&#232;re, que son prochain film, qui se tournera au S&#233;n&#233;gal, aura peut-&#234;tre l'appui d'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision. Parce qu'ils pr&#233;f&#232;rent filmer les Noirs sur le continent, - chez eux, entre guillemets -, que filmer les Noirs en France. Et m&#234;me s'il y a quelques exceptions avec le film de Mahamat Saleh Haroun &#034;Sexe, gombo et beurre sal&#233;&#034; ou le prochain film de Fran&#231;ois Dupeyron &#034;Aide toi et le ciel t'aidera&#034;, film&#233; dans la communaut&#233; africaine, noire en France, c'est en fait tr&#232;s difficile en France de montrer ce qu'ils appellent la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La notion d'exotisme peut-elle &#234;tre un plus aux yeux des financeurs ici ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, ce n'est m&#234;me pas une question d'exotisme, c'est de parler de probl&#232;me qui ne touchent pas le pays, finalement. C'est plus simple. On peut dire : &#034;ah, les pauvres, l&#224;-bas, ils souffrent&#034;... Cela reste un film urbain, contemporain, ce n'est pas un film qui se passe au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle en Afrique ! J'ai l'habitude de dire qu'en France, on adore les films de Ken Loach, mais on refuse de financer les Ken Loach fran&#231;ais ! Quand on entend les louanges pour le travail de Ken Loach. Mais ici, on a les m&#234;mes probl&#232;mes qu'en Angleterre. C'est la m&#234;me chose, si ce n'est pas pire. Je dis pas que cela n'existe pas, mais c'est rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andalucia a &#233;t&#233; assez mal distribu&#233; en France.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les financiers n'ont pas compris Andalucia. Autant L'Afrance a &#233;t&#233; &#224; Locarno, il a eu le L&#233;opard d'or, Andalucia n'a fait aucun gros festival. La proposition d'Alain Gomis &#233;tait peut-&#234;tre trop en avance. Ce n'est qu'apr&#232;s que les gens ont dit que le film avait quelque chose d'unique, que c'&#233;tait un tr&#232;s beau film, tout simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre une mani&#232;re de se placer ou de se d&#233;placer qui &#233;tait intelligente. On attend d'un r&#233;alisateur noir qu'il nous parle des Noirs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andalucia va peut-&#234;tre nous permettre, dans nos d&#233;marches, d'arr&#234;ter les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision de faire des quotas - de fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La distribution : quelle est ta mani&#232;re d'aborder cette question. Beaucoup de films se financent sans distributeurs et sont ensuite tr&#232;s mal distribu&#233;s. On parle aussi toujours, en Afrique, d'un gros probl&#232;me de distribution. Quelle est ta position sur cette question ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est en train de se poser la question de la distribution. On aimerait travailler avec des distributeurs ind&#233;pendants moyens, pas des gens qui se foutent du film ! mais qui aient envie de proposer autre chose. Pyramide, Oc&#233;an film... J'esp&#232;re que notre projet les int&#233;ressera. Pour la distribution en Afrique, c'est une grosse question, c'est une catastrophe. Il n'y a plus de salles. Il faut donc repenser la distribution, faire comme on a fait en musique. Beaucoup de producteurs s'allient avec des distributeurs &#224; la sauvette, ceux qui piratent ces CD et les vendent sur les march&#233;s. En Afrique, la salle n'est pas tr&#232;s importante, pour l'instant. Les CCF font un travail, mais il n'y a pas de salles. Les films sont diffus&#233;s dans les cours, dans les concessions, sur un &#233;cran, &#231;a se passe de la main &#224; la main... On n'a pas d'id&#233;e au niveau des pays francophones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et l'exp&#233;rience &#224; la Nollywood, au Nig&#233;ria ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux probl&#233;matiques sont diff&#233;rentes. Au Nig&#233;ria, ce sont des anglo-saxons, il y a donc une diff&#233;rence de langue, et il y a le probl&#232;me de la qualit&#233; des films. Cela ne m'int&#233;resse pas de faire pour faire. De faire 100.000 entr&#233;es dans trois pays d'Afrique, cela ne m'int&#233;resse pas. Le film doit pouvoir vieillir, &#234;tre revu dix ans apr&#232;s. Je voudrais ramener le discours vers le d&#233;sir de cin&#233;ma parce qu'on ne parle m&#234;me plus de cela, sur le continent africain, on parle juste de faire des films, on demande : &#034;est-ce que vous allez concurrencer Nollywood ?&#034;. On ne se pose m&#234;me plus de questions sur la qualit&#233; des films. Il y a des histoires &#224; raconter. Il y a de jeunes auteurs qui sont tr&#232;s bons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il de jeunes talents que tu voudrais produire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en connais un ou deux. Mais la nouvelle g&#233;n&#233;ration a chang&#233; beaucoup de choses. De fait, il y a beaucoup de gens qui font du cin&#233;ma, qui veulent en faire en Afrique. C'est un apprentissage, comme au Nig&#233;ria. Dans tout ce syst&#232;me, il y en aura un ou deux qui vont &#233;merger et qui seront tr&#232;s forts. Ce sera deux, mais c'est d&#233;j&#224; &#231;a. Et ces deux vont petit &#224; petit basculer vers le cin&#233;ma avec une plus grande rigueur au niveau des sc&#233;narios, de la mise en sc&#232;ne, et une dimension universelle. Ce n'est pas un probl&#232;me qui ne concerne que l'Afrique. La France a le m&#234;me probl&#232;me : il faudrait que le film puisse int&#233;resser aussi bien un Canadien, un Inuit, un Chilien. C'est ce qui est important. On travaille sur cette dimension universelle. On n'est pas dans des discours th&#233;oriques - une exigence, quand m&#234;me -, mais nous recherchons cette dimension universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le mod&#232;le am&#233;ricain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats Unis sont tr&#232;s pragmatiques. Ils ont investi dans la recherche. Ils ont toujours gard&#233; un oeil sur les r&#233;alisateurs underground. Qui apr&#232;s, rejoignent Hollywood. C'est une question de rentabilit&#233;. C'est une autre mentalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syst&#232;me fran&#231;ais...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...est un peu... incestueux. On reste &#224; Paris, on reste entre nous &#224; Paris. C'est un probl&#232;me. Pour les gens qui font des films en r&#233;gion, ils ont du mal &#224; faire leurs longs m&#233;trages. Ils sont oblig&#233;s de venir &#224; Paris. Tout est centralis&#233;, c'est pour cela que le cin&#233;ma fran&#231;ais ne repr&#233;sente m&#234;me pas la France. Le cin&#233;ma est &#034;bourgeois&#034; ou alors social, mais caricatural : on regarde les pauvres comme des animaux au lieu de les aimer. On les &#233;tudie. Ce n'est pas forc&#233;ment un probl&#232;me de financement. C'est un probl&#232;me de... consanguinit&#233;, de manque de curiosit&#233;. Parmi les films fran&#231;ais qui sont sortis cette ann&#233;e, il n'y a pas tant de films qui sortent du lot. Et m&#234;me s'ils ne font pas d'entr&#233;es, on en parle, parce qu'ils ne sont plus dans des appartements bourgeois du septi&#232;me. Ils ont assimil&#233; les anciens, ils vivent avec leur temps. La France commence &#224; &#234;tre color&#233;e, quand m&#234;me ! Un probl&#232;me que j'ai aussi, puisque Obama a &#233;t&#233; &#233;lu, il n'y a pas de r&#233;alisateur noir fran&#231;ais. Je n'en connais pas. Symboliquement, c'est assez lourd. Il y en a venus du Maghreb, de plus en plus. Certes, ils sont l&#224; depuis longtemps. Je suis content. Mais des Fran&#231;ais d'origine d'Afrique noire r&#233;alisateurs : il y en a tr&#232;s peu. Qu'est-ce que &#231;a veut dire ? On nous a toujours dit : &#034;c'est de votre faute, vous n'avez jamais voulu aller, l&#224;&#034;... comme quand on nous dit : &#034;vous ne voulez pas entrer dans les grandes &#233;coles&#034;. On nous a toujours dit que c'est de notre faute. Avec un peu d'exp&#233;rience dans le milieu, je me rends compte que c'est un peu plus compliqu&#233; que &#231;a et j'esp&#232;re que cela va &#233;voluer. Ces gens-l&#224; ont aussi un point de vue &#224; d&#233;velopper. Pour les Am&#233;ricains, tout n'est pas rose chez eux, tout est bas&#233; sur le probl&#232;me racial, ils l'ont un peu compris. Quelques cin&#233;astes des &#034;minorit&#233;s&#034; &#233;mergent, que ce soit latinos, noirs-am&#233;ricains... En France, je n'en connais pas beaucoup qui font des longs m&#233;trages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Caroline pochon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Interview de M. Ouedraogo, responsable du Fespaco</title>
		<link>https://www.clapnoir.org/interview-de-m-ouedraogo-responsable-du-fespaco</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.clapnoir.org/interview-de-m-ouedraogo-responsable-du-fespaco</guid>
		<dc:date>2009-02-16T08:17:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-">2008</category>


		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi avoir choisi Dakar pour lancer les conf&#233;rences internationales ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le principe retenu de faire le lancement de la campagne internationale du Fespaco &#224; Dakar rel&#232;ve de notre volont&#233; de confirmer et d'imposer le Festival comme une manifestation continentale. Le choix de Dakar aussi pour rendre hommage &#224; Semb&#232;ne Ousmane qui comme vous le savez a beaucoup &#339;uvr&#233; pour le cin&#233;ma africain. Mais aussi, il a adopt&#233; le Fespaco et en a fait son affaire personnelle. Nous pensons qu'il serait bon (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avoir choisi Dakar pour lancer les conf&#233;rences internationales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe retenu de faire le lancement de la campagne internationale du Fespaco &#224; Dakar rel&#232;ve de notre volont&#233; de confirmer et d'imposer le Festival comme une manifestation continentale. Le choix de Dakar aussi pour rendre hommage &#224; Semb&#232;ne Ousmane qui comme vous le savez a beaucoup &#339;uvr&#233; pour le cin&#233;ma africain. Mais aussi, il a adopt&#233; le Fespaco et en a fait son affaire personnelle. Nous pensons qu'il serait bon que le Fespaco lui rendre un hommage non seulement en reconnaissance mais pour marquez la dimension de l'homme qui a donn&#233; toute sa vie au Fespaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On fait aussi &#233;tat de difficult&#233;s que vous &#233;prouvez pour r&#233;unir le budget d'organisation pr&#233;visionnelle pour le Fespaco ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toute manifestation culturelle en Afrique, il y a effectivement des difficult&#233;s. Mais je peux vous assurer aujourd'hui &#224; cette &#233;tape que les difficult&#233;s sont totalement r&#233;solues. Il y a la mobilisation des financements publics et la mobilisation des financements priv&#233;s. Nous avons recouvr&#233; &#224; 100% la contribution de l'Etat burkinab&#232;. Et certainement que nous allons aussi recouvrer &#224; 100% la contribution d'autres institutions. Nous recherchons plus de moyens pour faire un Fespaco comme on en r&#234;ve et comme on le veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui peut expliquer qu'apr&#232;s quarante ans