7 de der au Congo
Publié le : mercredi 30 janvier 2013
Fipa 2013

Mercredi 23 jan­vier 2013, sortie mon­diale du der­nier film de Thierry Michel : Moïse Katumbi, Foot, Business & Politique.
Le réa­li­sa­teur belge pré­sente son sep­tième et, peut-être der­nier, docu­men­taire tourné au Congo. Il vient d’en ter­mi­ner la ver­sion courte, la longue est à venir. Portrait du plus puis­sant, média­ti­que et popu­laire per­son­nage du Katanga, Moïse Katumbi, élu gou­ver­neur de la pro­vince en 2006 pour 5 ans, et tou­jours en poste à ce jour. Un per­son­nage haut en cou­leurs et qui, dans la fil­mo­gra­phie de Thierry Michel, occupe déjà une place de choix puisqu’il était un des acteurs prin­ci­paux de Katanga Business en 2009.

Quelle mouche pique donc le réa­li­sa­teur belge, quelle bou­li­mie ou quelle urgence ? Son der­nier film "L’affaire Chebeya, un crime d’Etat ?" sorti en salles le 4 avril 2012 débute à peine une car­rière fes­ti­va­lière cou­ron­née de lau­riers, (et sera pré­sent lors du pro­chain FESPACO en février 2013) que le voilà déjà suivi d’une autre pro­duc­tion. Même cadre : la République Démocratique du Congo.
Petit flash back : quand il apprend l’assas­si­nat de Floribert Chebeya , direc­teur de l’ONG La Voix des Sans Voix, Thierry Michel repart en RDC. Scandale à Kinshasa, le minis­tre de l’inté­rieur est obligé de reconnaî­tre sa res­pon­sa­bi­lité dans la mort d’un citoyen gênant. Michel sol­li­cite et obtient auto­ri­sa­tion