d'existence, le Fespaco soit encore &#224; balbutier dans la mobilisation des ressources ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est propre au Fespaco est propre &#224; l'Afrique. L'Afrique continue aussi de balbutier et voil&#224; tout notre probl&#232;me. La d&#233;mocratie africaine balbutie, la culture africaine aussi balbutie. Quels int&#233;r&#234;ts l'Afrique donne &#224; sa culture, accorde &#224; sa culture ? Ce sont ces questions fondamentales qu'il faut se poser. Nous devons de plus en plus travailler avec le secteur priv&#233; parce que le secteur public a ses limites et que m&#234;me dans les budgets des Etats pris individuellement, la culture ne b&#233;n&#233;ficie pas des meilleurs parts de budget. Nous devons donc travailler &#224; trouver des financements innovants, et c'est ce travail que nous menons actuellement en nous ouvrant vers le secteur priv&#233;. Il faut aussi que nous ayons des d&#233;marches vers les d&#233;cideurs politiques, vers les d&#233;cideurs &#233;conomiques pour que de plus en plus on prenne en consid&#233;ration la culture africaine et particuli&#232;rement le cin&#233;ma africain qui peut beaucoup apporter &#224; notre identit&#233; culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez initi&#233; un document cadre d&#233;nomm&#233; &#171; Fespaco vision 21 &#187; qui r&#233;sume ce que vous avez comme vision pour le Fespaco. Qu'est-ce qu'il y a comme id&#233;e force dans ce document ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vision 21 veut relever le d&#233;fi qui s'impose au cin&#233;ma africain pour le 21&#232;me si&#232;cle. Il faut qu'il y ait une r&#233;flexion collective pour que le Fespaco soit toujours la dynamique, la locomotive du cin&#233;ma africain. Travailler &#224; p&#233;renniser le Fespaco, &#224; lui donner des habits neufs en fonction des nouvelles r&#233;alit&#233;s technologiques. Travailler &#224; faire du Fespaco, une institution forte, &#224; lui donner une image internationale parce que sur la sc&#232;ne internationale, la culture africaine est en comp&#233;tition avec les autres cultures, le cin&#233;ma africain est en comp&#233;tition avec les autres cin&#233;mas. Le Fespaco doit &#234;tre une vitrine forte pour toute l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous parlez de renforcer le caract&#232;re &#171; biennale &#187; du Fespaco. Pourtant un de vos pr&#233;d&#233;cesseurs &#224; la t&#234;te de cette institution r&#234;vait d'un Fespaco annuel. Est-ce qu'une id&#233;e que l'institution a d&#233;finitivement abandonn&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, je fais du Fespaco au quotidien. Il ne faut pas seulement voir la biennale parce que l'essence du Fespaco, c'est de travailler &#224; faire la promotion au quotidien du cin&#233;ma africain. Aujourd'hui, notre r&#234;ve, c'est de travailler &#224; ce que toutes les t&#233;l&#233;visions africaines puissent avoir des programmes de cin&#233;ma africain r&#233;alis&#233;s par des africains. Je souhaiterais aujourd'hui que dans toutes les salles de cin&#233;ma en Afrique, on puisse avoir des images africaines. Notre ambition est donc d'&#339;uvrer &#224; ce que la promotion du cin&#233;ma africain se fasse au quotidien. Maintenant quant &#224; la biennale ou au Fespaco annuel, nous revenons &#224; ce qui a &#233;t&#233; dit pr&#233;c&#233;demment &#224; savoir la mobilisation des ressources. Et dans ces conditions, il nous sera difficile de passer &#224; un Fespaco annuel. Il nous faut d'abord arriver &#224; une forme de structuration du financement du Fespaco avec des partenaires cr&#233;dibles qui peuvent nous accompagner sur dix ans, vingt ans. Mais, d&#233;j&#224; nous pensons que la biennale est d&#233;j&#224; un grand rendez-vous qu'il faut travailler &#224; renforcer, &#224; cr&#233;dibiliser avec une organisation parfaite. Pour nous, l'ambition est de faire du Fespaco au quotidien. Pour le festival en lui-m&#234;me, le probl&#232;me n'est pas de le faire annuellement ou tous les deux ans mais bien de mieux l'organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Fespaco donne l'impression de stagner depuis quelques &#233;ditions. Avez-vous identifiez les probl&#232;mes qui minent cette f&#234;te du cin&#233;ma Africain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le Fespaco ne vivait pas une situation de stagnation. Mais, il avait plut&#244;t besoin d'un nouveau souffle. Nous consid&#233;rons que ce qui a &#233;t&#233; fait globalement par le Fespaco pendant quarante ans est assez formidable. Mais, il existe aujourd'hui une nouvelle dynamique qui s'impose &#224; nous : lui donner une visibilit&#233; de plus en plus forte. Les gens avaient tendance &#224; confondre l'institution et la biennale. On ne parlait du Fespaco que pendant la biennale. Nous nous pensons que le Fespaco en tant qu'institution du cin&#233;ma africain doit avoir une vie permanente, une vie organis&#233;e avec une forte visibilit&#233;. Notre ambition est donc d'accro&#238;tre la dimension du Fespaco. Nous sommes donc dans la continuit&#233; de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait. Les propositions faites dans &#171; vision 21 &#187; sont parfois tir&#233;es des exp&#233;riences de nos pr&#233;d&#233;cesseurs, ce sont aussi des id&#233;es qu'ils ont d&#233;fendues et que nous reprenons &#224; notre compte pour les faire progresser. Notre ambition, c'est de faire avancer le Fespaco sans rupture, dans la continuit&#233; mais avec des innovations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre autres innovations, vous promettez un d&#233;fil&#233; des vedettes africaines comme au Festival de Cannes. O&#249; en &#234;tes-vous dans sa mise en oeuvre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis que le Fespaco doit aussi &#234;tre le rendez-vous des &#233;toiles africaines. Je pense &#224; des vedettes telles que Didier Drogba, Samuel Eto'o, Jean Amadou Tigana,&#8230;C'est donc un devoir pour nous de faire en sorte que le Fespaco soit aussi un tremplin pour eux. Quand vous avez un grand &#233;crivain comme Thierno Monenembo qui vient de remporter le prix &#171; Renaudot &#187;, je pense qu'il est de notre devoir de le faire d&#233;couvrir par l'Afrique. Ce sont des africains qui se sont faits dans la diaspora mais qui appartiennent &#224; l'Afrique. Le Fespaco en tant que creuset de l'excellence doit donner une vitrine &#224; tous ceux qui d&#233;fendent les couleurs africaines dans le monde. Le Fespaco doit &#234;tre un tremplin pour les stars africaines qu'ont retrouvent dans la culture, le cin&#233;ma, le sport. Pour cette ann&#233;e 2009, nous allons approcher certaines stars pour les faire venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On parle aussi de la venue de stars africaines de la diaspora am&#233;ricaines notamment Denzel Washington pour le prochain Fespaco. Vous confirmez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des ambitions que nous avons. Beaucoup sont d&#233;j&#224; venus au Fespaco. Je pense qu'il faut poursuivre, il faut d&#233;couvrir. Nous sommes actuellement sur la piste de Sidney Poitier qui est aujourd'hui une grande r&#233;f&#233;rence du cin&#233;ma africain, qui est aujourd'hui l'ic&#244;ne, l'image du noir dans le cin&#233;ma am&#233;ricain. C'est une exp&#233;rience, une carrure du cin&#233;ma international. Nous sommes sur de bonnes pistes. On peut tous les rassembler cette ann&#233;e, comme on pourra peut-&#234;tre les rassembler en 2011. Ce qui est fondamental, c'est qu'ils sachent que quelque part, il y'a une volont&#233; de les associer &#224; la f&#234;te du cin&#233;ma africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les quelques 45 000 festivaliers que vous attendez peuvent s'attendre &#224; quoi comme innovation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils doivent s'attendre &#224; avoir un peu plus de vedettes africaines, &#224; un accueil avec plus de proximit&#233; pour les int&#233;grer dans la dynamique. Ils doivent s'attendre &#224; ce qu'il y ait plus d'activit&#233;s r&#233;cr&#233;atives parce qu'apr&#232;s les projections de films, il y avait des difficult&#233;s &#224; trouver une place forte du Fespaco &#224; Ouagadougou, nous sommes en train de travailler &#224; cr&#233;er cet espace o&#249; l'ensemble des festivaliers pourra se retrouver de minuit jusqu'&#224; 3h du matin. Il ne faut pas qu'apr&#232;s les projections, il y ait une difficult&#233; &#224; se mouvoir &#224; Ouagadougou, &#224; trouver un espace o&#249; l'on peut s'exprimer. Nous pr&#233;voyons de petites innovations. Nous disons &#224; tous les amoureux du cin&#233;ma africain, &#224; tous ceux qui veulent venir &#224; Ouagadougou, qu'ils feront le constat que des innovations peuvent &#234;tre faites. Et que les suggestions des uns et des autres peuvent &#234;tre prises en compte pour rectifier le tir car en mati&#232;re d'organisation rien n'est fig&#233;, tout est &#233;volutif.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi avoir choisi de baisser le nombre de films en comp&#233;tition ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une volont&#233; de diminuer le nombre de films en comp&#233;tition. C'est plut&#244;t une volont&#233; d'&#234;tre dans les r&#233;alit&#233;s du temps. De plus en plus, les festivals diminuent le nombre de films en comp&#233;tition. Quand vous demandez &#224; des personnes comp&#233;tentes de juger 20 films en 5 jours, je pense que vous leur demandez quelque chose de difficile. Il est de notre devoir de resserrer un peu la s&#233;lection pour qu'elle soit une s&#233;lection qui se m&#233;rite, je ne dis pas que ceux qui &#233;taient l&#224; ne le m&#233;ritaient pas. Nous allons resserrer la s&#233;lection en limitant le nombre de films &#224; 15. Mais notre souhait, c'est de passer &#224; un Fespaco &#224; 10 jours qui nous permettra de repasser &#224; 20 films en comp&#233;tition officielle parce qu'on gagnera trois jours suppl&#233;mentaires pour la comp&#233;tition. Mais pour le moment, nous voulons permettre au jury d'avoir un travail professionnel. En 5 jours de comp&#233;tition, cela fait bien 3 films &#224; visionner par jours. Ce qui n'est d&#233;j&#224; pas facile.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cin&#233;ma africains, tourisme et patrimoines africains, tel est le th&#232;me du prochain Fespaco pourquoi le choix d'un tel th&#232;me pour le 21&#232;me Fespaco ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons choisi ce th&#232;me parce que la production cin&#233;matographique en Afrique est &#224; cr&#233;er, aujourd'hui aussi l'industrie touristique en Afrique est en gestation. Ce sont l&#224;, deux industries qui peuvent se donner la main pour voir ensemble qu'elles sont les liens possibles &#224; &#233;tablir. Une autre vision qu'on peut avoir du th&#232;me, et qui &#224; mon sens est le plus important, ce sont les patrimoines africains et le cin&#233;ma. Parce qu'&#224; ce niveau, c'est de faire comprendre aux uns et aux autres que l'Afrique &#224; son imaginaire et que dans le patrimoine africain, le cin&#233;ma africain peut tirer les &#233;nergies et les ressources n&#233;cessaires pour se valoriser au plan international. On n'a certainement pas besoin en Afrique de copier les productions hollywoodiennes avec parfois des th&#232;mes qui n'ont rien &#224; voir avec les pr&#233;occupations de l'Afrique. Dans les patrimoines africains, il y a la n&#233;cessit&#233; de ressortir toutes les ressources n&#233;cessaires pour valoriser ce patrimoine &#224; travers notre cin&#233;ma. C'est une question identitaire pour faire conna&#238;tre notre patrimoine &#224; l'ext&#233;rieur mais aussi pour s'ouvrir au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel bilan peut-on &#233;tablir de quarante (40) ann&#233;es de Fespaco ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand bilan du Fespaco en quarante ans, c'est d'avoir inscrit la biennale du cin&#233;ma africain dans le calendrier mondial de la culture. &#199;a, c'est un bilan que personne ne peut contester. Je pense que ce bilan &#233;clabousse tous les autres bilans qu'on peut faire. Aujourd'hui, un peu partout, chacun inscrit le Fespaco dans son agenda. R&#233;ussir cette prouesse de faire inscrire une manifestation africaine dans un calendrier aussi important o&#249; les cultures se battent, je crois que c'est quelque chose de tr&#232;s important. Je crois qu'on ne pourra rien faire de plus important que ce qui a &#233;t&#233; fait. On ne pourra que renforcer ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Souleymane SOUDRE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un affreux-sales-et m&#233;chants sudaf</title>
		<link>https://www.clapnoir.org/un-affreux-sales-et-mechants-sudaf</link>
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		<dc:date>2009-02-12T14:24:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

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		<description>
&lt;p&gt;Autre regard voyageur, celui que porte le cin&#233;aste zimbabw&#233;en Mickael Raeburn sur les &#034;petits blancs&#034; d'Afrique du Sud, encore appel&#233; les &#034;white trash&#034;. Ils sont peut-&#234;tre ce que les Chtis ont eu un moment la r&#233;putation d'&#234;tre en France : pauvres, d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s, consanguins, obtus, tar&#233;s !... et racistes ! Mickael Raeburn ne les aime pas beaucoup, ces petits blancs. Lui m&#234;me est un r&#233;alisateur africain blanc, exil&#233; en France car il a soutenu les mouvements ind&#233;pendantistes noirs au Zimbabwe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autre regard voyageur, celui que porte le cin&#233;aste zimbabw&#233;en Mickael Raeburn sur les &#034;petits blancs&#034; d'Afrique du Sud, encore appel&#233; les &#034;white trash&#034;. Ils sont peut-&#234;tre ce que les Chtis ont eu un moment la r&#233;putation d'&#234;tre en France : pauvres, d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s, consanguins, obtus, tar&#233;s !... et racistes ! Mickael Raeburn ne les aime pas beaucoup, ces petits blancs. Lui m&#234;me est un r&#233;alisateur africain blanc, exil&#233; en France car il a soutenu les mouvements ind&#233;pendantistes noirs au Zimbabwe dans les ann&#233;es quatre-vingt. Il conna&#238;t bien ce milieu et il a un compte &#224; voir avec eux, qu'il regarde sans tendresse mais avec un effarement sarcastique. Le festival d'Amiens rend hommage &#224; ce film outsider - car parler des Blancs en Afrique est prendre une position d'outsider, cependant courageuse et indispensable - en lui offrant une mention sp&#233;ciale du prix Signis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce film au genre inclassable, car ce n'est pas vraiment une com&#233;die - ou alors tr&#232;s tr&#232;s grin&#231;ante - , pas non plus un drame social &#224; la mani&#232;re du cin&#233;ma anglais car il a une dimension onirique tendance gore, (notamment quand le personnage principal se met &#224; avoir des visions de rats) il est question de la schizophr&#233;nie d'un gar&#231;on de 21 ans qui vit avec son loseur ch&#244;meur de p&#232;re, sa victime de m&#232;re et son jeune oncle, qui lui voue une haine extraordinaire. Assez vite, on voit - dans une sc&#232;ne tr&#232;s crue - que ce gar&#231;on couche avec sa m&#232;re, au vu et au su de tous. Peu apr&#232;s, on apprend au d&#233;tour d'une r&#233;plique que la m&#232;re, tout le monde lui est pass&#233; dessus : le p&#232;re, le fils et m&#234;me le fr&#232;re. Vous avez dit consanguins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce personnage principal improbable est pourtant assez attachant, malgr&#233; les mauvais traitements que lui fait subir le r&#233;alisateur. Mais quand il acquiert un pistolet au d&#233;but du r&#233;cit, on ne peut s'emp&#234;cher d'appr&#233;hender un gros drame. Le drame viendra plus tard, apr&#232;s moult p&#233;rip&#233;ties sordides, moult interactions racistes avec des voisins aux peaux un peu trop color&#233;es et la r&#233;v&#233;lation d'un abominable secret de famille qui finit dans un bain de sang. Pendant ce temps, r&#233;guli&#232;rement sur un &#233;cran de t&#233;l&#233;vision que le protagoniste tente de d&#233;truire au d&#233;but du film, ce qui n'emp&#234;che pas, semble nous dire Mickael Raeburn, la r&#233;alit&#233; de continuer d'exister, les &#233;lections sont en train de porter au pouvoir Nelson Mandela et des r&#233;voltes noires explosent joyeusement dans le pays de l'apartheid. Le film se d&#233;roule en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jolies sc&#232;nes heureusement, nous sortent de cet enfermement d&#233;l&#233;t&#232;re : la m&#232;re, tr&#232;s bien camp&#233;e par Vanessa Cook, et le p&#232;re sont pris dans une manifestation de Noirs et tandis que le fr&#232;re prend peur et reste enferm&#233; dans sa voiture, elle et son mari entrent dans la danse, d'abord maladroitement, puis de mani&#232;re vivante et lib&#233;ratrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti pris intimiste bien tenu pour faire une histoire contemporaine de l'Afrique du Sud, un pays que le r&#233;alisateur conna&#238;t bien, qui va &#224; rebrousse-poil des id&#233;es re&#231;ues. Mis&#232;re, folie et m&#233;diocrit&#233; de ce monde des &#034;petits blancs&#034; d&#233;rangent et mettent mal &#224; l'aise. On a du mal &#224; rire de leur folie, on a du mal &#224; partager leur souffrance, on n'entre jamais vraiment en empathie avec ces personnages d'Atrides peu glamour. Cet &#034;affreux-sales et m&#233;chants sudaf' &#034; a cependant le m&#233;rite de montrer un milieu jamais montr&#233; au cin&#233;ma et d'y laisser s'exprimer haine, frustration, salet&#233; sans aucune r&#233;mission. Peut-&#234;tre ici, le point de vue du cin&#233;aste zimbabw&#233;en exil&#233; en France a-t-il laiss&#233; &#233;chapper une col&#232;re et un ressentiment tout personnels. Une force suppl&#233;mentaire pour le film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le point de vue de Michael Raeburn : &lt;br class='autobr' /&gt;
retour sur la soci&#233;t&#233; en Afrique du Sud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_270 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/michael_raeburn.jpg' width=&#034;109&#034; height=&#034;150&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Les petits blancs d'Afrique du Sud&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Le film se situe en 1994, au moment des &#233;lections qu'a remport&#233;es Nelson Mandela. Apr&#232;s quatorze ans d'ind&#233;pendance, l'Afrique du Sud est une soci&#233;t&#233; fascinante, multiraciale, o&#249; il a des groupes, diff&#233;rentes tribus africaines (Zoulous, Zwanas etc), les Afrikans, les Afrikaners, des Indiens, quatre ou cinq millions de M&#233;tis, etc. M&#234;me les Blancs sont divis&#233;s, surtout entre les anglo-saxons et les Boers. Les Afrikaner sont des Hollandais qui ont fui les pers&#233;cutions religieuses en Europe, se sont confront&#233;s aux Zoulous, plus tard aux Anglais en arrivant en Afrique et ont gard&#233; de leur exp&#233;rience historique une mentalit&#233; d'assi&#233;g&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une famille m&#233;taphore de l'apartheid&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
On m'a donn&#233; le livre Triomph de Marlene Van Niekerk il y a huit ans en me disant que c'&#233;tait un livre au sujet des &#034;petits Blancs&#034;. J'ai dit : &#034;quoi !? c'est fascinant (ironiquement), on va faire fortune avec &#231;a !&#034;. Cela ne m'attirait pas du tout ! Mais j'ai lu le livre et j'ai d&#233;couvert une chose extraordinaire. C'est l'histoire d'un groupe tr&#232;s marginalis&#233;, incestueux, plein de rage et de frustration car rejet&#233; par leur propre peuple, qui a honte de ces gens pauvre et in&#233;duqu&#233;s. J'ai trouv&#233; l&#224; une m&#233;taphore pour &#233;voquer la fin du monde des Boers, la fin de l'apartheid. Tout est bas&#233; sur l'histoire de cette famille qui n'a rien &#224; voir directement avec l'apartheid, c'est une fable. Mais l'inceste de cette famille, c'est l'inceste de l'apartheid, c'est &#224; dire un secret de famille, un mensonge. Et l'apartheid est bas&#233; sur un mensonge : &#034;les Noirs ne sont bons &#224; rien qu'&#224; porter l'eau et couper le bois !&#034; - voil&#224; la philosophie fondamentale de l'apartheid. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accueil du film en Afrique du Sud&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
C'est perturbant, choquant mais l'accueil du film en Afrique du Sud est tr&#232;s positif. Toute la presse - de toutes les couleurs - est tr&#232;s intrigu&#233;e par ce film. J'&#233;tais content de voir les journalistes sud-africains noirs aimer le film. Ils rient beaucoup. Il y a une certaine distance. Je crois que cela les amuse de voir des Blancs se comporter si mal puisqu'on leur a dit pendant des si&#232;cles que c'&#233;tait eux les sauvages ! Ils sont soulag&#233;s. Dans la communaut&#233; Afrikaans, les lib&#233;raux sont aussi soulag&#233;s qu'on puisse aujourd'hui sortir un film aussi... sauvage mais certains sont tr&#232;s offens&#233;s. Certains sortent de la salle. Les m&#233;tis, un milieu pauvre, violent, se marrent beaucoup. Je ne sais pas si l'humour passe. Je connais de gens qui n'ont pas pu rire. Certains sont choqu&#233;s. L'&#233;crivain du livre, Marlene Van Niekerk, a beaucoup ri en voyant le film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Race et classe en Afrique du Sud&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Il y a deux millions de gens comme ceux du film en Afrique du Sud. Le probl&#232;me de l'avenir de l'Afrique du Sud n'est pas une question de race mais une question de classe. C'est cela qui m'a beaucoup int&#233;ress&#233; : comment la lutte de classe peut &#234;tre cach&#233;e derri&#232;re un racisme. Il y a un peuple pauvre et il y a des gens riches. En Afrique du Sud, il y a une nouvelle classe moyenne noire tr&#232;s riche. Certains sont milliardaires. C'est eux qui sont le plus attaqu&#233;s dans leurs maisons. C'est une soci&#233;t&#233; tr&#232;s violente. C'est le pays au monde o&#249; il y a le plus de vols et viols par jour ! Et la distance entre riches et pauvres est en train d'empirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Centre Cin&#233;matographique Marocain </title>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-">2008</category>


		<description>
&lt;p&gt;Cet entretien avec Abdelhatif Laassadi, membre du Centre Cin&#233;matographique Marocain (CCM) s'est d&#233;roul&#233; &#224; Naples (Italie) au cours du festival I corti dal mondo. Une manifestation cr&#233;&#233;e par Carlo Damasco qui pr&#233;sente chaque ann&#233;e une s&#233;lection de courts-m&#233;trages et documentaires realis&#233;s dans un pays diff&#233;rent. Les organisateurs ont choisi le Maroc pour l'&#233;dition 2008. Les sujets principaux de cet entretien touchent surtout les fonctions du CCM dans le pays et plus en g&#233;n&#233;ral, l'&#233;tat actuel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;BR&gt;
&lt;BR&gt;
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&lt;BR&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet entretien avec Abdelhatif Laassadi, membre du Centre Cin&#233;matographique Marocain (CCM) s'est d&#233;roul&#233; &#224; Naples (Italie) au cours du festival I corti dal mondo. Une manifestation cr&#233;&#233;e par Carlo Damasco qui pr&#233;sente chaque ann&#233;e une s&#233;lection de courts-m&#233;trages et documentaires realis&#233;s dans un pays diff&#233;rent. Les organisateurs ont choisi le Maroc pour l'&#233;dition 2008. Les sujets principaux de cet entretien touchent surtout les fonctions du CCM dans le pays et plus en g&#233;n&#233;ral, l'&#233;tat actuel du cin&#233;ma marocain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel r&#244;le a le CCM dans la diffusion du cin&#233;ma marocain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu nous jouons un r&#244;le de soutien cr&#233;atif depuis la cr&#233;ation d'un fond en 1980 r&#233;serv&#233; &#224; la production nationale. Beaucoup de nos meilleurs cin&#233;astes ont eu la chance d'&#233;tudier dans ce domaine en France bien s&#251;r, mais aussi &#224; Rome comme Suheil Ben Barka ou bien en Pologne : c'est le cas de Mustapha Derkaoui. Vous savez bien qu'une bonne pr&#233;paration est importante mais insuffisante pour tourner un film. Ces derniers temps le soutien annuel du CCM a atteint le chiffre de 60 millions de Dirhams (environ 5,3 millions d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fond du CCM pour chaque production est t-il suffisant pour les frais totales du tournage d'un film ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non bien s&#251;r, mais notre garantie initiale peut bien encourager les autres investisseurs priv&#233;s et publics. Si le cin&#233;ma marocain est maintenant capable de produire une moyenne de douze longs-m&#233;trages et de soixante courts-m&#233;trages par an c'est aussi gr&#226;ce au travail du CCM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme se d&#233;roulent les activit&#233;s du CCM ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un organisme national qui r&#233;gule, r&#233;gimente et l&#233;gif&#232;re pour le secteur. Je vous donne un exemple : personne ne peut tourner au Maroc sans un permis de tournage du CCM. De m&#234;me, les films marocains ont besoin de notre visa d'exportation pour une distribution &#224; l'&#233;tranger. Bref, la r&#233;glementation du secteur est enti&#232;rement de notre comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et en ce qui concerne la promotion des oeuvres produites ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre national, le CCM offre son soutien annuel au Festival de Tanger. Ici, les spectateurs ont la chance de voir une s&#233;lection de films marocains produits pendant l'ann&#233;e. Tandis que les prix r&#233;serv&#233;s au meilleur r&#233;alisateur, film, technicien, com&#233;dien servent &#224; stimuler les professionnels marocains. Dans la m&#234;me ville nous organisons aussi le Festival du Court M&#233;trage M&#233;diterran&#233;en. Le choix du m&#234;me lieu pour ces deux manifestations a &#233;t&#233; toujours profitable puisque Tanger est tr&#232;s proche au continent Europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CCM est aussi membre du cda de la Fondation du Marrakech Film Festival presid&#233;e par Moulay Rachid, fr&#232;re du roi Mohammed VI. Dans le dernier cas le Directeur de notre organisme est charg&#233; de la programmation du MFF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mr. Laassadi quelles sont les diff&#233;rences entre Tanger et Marrakech ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MFF est un showcase priv&#233; o&#249; l'on programme surtout des films internationaux avec pour but d'encourager les investisseurs &#233;trangers &#224; tourner leurs propres productions au Maroc. La qualit&#233; de la lumi&#232;re naturelle, des facilit&#233;s et des techniciens marocains sont s&#251;rement des &#233;l&#233;ments attractifs pour les grands producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le FdT est une manifestion pour nous. Un abri culturel pour nos metteurs en sc&#232;ne qui ont la chance de faire conna&#238;tre leurs films nationalement au cours des six mois qui s'&#233;coulent entre le FdT en d&#233;cembre et le Festival du Court M&#233;trage M&#233;diterran&#233;en r&#233;serv&#233; aux plus jeunes en juin. Depuis quelques temps le FdT a repris sa programmation annuelle comme &#224; son d&#233;but en 1982. Et cel&#224; temoigne que le volume moyen de production de films est en hausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, notre pr&#233;sence s'&#233;tend dans le circuit festivalier national. Le CCM par exemple, contribue aussi &#224; l'organisation du Festival du cin&#233;ma africain de Khouribga, une province mini&#232;re connue pour l'extraction de phosphate situ&#233;e au sud du Maroc. En revanche, cette manifestation est ouverte aussi &#224; toutes les productions de l'Afrique Noire et du Maghreb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que le CCM soutient aussi la promotion du cin&#233;ma marocain &#224; l'&#233;tranger ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre r&#244;le est interm&#233;diaire. Si un festival international consacre une section au cin&#233;ma marocain, nous ferons de notre mieux en contactant les r&#233;alisateurs &#224; l'etranger pour faciliter leur pr&#233;sence dans ces manifestations. De m&#234;me, avec l'autorisation des metteurs en sc&#232;ne, nous pouvons envoyer les copies de leurs oeuvres aux festivals internationaux. Alors que nous sommes toujours pr&#233;sents avec un stand &#224; Cannes, auquel s'appuie parfois le MFF, ce dernier continue d'avoir une visibilit&#233; majeure &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous form&#233; des accords de partenariat avec les autres pays du Maghreb ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;tabli des relations durables dans le domaine de la coproduction avec toute l'industrie cin&#233;matographique arabe. Par exemple avec la Tunisie, les accords concernent autant les r&#233;alisations de films avec des productions priv&#233;es marocaines, que la fourniture de services professionnels pour les films tunisiens. Parfois nous manquons d'ing&#233;nieurs du son ou de directeurs d'images. Dans ce cas, nous sommes tr&#232;s heureux de travailler avec des cadres alg&#233;riens et tunisiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire aussi que les productions africaines confient une part de la post-production et le tirage des copies aux laboratoires du CCM. Les derniers exploits internationaux du cin&#233;ma africain comme Moolaad&#233; (2003) de Sembene Ousmane et Making off (2006) de Nouri Bouzid sont aussi pass&#233;s par nos ateliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est ce qui a chang&#233; dans l'industrie cin&#233;matographique marocaine depuis la fin du colonialisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait encore la p&#233;riode du protectorat fran&#231;ais mais nous avions d&#233;j&#224; &#233;tabli les studios Souissi &#224; Rabat en 1944. Cette date est aussi celle de la cr&#233;ation du CCM. A cette &#233;poque-l&#224;, la plupart des techniciens &#233;taient fran&#231;ais, tandis que les metteurs en sc&#232;ne marocains &#233;taient employ&#233;s seulement dans la r&#233;alisation de courts m&#233;trages institutionnels. Avec l'ind&#233;pendance du pays nous avons affront&#233; le d&#233;part des techniciens fran&#231;ais qui sont retourn&#233;s chez eux. Cela a oblig&#233; le gouvernement &#224; former ses propres cadres &#224; l'&#233;tranger, ce qui explique l'exode massif des cin&#233;astes marocains de premi&#232;re g&#233;n&#233;ration depuis le d&#233;but des ann&#233;es soixante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel r&#233;sultat concret a obtenu le CCM pendant la direction de Ben Barka ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a chang&#233; la formule des soutiens en offrant aussi des fonds de post-production sur le tournage. Il &#233;tait vraiment capable d'encourager les investisseurs priv&#233;s. Le nombre de studios dans le pays a augment&#233; visiblement pendant son mandat qui est termin&#233; symboliquement avec la construction des premi&#232;res salles multiplex dans le pays. S. Ben Barka &#233;tait tout d'abord un cin&#233;aste-producteur, tandis que le directeur actuel, Noureddine Sail a une formation en ressources humaines. Mais les points faibles du cin&#233;ma marocain n'ont pas chang&#233; : le nombre de salles dans le pays est insuffisant pour la moyenne annuelle de longs m&#233;trages r&#233;alis&#233;s au Maroc. De plus, la distribution territoriale des cin&#233;mas est in&#233;gale : presque toutes les salles sont situ&#233;es dans les grande villes comme Rabat, Casablanca et Marrakech.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle influence a eu la censure dans la diffusion de la culture cin&#233;matographique au Maroc ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le protectorat avait aussit&#244;t &#233;tabli une commission de censure. Pendant les ann&#233;es soixante-dix, cet organisme ayant surv&#233;cu &#224; l'ind&#233;pendance, s'occupait surtout de contr&#244;ler la distribution des films &#233;trangers puisque la production nationale &#233;tait encore faible. A pr&#233;sent, la situation est tr&#232;s diff&#233;rente. Par exemple Ben Barka a d&#233;fi&#233; les censeurs du monde arabe en montrant au public du Festival de Tetouan, Al-Mas ?r (1997) un film de Youssef Chahine interdit presque dans tous les pays de la r&#233;gion. Le m&#234;me S. Ben Barka &#233;tait &#233;mu devant un public marocain quand Nourredine Sail a autoris&#233; une s&#233;ance publique de son oeuvre La guerre du petrole n'aura pas lieu interdite en decembre 1975.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Giuseppe Sedia&lt;br class='autobr' /&gt;
11 octobre 2008, Naples (Italie)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Jeunesse en Afrique : DIVIZIONZ</title>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

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		<description>
&lt;p&gt;Fait par des jeunes sur les jeunes, Divizionz du collectif Yes !That's us vient d'Ouganda. Tourn&#233; en quelques jours en DV avec un petit budget dans un quartier populaire de la capitale, ce cin&#233;ma s'auto proclame du guerilla movie. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est un film dont les couleurs claquent, dont le montage pulse, dont la cam&#233;ra bouge, &#224; la fois urbaine, voire suburbaine, et nerveuse. Les h&#233;ros sont une bande de quatre losers qui r&#234;vent d'&#234;tre chanteurs mais qu'on ne voit jamais chanter. Ils sont pris dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fait par des jeunes sur les jeunes, &lt;strong&gt;Divizionz&lt;/strong&gt; du collectif &lt;strong&gt;Yes !That's us&lt;/strong&gt; vient d'Ouganda. Tourn&#233; en quelques jours en DV avec un petit budget dans un quartier populaire de la capitale, ce cin&#233;ma s'auto proclame du guerilla movie.
&lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un film dont les couleurs claquent, dont le montage pulse, dont la cam&#233;ra bouge, &#224; la fois urbaine, voire suburbaine, et nerveuse. Les h&#233;ros sont une bande de quatre losers qui r&#234;vent d'&#234;tre chanteurs mais qu'on ne voit jamais chanter. Ils sont pris dans le quartier. D'apr&#232;s Yves Jezekel, programmateur &#224; Amiens, c'est un mean streets &#224; l'africaine. Le r&#233;alisateur se r&#233;clame &#233;galement d'une r&#233;f&#233;rence comme Cassavetes mais aussi tout le n&#233;o-r&#233;alisme et on devine qu'il a aussi regard&#233; du clip, du film am&#233;ricain. C'est en tout cas un film inspir&#233; par un univers musical, port&#233; par un petit groupe de com&#233;diens. C'est un film qui se d&#233;fie des r&#232;gles sc&#233;naristiques et qui nous embarque dans son univers. D'apr&#232;s le r&#233;alisateur, le film a d&#233;j&#224; rapport&#233; en Ouganda gr&#226;ce aux cin&#233;mas mobiles plus qu'il n'aurait rapport&#233; avec une sortie salle. La jeunesse ougandaise se retrouve dans ce film, classes moyennes comprises. Une jeune pousse &#224; suivre pour un cin&#233;ma totalement d&#233;complex&#233; vis &#224; vis des r&#232;gles, qu'elles soient de l'art ou de la production traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_276 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/donald_mungisha_cn.jpg' width=&#034;145&#034; height=&#034;200&#034; alt=&#034;Donald Mengisha&#034; title=&#034;Donald Mengisha&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerilla cin&#233;ma&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Nous sommes une &#233;quipe de cinq et nous occupons tour &#224; tour tous les postes. Le cam&#233;raman doit avoir une id&#233;e du son, du montage, ce qui permet d'&#234;tre plus efficace. Je tourne en pensant d&#233;j&#224; au montage. Nous tournons rapidement (par exemple 15 jours pour un long m&#233;trage), en num&#233;rique. C'est ce que nous appelons le guerilla cin&#233;ma. &lt;br&gt;
J'ai grandi dans une ferme, je me suis nourri de films, ensuite, j'ai fait des &#233;tudes de communication et de journalisme &#224; l'universit&#233; et cela ne m'a pas plu. J'ai fait des exp&#233;riences, des jobs, et j'ai rencontr&#233; les autres membres de notre collectif Yes ! That's us , qui &#233;taient comme moi. On avait envie d'utiliser les moyens dont on pouvait disposer. &lt;br&gt;
Je suis influenc&#233; par Fellini, le n&#233;o-r&#233;alisme. Nous tournons avec un sc&#233;nario tr&#232;s simple (l'histoire se d&#233;roule sur une journ&#233;e), mais avec beaucoup de libert&#233;. Disons que 70% est &#233;crit, 30% est de l'improvisation, que ce soit dans le jeu, dans le choix du d&#233;coupage, des cadres. L'id&#233;e est de faire un film authentique, il doit d&#233;gager une certaine &#233;nergie. C'est du mouvement, du rythme. D&#232;s l'&#233;criture, on voulait que l'image bouge, que &#231;a ait l'air d'un documentaire. On voulait que &#231;a aille vite. Parce que dans ce quartier, &#231;a va vite, les gens vont vite, ils parlent vite, c'est cette &#233;nergie qu'on voulait transmettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La soci&#233;t&#233; ougandaise&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
En Ouganda, les gens aiment beaucoup le film, parce qu'il examine les gens du ghetto, les minorit&#233;s. Notre premier public a &#233;t&#233; celui des quartiers et ils s'y sont reconnus, ils ont reconnu leur quartier, les situations qu'ils vivent quotidiennement. Les gens des classes moyennes ont aussi aim&#233; le film, parce que c'est un monde qu'ils c&#244;toient de loin mais avec qui ils sont en contact au quotidien (leurs chauffeurs, leurs bonnes viennent de ce milieu), sans avoir vraiment acc&#232;s &#224; ce milieu. C'est un film tr&#232;s important pour les jeunes en Ouganda, c'est un miroir social, en d&#233;passant les pr&#233;jug&#233;s, en montrant la r&#233;alit&#233;. Ils s'y reconnaissent. L'amiti&#233;, l'ambition... La soci&#233;t&#233; ougandaise est contrast&#233;e. D'un c&#244;t&#233;, il y a la grande ville, avec des immeubles, des classes moyennes et tout autour, des ghettos, des bidonvilles, comme on voit dans le film. Et dans nos personnages, tous les jeunes du ghetto peuvent se reconna&#238;tre. Et ces classes populaires sont une majorit&#233;. C'est une minorit&#233; en termes &#233;conomiques et politiques, mais c'est une majorit&#233; par le nombre. Et c'est le cas dans tous les pays d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Deux documentaires sur les p&#232;res : </title>
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&lt;p&gt;Cette g&#233;n&#233;ration &#233;cartel&#233;e et malmen&#233;e par des destins douloureux, une g&#233;n&#233;ration pour qui la politique l'a emport&#233; et qui l'a parfois pay&#233; de sa vie, en tout cas, de sa vie priv&#233;e, certainement, est d&#233;crite &#233;galement par deux documentaristes venues du Maghreb. Dans les deux cas, ce sont des femmes jeunes qui prennent la cam&#233;ra pour interroger la g&#233;n&#233;ration de leurs p&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nadia El Fani, dans Ouled L&#233;nine, fait une merveilleuse d&#233;claration d'amour &#224; son p&#232;re, militant communiste en Tunisie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette g&#233;n&#233;ration &#233;cartel&#233;e et malmen&#233;e par des destins douloureux, une g&#233;n&#233;ration pour qui la politique l'a emport&#233; et qui l'a parfois pay&#233; de sa vie, en tout cas, de sa vie priv&#233;e, certainement, est d&#233;crite &#233;galement par deux documentaristes venues du Maghreb. Dans les deux cas, ce sont des femmes jeunes qui prennent la cam&#233;ra pour interroger la g&#233;n&#233;ration de leurs p&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia El Fani&lt;/strong&gt;, dans &lt;strong&gt;Ouled L&#233;nine&lt;/strong&gt;, fait une merveilleuse d&#233;claration d'amour &#224; son p&#232;re, militant communiste en Tunisie pendant la p&#233;riode des ann&#233;es 60-70. Elle trouve une tr&#232;s juste, tr&#232;s honn&#234;te place pour dresser une analyse de la vie politique tunisienne. Son regard balaie depuis les ann&#233;es trente (36, dit l'une des personnes t&#233;moins), avec la mont&#233;e de la vague communiste, pour d&#233;crypter les relations en Tunisie, notamment dans le milieu &#233;tudiant, entre les id&#233;es communistes et le mouvement ind&#233;pendantiste, vainqueur en 1956, jusqu'&#224; une r&#233;flexion sur l'islamisme en politique, favoris&#233; par le pouvoir dans le cadre de la lutte anti-communiste depuis le milieu des ann&#233;es soixante dix et aujourd'hui ph&#233;nom&#232;ne incontr&#244;lable. Un film brillant, d'une intelligence humaine chaleureuse. Militants et militantes, tr&#232;s bien choisis, passionnants &#224; &#233;couter, sont film&#233;s avec une empathie d&#233;pourvue de na&#239;vet&#233;. Ils brossent par petites touches, une histoire lumineuse de la Tunisie des ann&#233;es d'ind&#233;pendance. C'est un film o&#249; la premi&#232;re personne n'am&#232;ne ni narcissisme, ni nombrilisme, mais au contraire impose le regard port&#233; sur l'autre comme une &#233;vidence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_274 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/lieux_interdits.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;109&#034; alt=&#034;Lieux interdits&#034; title=&#034;Lieux interdits&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire de &lt;strong&gt;Leila Kilani&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Nos lieux interdits&lt;/strong&gt;, plus sombre et plus douloureux, fait &#233;cho &#224; celui, plus solaire, de Nadia El Fani. La r&#233;alisatrice a suivi dans un film d'1h44 la commission pour l'&#233;quit&#233; et la r&#233;conciliation mise en place au Maroc en 2004 par le roi Mohammed VI apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de Hassan II. En effet, au Maroc, durant les ann&#233;es soixante - soixante dix, le gouvernement a tortur&#233; et m&#234;me fait dispara&#238;tre un nombre important d'opposants politique. On retrouve parmi eux beaucoup de militants communistes. L&#224;, comme en Tunisie, on voit qu'a s&#233;vi une importante r&#233;pression anti-communiste. &lt;br&gt;
La r&#233;alisatrice s'est int&#233;ress&#233;e au point de vue des victimes et de leurs familles. On voit donc une &#233;pouse &#233;plor&#233;e, un fils fragile en qu&#234;te d'une s&#233;pulture pour son p&#232;re, des filles ou des ni&#232;ces fatigu&#233;es de vivre dans la peur, de souffrir, ou de voir souffrir leurs p&#232;res. De ne pas comprendre. &lt;br&gt;
Quand ils prennent la parole, les militants pourchass&#233;s par le r&#233;gime sont des hommes bris&#233;s. Bien plus que les militants du film de Nadia El Fani et plus encore que Amberber en Ethiopie. On retient le portrait de cet homme vivant reclus apr&#232;s un long internement psychiatrique et qui passe son temps &#224; dire que sa vie n'a servi &#224; rien. &lt;br&gt;
Le film est habit&#233; par une douleur sans &#233;chappatoire qui finit par rendre le film &#233;touffant, sans espoir. On pourrait aussi reprocher &#224; la cin&#233;aste de ne pas avoir su prendre de recul en restant ainsi toujours en empathie avec les victimes, de ne pas s'&#234;tre vraiment interrog&#233;e sur la signification politique de cette commission de la v&#233;rit&#233;. Cependant, voir ce film avec les autres permet de mieux comprendre &#224; la g&#233;n&#233;ration des jeunes les drames le prix qu'on pay&#233; les p&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeunesse en exil aujourd'hui : GRAINES QUE LA MER EMPORTE - BARCA OU LA MORT&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Le lien Nord-Sud traverse aujourd'hui de mille mani&#232;res la jeunesse africaine. C'est bien s&#251;r le cas des gar&#231;ons s&#233;n&#233;galais de dix ans qu'a film&#233;s &lt;strong&gt;El Hadji Samba Sarr&lt;/strong&gt; dans un documentaire coup de poing et poignant : &lt;strong&gt;Graines que la mer emporte&lt;/strong&gt;. Film&#233; &#224; l'arrache et dans l'urgence aupr&#232;s d'enfants qui eux aussi sont pris dans l'urgence, la col&#232;re, la transgression. Ils sont originaires de la banlieue pauvre de Dakar, leurs parents ont cass&#233; leur tirelire pour leur payer une place sur une pirogue en partance chaque nuit pour l'Espagne (400.000 cfa soit presque l'&#233;quivalent d'un mois de salaire). Ils se retrouvent ensemble en Espagne, dans un centre d'h&#233;bergement. Perdus et esp&#233;rants. Un coup de fil de l'un d'eux &#224; sa m&#232;re nous arrache des larmes et le film entretient la col&#232;re. Pourquoi cela ? Pas de point de vue politique mais un constat dur et violent, par un cin&#233;aste s&#233;n&#233;galais qui filme sans compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son film dialogue avec celui d'&lt;strong&gt;Idrissa Guiro&lt;/strong&gt;, cin&#233;aste franco-s&#233;n&#233;galais, &lt;strong&gt;Bar&#231;a ou la mort&lt;/strong&gt; (dont Clap Noir a d&#233;j&#224; parl&#233;) qui &#233;voque de mani&#232;re plus construite, plus po&#233;tique et peut-&#234;tre plus insistante d'un point de vue africain le r&#234;ve s&#233;n&#233;galais du voyage en pirogue vers l'Espagne et les drames que cela engendre. Derri&#232;re ces deux films, on trouve la mis&#232;re dans des familles de p&#234;cheurs o&#249; les jeunes gar&#231;ons, les jeunes hommes, se voient quasiment structurellement condamn&#233;s &#224; l'exil. Deux films &#224; voir pour comprendre la probl&#233;matique de l'immigration clandestine, du point de vue de ceux qui partent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse, elle est ici, elle est ailleurs. Le festival voit &#233;merger des cin&#233;astes jeunes qui filment une jeunesse qui dialogue avec leur exp&#233;rience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_275 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/chez_moi_ou_ailleurs.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;109&#034; alt=&#034;Chez moi ou ailleurs&#034; title=&#034;Chez moi ou ailleurs&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jeunesse en France&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Angela Terrail&lt;/strong&gt;, dans un joli court-m&#233;trage documentaire art-et-essai &lt;strong&gt;Chez moi ou ailleurs&lt;/strong&gt;, dans lequel le d&#233;calage entre une image d&#233;pouill&#233;e et des entretiens en voix off renforcent l'intensit&#233; des t&#233;moignages, a rencontr&#233; quelques jeunes filles d'origine malienne ou s&#233;n&#233;galaise vivant en France et les a interrog&#233;es, sans pathos et loin des clich&#233;s sur leur quotidien, leur vision du monde, l'image qu'elles ont de la France, l'image qu'elles ont de l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djamel Zaoui&lt;/strong&gt;, dans son &lt;strong&gt;ABCdaire du jeune lascar p&#233;riph&#233;rique&lt;/strong&gt;, a film&#233; avec peu de moyens, une petite &#233;quipe de com&#233;diens, quelques images d'archives, beaucoup d'&#233;nergie et d'inventivit&#233;, de l'humour et de la pertinence une r&#233;flexion ludique sur les clich&#233;s qui circulent sur le th&#232;me des banlieues et des enfants de parents immigr&#233;s, &#224; la mani&#232;re du dictionnaire des id&#233;es re&#231;ues de Flaubert. Darons - Cit&#233; - Karcher - Faci&#232;s - Gal&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Cin&#233;mas d'Afrique : Une g&#233;n&#233;ration salue, une autre fait son entr&#233;e</title>
		<link>https://www.clapnoir.org/cinemas-d-afrique-une-generation-salue-une-autre-fait-son-entree</link>
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		<dc:date>2009-02-08T16:03:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-">2008</category>


		<description>
&lt;p&gt;Du 7 au 16 novembre 2008, au festival d'Amiens - comme &#224; Cannes -, on croise un cin&#233;aste ougandais, une cin&#233;aste iranienne, on voit des images d'Am&#233;rique Latine, d'Afrique ou encore des r&#233;trospectives de films fran&#231;ais ou am&#233;ricains. Le soir, les salles de la maison de la culture ne d&#233;semplissent pas. Les habitants d'Amiens croisent les festivaliers dans une ambiance riche et stimulante. Les d&#233;bats suivant les projections sont l'occasion de r&#233;fl&#233;chir ensemble. &lt;br class='autobr' /&gt;
Traditionnellement d&#233;di&#233; en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du 7 au 16 novembre 2008, au festival d'Amiens - comme &#224; Cannes -, on croise un cin&#233;aste ougandais, une cin&#233;aste iranienne, on voit des images d'Am&#233;rique Latine, d'Afrique ou encore des r&#233;trospectives de films fran&#231;ais ou am&#233;ricains. Le soir, les salles de la maison de la culture ne d&#233;semplissent pas. Les habitants d'Amiens croisent les festivaliers dans une ambiance riche et stimulante. Les d&#233;bats suivant les projections sont l'occasion de r&#233;fl&#233;chir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traditionnellement d&#233;di&#233; en particulier aux cin&#233;matographies africaines depuis sa cr&#233;ation, le festival d'Amiens se veut une vitrine des cin&#233;matographies du Sud, un Sud qui ne se contente plus d'&#234;tre de l'autre c&#244;t&#233; de la m&#233;diterran&#233;e, mais qui va de l'Asie &#224; l'Am&#233;rique Latine. &lt;br&gt;
Afrique noire et Maghreb sont donc toujours repr&#233;sent&#233;s &#224; Amiens, m&#234;me si les projets se font plus rares, dans un contexte de rar&#233;faction des aides (disparition effective du Fonds Images Afrique, resserrement des aides venues du Fonds Sud) jusqu'alors porteuses de la cin&#233;matographie africaine. Les temps sont durs : invit&#233;e par le festival pour pitcher son projet de long m&#233;trage, &lt;strong&gt;Le b&#233;lier&lt;/strong&gt;, la r&#233;alisatrice s&#233;n&#233;galaise &lt;strong&gt;Khady Sylla&lt;/strong&gt; n'a pas obtenu son visa. &lt;br&gt;
Face &#224; ce d&#233;sengagement plus ou moins assum&#233; par les responsables du Minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res fran&#231;ais, qui parlent d' &#034;ouverture&#034; et insistent sur l'essor des formes de production ind&#233;pendantes li&#233;es &#224; l'usage de moyens de production num&#233;riques (nous en verrons quelques exemples, en particulier &lt;strong&gt;Divizionz&lt;/strong&gt; d'un collectif &lt;strong&gt;yes thats us !&lt;/strong&gt; ougandais, avec &lt;strong&gt;Donald Mugisha&lt;/strong&gt;), le Centre National de la Cin&#233;matographie marocain renforce quant &#224; lui son influence en termes de production, post-production et m&#234;me soutien &#224; l'&#233;criture. Au Fonds d'aide au d&#233;veloppement, sur cinq bourses (de 7.500 euros) attribu&#233;es &#224; des projets de long m&#233;trages, outre deux projets situ&#233;s en Am&#233;rique Latine, deux projets soutenus sont ceux de jeunes r&#233;alisateurs marocains, &lt;strong&gt;Hassan Legzouli&lt;/strong&gt; pour &lt;strong&gt;Dieu reconna&#238;tra les siens&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Hicham Falah&lt;/strong&gt; pour &lt;strong&gt;La mutation&lt;/strong&gt; (voir les r&#233;sultats complets du fonds d'aide au d&#233;veloppement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s&#233;lection officielle, trois longs m&#233;trages africains ont concurru sur quatorze, et deux court-m&#233;trages, dont l'un, &lt;strong&gt;Subira&lt;/strong&gt; de la Kenyane &lt;strong&gt;Ravneet Sippy Chadhah&lt;/strong&gt;, aid&#233; par l'Unesco, mention sp&#233;ciale du jury pour le court-m&#233;trage et prix cin&#233;courts, nous conte le drame de la condition des filles en islam int&#233;griste. C'est peu, mais cela donne un reflet assez pr&#233;cis des changements structurels en cours. On voit d'une part une g&#233;n&#233;ration, celle qui a travers&#233; les chamboulements politiques et &#233;conomiques des ann&#233;es soixante dix, revenir sur le tard sur les drames de cette &#233;poque. C'est ce que fait brillamment &lt;strong&gt;Hail&#233; G&#233;rima&lt;/strong&gt;, cin&#233;aste &#233;thiopien majeur vivant aux Etats Unis dans le bouleversant Teza (la ros&#233;e). C'est d'ailleurs ce film qui obtient &lt;strong&gt;la licorne d'or, grand prix du long m&#233;trage pour cette ann&#233;e 2008&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;voir en annexe le palmar&#232;s complet)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, on voit &#233;merger une jeune g&#233;n&#233;ration de cin&#233;astes, ni vraiment africains, ni vraiment europ&#233;ens, mais nourris d'une culture riche, et qui font de la jeunesse l'objet de leurs interrogations, en &#233;cho &#224; leur propre exp&#233;rience. Ce sont aussi des jeunes cin&#233;astes documentaristes, en particulier des femmes, comme &lt;strong&gt;Nadia El Fani&lt;/strong&gt; en Tunisie avec &lt;strong&gt;Ouled L&#233;nine&lt;/strong&gt;, ou &lt;strong&gt;Leila Kilani&lt;/strong&gt; au Maroc avec &lt;strong&gt;Nos lieux interdits&lt;/strong&gt;, ou encore &lt;strong&gt;Fabienne Kanor&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Emmanuelle Bidou&lt;/strong&gt; qui s'int&#233;ressent aux Antillais &#034;exil&#233;s&#034; en m&#233;tropole dans &lt;strong&gt;Jamb&#233; Dlo&lt;/strong&gt;, qui interrogent aujourd'hui la g&#233;n&#233;ration des p&#232;res sur leur jeunesse et leurs engagements dans les ann&#233;es soixante - soixante dix et commencent ainsi &#224; tisser, elles aussi, une histoire de l'Afrique d'apr&#232;s les ind&#233;pendances. Sans militantisme, mais avec une grande intelligence des &#233;v&#233;nements et des drames qu'ont travers&#233; les p&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cheick Doukour&#233; et les Africains en exil dans les ann&#233;es soixante dix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_271 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/c_doukoure_amiens08.jpg' width=&#034;109&#034; height=&#034;150&#034; alt=&#034;&#169; Fran&#231;ois Girodon&#034; title=&#034;&#169; Fran&#231;ois Girodon&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#232;res, ce sont aussi ceux qui ont immigr&#233; dans les ann&#233;es soixante - soixante-dix et qui ont v&#233;cu seuls, en France, par exemple, dans des conditions dont peu de cin&#233;astes ont parl&#233;. Le festival d'Amiens rend cette ann&#233;e un hommage &#224; &lt;strong&gt;Cheikh Doukour&#233;&lt;/strong&gt;, qui v&#233;cut en grande partie en France et fut tour &#224; tour com&#233;dien, sc&#233;nariste et cin&#233;aste. Il est cette ann&#233;e, comme Claude Chabrol dg Mark Rydell, laur&#233;at d'une &lt;strong&gt;licorne d'or&lt;/strong&gt; pour l'ensemble de son oeuvre. Son engagement dans le cin&#233;ma fut important pour parler de cette posture de l'Africain immigr&#233;, &#224; une &#233;poque o&#249; le regroupement familial n'existait pas, o&#249; le satellite ne donnait pas des images du monde dans le monde, o&#249; les seuls jobs que les Africains pouvaient faire en France &#233;taient... &#233;boueurs. Dans le tr&#232;s joli film r&#233;alis&#233; par &lt;strong&gt;Sarah Maldoror&lt;/strong&gt; en 1980 pour Antenne 2, &lt;strong&gt;Un dessert pour Constance&lt;/strong&gt;, avec un traitement plein d'humour, de po&#233;sie et de jazz, Cheikh Doukour&#233; incarne, en compagnie de son alter ego &lt;strong&gt;Sidiki Bakaba&lt;/strong&gt;, un &#233;boueur africain qui se passionne pour la cuisine fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut aussi red&#233;couvrir le film &lt;strong&gt;Bako, l'autre rive&lt;/strong&gt;, r&#233;alis&#233; par Jacques Champreux sur un sc&#233;nario du Guin&#233;en qui raconte le voyage entre Afrique Noire et France d'un groupe d'immigr&#233;s clandestins. La violence, la duret&#233; et la violence de ce voyage d&#233;crit en 1978, n'a h&#233;las pas pris une ride aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon&lt;br class='autobr' /&gt;
Novembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir le palmar&#232;s et les r&#233;sultats complets du 13e Fonds d'aide au d&#233;veloppement du sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_273 spip_documents spip_documents_left' style='width:120px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href='https://www.clapnoir.org/IMG/pdf/PALMARES_DU_28_FESTIVAL_AMIENS_2008.pdf' title='PDF - 19.8&#160;kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.clapnoir.org/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1773139014' width='64' height='64' alt='PDF - 19.8&#160;kio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>TEZA et la g&#233;n&#233;ration des ann&#233;es soixante - soixante dix</title>
		<link>https://www.clapnoir.org/teza-et-la-generation-des-annees-soixante-soixante-dix</link>
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		<dc:date>2009-02-08T15:58:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-">2008</category>


		<description>
&lt;p&gt;Comment oublier Sankofa (1993), et le regard &#224; la fois &#233;pique, humaniste et lyrique que portait le cin&#233;aste &#233;thiopien Hail&#233; Gerima sur le drame de l'esclavage ? Il a fallu quatorze ans &#224; Hail&#233; Gerima pour r&#233;unir l'argent pour faire Teza (la ros&#233;e), qui raconte l'amertume de l'exil pour la g&#233;n&#233;ration des &#233;lites intellectuelles africaines des ann&#233;es soixante - soixante dix. Le film n'est pas encore sorti en Ethiopie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Amberber fut un jeune homme ardent, &#233;l&#233;gant, ambitieux. Etudiant en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment oublier &lt;strong&gt;Sankofa&lt;/strong&gt; (1993), et le regard &#224; la fois &#233;pique, humaniste et lyrique que portait le cin&#233;aste &#233;thiopien Hail&#233; Gerima sur le drame de l'esclavage ? Il a fallu quatorze ans &#224; &lt;strong&gt;Hail&#233; Gerima&lt;/strong&gt; pour r&#233;unir l'argent pour faire Teza (la ros&#233;e), qui raconte l'amertume de l'exil pour la g&#233;n&#233;ration des &#233;lites intellectuelles africaines des ann&#233;es soixante - soixante dix. Le film n'est pas encore sorti en Ethiopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amberber fut un jeune homme ardent, &#233;l&#233;gant, ambitieux. Etudiant en m&#233;decine en Allemagne, dans les ann&#233;es soixante dix, il r&#234;ve d'un monde meilleur pour l'Ethiopie et y retourne pour exercer la m&#233;decine, prenant le risque de couper des liens personnels tiss&#233;s en Allemagne. Mais l&#224;, c'est le drame, il est victime du r&#233;gime de Mengistu, qui fait une traque impitoyable aux intellectuels pass&#233;s par l'Europe. De retour en Allemagne, moralement bris&#233;, il est victime du racisme et &#233;choue finalement dans son village, le corps en lambeaux et le moral d&#233;moli, o&#249; il tente de retrouver le go&#251;t de la vie dans un pays qu'il a du mal &#224; reconna&#238;tre. C'est pr&#232;s d'une jeune villageoise qu'il trouvera l'amour et le r&#233;confort. Le film est construit sous la forme de flash-backs qui s'ancrent dans ces images de retour au pays natal, comme l'aurait dit Aim&#233; C&#233;saire, d&#233;c&#233;d&#233; l'an dernier, &#233;galement &#224; l'honneur &#224; Amiens avec deux portraits r&#233;alis&#233;s par la cin&#233;aste &lt;strong&gt;Sarah Maldoror&lt;/strong&gt; (dont nous avons d&#233;couvert un fort joli film, &#224; suivre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;alisateur de Sankofa n'a pas perdu son souffle lyrique et nous plonge une fois de plus dans l'&#226;me de ses personnages. Ce h&#233;ros douloureux et fragile, magnifiquement interpr&#233;t&#233; par Aaron Af&#233;r&#233; nous fait entrer dans ce drame personnel qui recouvre celui de toute une g&#233;n&#233;ration d'intellectuels. Pour ces &#233;lites sabord&#233;es, il a fallu choisir entre l'exil et l'abandon des racines ou le retour dans des pays o&#249; les gouvernements se sont acharn&#233;s &#224; les briser, soit par la corruption, soit par le harc&#232;lement politique, comme le film le montre avec une &#233;vidente cruaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film ose &#233;galement aborder la vie des &#233;tudiants africains en Allemagne durant cette p&#233;riode et la question de la filiation. Le mariage mixte se solde par une rupture. Amberber, ambigu dans sa virilit&#233;, rompt avec une femme qui porte un enfant de lui sans qu'il le sache. O&#249; faire un enfant ? Avec qui ? Une Allemande ou une &#233;thiopienne ? Voyons le film pour savoir quelle morale le cin&#233;aste exil&#233; va donner &#224; l'histoire d'Amberber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_272 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.clapnoir.org/IMG/jpg/haile_gerima_amien_cn.jpg' width=&#034;145&#034; height=&#034;200&#034; alt=&#034;Hail&#233; Gerima&#034; title=&#034;Hail&#233; Gerima&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La tradition, le village&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon p&#232;re est conteur, mon grand-p&#232;re est conteur, ma m&#232;re est conteuse, j'ai grandi au coin du feu en &#233;coutant des contes. Je fais partie de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration qui a connu l'&#233;lectricit&#233;, par exemple. Et l'une de mes pr&#233;occupations en tant que cin&#233;aste est de parler de la culture que j'ai connue enfant. Le cin&#233;ma que j'ai envie de faire, ma vision du monde, est en partie le produit de ce que j'ai v&#233;cu enfant. Un exemple. Dans le film, &#224; la fin, on voit un enfant dans un champ de fleurs jaunes, faisant des cercles. En Ethiopie, nous faisons des cercles (par exemple dans la mani&#232;re dont nous fabriquons le pain), de mani&#232;re spirituelle. Le cercle repr&#233;sente symboliquement la renaissance, de la nouvelle ann&#233;e, par exemple. Quand cette fleur jaune arrive en Ethiopie, on sait que la nouvelle ann&#233;e va arriver. Les jeunes, &#224; Addis Abeba, ne connaissent plus forc&#233;ment cela, mais je tiens &#224; transmettre cette symbolique que j'ai h&#233;rit&#233;e de ma grand-m&#232;re. Le village, dans le film, est inspir&#233; du c&#244;t&#233; paternel de ma famille. Quand je r&#233;alise mon film, la famille au village donne des conseils sur ce qu'il faut montrer, c'est presque comme si le village co-r&#233;alisait le film ! On a donc un pied dans la tradition et un pied dans une apparence de modernit&#233;, c'est une position un peu schizophr&#232;ne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sc&#233;nario et r&#233;alisation&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Il m'a fallu quatorze ans pour r&#233;unir le financement pour faire ce film. Donc, je r&#233;&#233;cris, je retravaille le sc&#233;nario. C'est le pouvoir que j'ai ! Et ce travail de cr&#233;ation se poursuit jusqu'au moment o&#249; on termine le film. Certains producteurs - des marchands - veulent que le sc&#233;nario soit r&#233;alis&#233; de mani&#232;re pr&#233;cise, clinique, sans cr&#233;ativit&#233;. Pour moi, le script n'est qu'une plateforme pour s'&#233;lancer vers la r&#233;alisation. Personnellement, le cin&#233;ma m'int&#233;resse aussi beaucoup quand j'entre en montage. Je transforme mon sc&#233;nario et mon film m'influence aussi personnellement. Le film continue &#224; grandir. Le montage est aussi une &#233;tape tr&#232;s cr&#233;ative pour moi. Le montage me prend g&#233;n&#233;ralement une ann&#233;e. Et l'arriv&#233;e du montage num&#233;rique a apport&#233; beaucoup de cr&#233;ativit&#233; dans le travail de montage. C'est devenu un processus organique. On ne se contente plus de couper, on continue d'&#234;tre dans le processus cr&#233;atif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La tradition exil&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En Ethiopie, nous avons deux mani&#232;res de raconter notre histoire. Dans l'une, traditionnelle, nous sommes les descendants du dragon. Mais cette histoire a &#233;t&#233; occult&#233;e par l'&#233;glise chr&#233;tienne orthodoxe, qui a censur&#233; cette l&#233;gende et l'a rel&#233;gu&#233;e au rang de m&#233;taphore primitive. Mon p&#232;re &#233;tait pr&#234;tre. Durant sa formation, on lui a parl&#233; de la l&#233;gende du dragon en lui demandant de ne jamais en parler. Dans le film, je n'ai pas r&#233;ussi &#224; obtenir d'un vrai pr&#234;tre qu'il parle de la l&#233;gende du dragon ! J'ai d&#251; prendre un com&#233;dien. En Afrique, une bonne partie de la confusion vient de la confiscation de nos mythes traditionnels par les religions chr&#233;tiennes, qu'elles soient locales ou qu'elles soient celles des missionnaires. Nous avons en quelque sorte exil&#233; notre propre tradition spirituelle. Le christianisme ou l'islam se construisent sur la n&#233;gation des traditions, ils refusent de les utiliser comme fondement. De la m&#234;me fa&#231;on, dans la vision marxiste, m&#234;me si elle a eu ses h&#233;ros, de H&#244; Chi Minh &#224; Mao, la tradition a &#233;t&#233; mise &#224; l'&#233;cart, sans que les contextes particuliers soient pris en compte. Et cela a &#233;t&#233; un d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le socialisme en Ethiopie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le socialisme &#224; l'albanaise en Ethiopie dont parle le film a &#233;t&#233; une r&#233;alit&#233;. J'ai pris l'information qui est mentionn&#233;e dans le film sur la BBC. J'y ai juste ajout&#233; un accent n&#233;o-z&#233;landais pour fictionner. C'est toujours cette confusion dont je parle : l'oppression cr&#233;e des monstres. Je ne condamne pas le socialisme, ou les id&#233;es de gauche, l'Afrique doit apprendre &#224; se conna&#238;tre, &#224; prendre des id&#233;es ailleurs, mais si le propos du socialisme consiste &#224; priver le pays de son identit&#233; sociale et culturelle, c'est ravageur, c'est... !&lt;br&gt;
En Afrique, quel que soit le pays, du nord au sud, le capitalisme est obsc&#232;ne et de m&#234;me, un r&#233;gime marxiste semblera artificiel. En Europe, le socialisme a des bases organiques, li&#233;es aux structures de classe etc. Le socialisme ne se marie pas avec la f&#233;odalit&#233;. Leur rencontre est forc&#233;ment explosive, comme cela a &#233;t&#233; le cas en Ethiopie. C'est pourquoi le capitalisme est obsc&#232;ne en Afrique, tout simplement parce qu'il ne correspond pas &#224; une r&#233;alit&#233; organique. Je n'entre pas dans une querelle politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;aste en exil&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma g&#233;n&#233;ration, qui est celle des ann&#233;es soixante dix, jusqu'&#224; disons, la chute du mur de Berlin en 1989 - nos barricades !-, a &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; quitter le pays, pour venir &#233;tudier en Europe. A l'&#233;poque, le but &#233;tait tr&#232;s simple : comme Prom&#233;th&#233;e, rapporter la lumi&#232;re, le feu, la modernit&#233;, le vaudou de l'Europe ou de l'Am&#233;rique, pour transformer le pays. Aujourd'hui, le voyage, pour les intellectuels africains, est devenu plus compliqu&#233;, lorsqu'on regarde les circonstances historiques. Aujourd'hui, il n'est pas possible de revenir au pays dans les conditions dans lesquelles on souhaitait revenir. Amberber, par exemple dans mon film, a des principes, c'est un homme qui croit &#224; l'int&#233;grit&#233;. Mais quand il rentre dans son pays, ces codes n'ont plus cours et il ne peut plus y vivre. Il se retrouve d&#233;plac&#233; : ni en Afrique, ni en Europe. Pourquoi les pays d'Europe ou d'Am&#233;rique m&#232;nent-ils des campagnes politiques contre la pr&#233;sence des &#233;trangers ? Admettons qu'en tant qu'adulte, j'en prenne mon parti, mais que diront mes enfants, si je reste en Europe ou en Am&#233;rique ? Nous nous sommes install&#233;s, en Europe ou aux Etats Unis, avec nos enfants, dans une soci&#233;t&#233; qui ne veut pas vraiment de nous et nos enfants en souffrent d&#232;s l'enfance. Et dans notre propre pays, on ne veut pas non plus de nous ! Alors, je n'ai plus de lieu ! Je suis compl&#232;tement nomade... Et je voulais, avec honn&#234;tet&#233;, faire un film &#224; propos de tout cela. Voil&#224; ce que je ressens. Je suis sans lieu, sans attaches. Et m&#234;me en tant que cin&#233;aste, pourquoi faut-il que je supplie l'Europe de financer mes films !? Comment se fait-il que dans mon propre pays, il n'y ait pas une volont&#233; politique et des infrastructures qui me permettraient simplement d'y mener ma carri&#232;re de cin&#233;aste ?!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon&lt;br class='autobr' /&gt;
Novembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.clapnoir.org/article265' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fiche du film Teza&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Perdu dans les m&#233;taphores</title>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

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&lt;p&gt;Dernier maquis, c'est une promesse qui d&#233;&#231;oit. Le film annonce d'embl&#233;e la couleur : le rouge, celui de la col&#232;re, celui de la r&#233;volution, mais c'est aussi un film avec beaucoup de vert, celui de l'islam, celui de la nature luxuriante qui voisine avec le monde industriel dans une r&#233;gion fran&#231;aise. D&#232;s les premi&#232;res s&#233;quences, une &#233;criture filmique s&#251;re de ses images et de ses partis pris impose son &#233;l&#233;gance, sa profondeur, son rythme. Le r&#233;alisme social rejoint la contemplation. On se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dernier maquis, c'est une promesse qui d&#233;&#231;oit. Le film annonce d'embl&#233;e la couleur : le rouge, celui de la col&#232;re, celui de la r&#233;volution, mais c'est aussi un film avec beaucoup de vert, celui de l'islam, celui de la nature luxuriante qui voisine avec le monde industriel dans une r&#233;gion fran&#231;aise. D&#232;s les premi&#232;res s&#233;quences, une &#233;criture filmique s&#251;re de ses images et de ses partis pris impose son &#233;l&#233;gance, sa profondeur, son rythme. Le r&#233;alisme social rejoint la contemplation. On se croirait au d&#233;but d'un film de Ken Loach, o&#249; l'on va nous parler sans fards des ouvriers, ici, des ouvriers immigr&#233;s. C'est l'histoire de l'ouverture d'une mosqu&#233;e par le patron d'un gros garage, en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entrons dans un film qui parle du monde du travail, avec rudesse, virilit&#233;. Il n'y a pas de femme dans ce film et les hommes sont montr&#233;s sur leur lieu de travail, pas &#224; la maison. Le choix est fort et assum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce une com&#233;die, comme peut le laisser croire les premi&#232;res s&#233;quences, o&#249; l'on assiste aux m&#233;saventures spirituelles d'un jeune converti na&#239;f, qui interroge d'abord un vieil ouvrier lettr&#233; du Coran (qui s'av&#232;rera &#234;tre l'Imam choisi par le patron) sur les conditions pour devenir... un Imam. Pas vraiment. Car l'histoire de la mosqu&#233;e est film&#233;e avec beaucoup de s&#233;rieux et la piste de la com&#233;die est tr&#232;s vite abandonn&#233;e, la mosqu&#233;e n'occupant pas toute la narration. D&#232;s ce moment, l'enjeu du r&#233;cit est perdu et l'on comprend que le sc&#233;nario p&#234;che par sa fragilit&#233; et les h&#233;sitations de ses intentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous ces beaux personnages camp&#233;s d&#232;s les premi&#232;res s&#233;quences, ouvriers beurs, alg&#233;riens ou maliens, aucun ne parvient vraiment &#224; devenir un personnage de cin&#233;ma. Le personnage le plus int&#233;ressant est celui qui se r&#233;v&#232;le progressivement comme le vrai protagoniste : le patron du garage. Jou&#233; avec finesse par Rabah Ameur-Za&#239;meche lui-m&#234;me (qui met ici en abyme son r&#244;le de r&#233;alisateur), il est camp&#233; dans ses contradictions. C'est malheureusement le seul personnage qui s'offre le luxe d'avoir une complexit&#233;. Musulman, c'est lui qui finance l'ouverture d'une mosqu&#233;e, dans le but assum&#233; de mieux contr&#244;ler ses &#233;quipes, comme il le dit &#224; l'imam dans une s&#233;quence tr&#232;s frappante de franchise. Il est montr&#233; &#224; plusieurs reprises comme celui qui exploite, notamment lors des n&#233;gociations sur les salaires. C'est en m&#234;me temps celui qui annonce la fermeture de l'entreprise aux &#233;quipes et qui va se heurter &#224; une gr&#232;ve qui finira mal pour sa personne. Par ailleurs, il aime la nature, les animaux, il a sourire sympa, il est jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un film qui se d&#233;fie de toute psychologie et les &#233;v&#233;nements peinent &#224; s'encha&#238;ner pour former un vrai r&#233;cit. On oublie la mosqu&#233;e au bout d'une demi-heure. Celui que l'on prenait pour le personnage principal (qui aurait tr&#232;s bien pu &#234;tre un anti-h&#233;ros de com&#233;die), le jeune converti qui se taillade le sexe en voulant s'auto-circoncire (...), dispara&#238;t assez vite de la narration sans que la probl&#233;matique de son personnage soit pouss&#233;e au bout, qu'il ait une chance d'&#233;voluer. La fermeture de l'entreprise est &#224; peine pr&#233;par&#233;e : elle tombe comme un deus ex machina. On y croit &#224; peine. Enfin, la derni&#232;re partie du film peine &#224; faire exister la gr&#232;ve, le mouvement social. On sent ici la difficult&#233; de se constituer en collectif. Elle est bien analys&#233;e, mais sans donner une chance &#224; la situation de nous surprendre, d'&#233;voluer. On voit assez vite deux groupes se constituer : les manoeuvres, essentiellement d'Afrique Noire, ne veulent pas faire gr&#232;ve, tandis que les m&#233;canos, pour la plupart des fran&#231;ais d'origine maghr&#233;bine, exactement comme le patron, d&#233;cident de lutter. Ils le font de mani&#232;re maladroite. Le conflit semble exp&#233;di&#233; en peu de temps et termine dans la violence. La fin tourne court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis... on a envie de s'interroger sur l'incursion d'un gros rat au milieu du film. Il est d&#233;couvert dans une fosse au milieu du garage par les m&#233;canos, qui prennent peur, jouent avec lui et appelle le patron qui leur dit que ce n'est pas un &#034;rat&#034; ni un &#034;raton laveur&#034; am&#233;ricain mais un &#034;ragondin&#034;. Il trouve qu'il a un beau poil et explique que c'est pour cela qu'on les importe en France. Passons sur la m&#233;taphore sugg&#233;r&#233;e, le rat, &#233;norme, prend un moment une importance plus qu'anecdotique. L'un des ouvriers se charge ensuite de le ramener dans la nature. On ne voit pas sa capture dans le film. Mais on se demande ce qu'apporte l'histoire du rat &#224; toute cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les &#233;l&#233;ments d'un bon film social sont pourtant l&#224; : l'aspect visuel, la pr&#233;sence d'un vrai univers (on sent que le r&#233;alisateur sait de quoi il parle), l'amorce de beaux personnages, malheureusement pas assez assum&#233;s comme v&#233;ritables personnages. Mais on ne va pas au bout des promesses pos&#233;es, essentiellement parce que le sc&#233;nario n'est pas abouti et se contente de juxtaposer des situations, pas de nous emmener dans une v&#233;ritable histoire. Ainsi, l'&#233;motion n'est pas assez pr&#233;sente, le spectateur se sent un peu perdu. Perdu dans les m&#233;taphores.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon&lt;br class='autobr' /&gt;
Octobre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.clapnoir.org/dernier-maquis-adhen' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fiche du film Dernier maquis&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Venir &#224; Amiens pour l'Afrique</title>
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		<dc:date>2008-10-26T15:24:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Clap Noir France</dc:creator>

<category domain="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-">2008</category>


		<description>
&lt;p&gt;Venir &#224; Amiens pour l'Afrique fait sens cette ann&#233;e, malgr&#233; les difficult&#233;s que rencontre la production : &#034;Les cartes sont en train de se redistribuer sur le continent en termes de production, de films. Cela concerne l'esth&#233;tique des films et relation avec leur &#233;conomie.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
On commencera par l'hommage rendu par le festival au com&#233;dien-sc&#233;nariste-cin&#233;aste Cheikh Doukour&#233;, dont les films seront programm&#233;s, avec un coup de coeur de la programmation pour le film de Sarah Maldoror, &#233;galement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.clapnoir.org/-rubrique20-" rel="directory"&gt;2008&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Venir &#224; Amiens pour l'Afrique fait sens cette ann&#233;e, malgr&#233; les difficult&#233;s que rencontre la production : &#034;&lt;i&gt;Les cartes sont en train de se redistribuer sur le continent en termes de production, de films. Cela concerne l'esth&#233;tique des films et relation avec leur &#233;conomie&lt;/i&gt;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commencera par l'hommage rendu par le festival au com&#233;dien-sc&#233;nariste-cin&#233;aste &lt;strong&gt;Cheikh Doukour&#233;&lt;/strong&gt;, dont les films seront programm&#233;s, avec un coup de coeur de la programmation pour le film de Sarah Maldoror, &#233;galement invit&#233;e du festival, &#034;&lt;strong&gt;un dessert pour Constance&lt;/strong&gt;&#034;, &#224; (re)d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production cin&#233;matographique 2008 n'est pas pl&#233;thorique. Mais les choses bouillonnent, des choses se pr&#233;parent et de nouvelles &#233;critures s'inventent. Cette ann&#233;e, le fonds d'aide au d&#233;veloppement du festival a pr&#233;s&#233;lectionn&#233; les projets de cin&#233;astes femmes, &#224; suivre... Trois longs m&#233;trages africains seront en comp&#233;tition &#224; Amiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux d'entre eux sont sign&#233;s de r&#233;alisateurs confirm&#233;es, T&lt;strong&gt;riomph&lt;/strong&gt; de Mickael Raeburn, sur les milieu des Afrikans, les &#034;petits blancs&#034; d'Afrique du Sud, sur la survivance des relations li&#233;es &#224; l'apartheid et &lt;strong&gt;Teza&lt;/strong&gt;, du cin&#233;aste &#233;thiopien vivant aux Etats Unis, Hail&#233; Gerima, l'histoire d'un &#233;thiopien form&#233; en Allemagne qui red&#233;couvre son pays sous la dictature, apr&#232;s le renversement d'Hail&#233; S&#233;lassi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces films ambitieux s'ajoute un long m&#233;trage venu d'un collectif jeunes cin&#233;astes ougandais (Yes ! that's us) travaillant &#224; petit budget avec la cam&#233;ra num&#233;rique en &#034;gu&#233;rilla cin&#233;ma&#034; : &lt;strong&gt;Divizionz&lt;/strong&gt;. Un film en prise directe avec la vie dans les quartiers, proche du cin&#233;ma du r&#233;el, qui apporte un souffle jeune au cin&#233;ma africain d'apr&#232;s Jean-Pierre Garcia, qui est heureux de d&#233;fendre cette tendance &#224; Amiens et contribue &#224; la recherche de films en dehors des sentiers battus. &#034;Je pr&#233;f&#232;re les asp&#233;rit&#233;s de ce cin&#233;ma &#224; des films trop lisses, trop l&#233;ch&#233;s, m&#234;me si leur propos est progressiste et int&#233;ressant.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire permet plus de libert&#233; et une &#233;criture qui ne cesse de montrer son dynamisme. A Amiens, une dizaine de documentaires africains seront montr&#233;s, parmi lesquels un portrait du cin&#233;aste Gaston Kabor&#233; par Issaka Compaor&#233; ou encore, parmi d'autres, &lt;strong&gt;Bar&#231;a ou la mort&lt;/strong&gt; d'Idrissa Guiro. Jean-Pierre Garcia rel&#232;ve que le th&#232;me de l'immigration et du voyage vers l'Europe hante l'imaginaire des r&#233;alisateurs en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Pochon (Clap Noir)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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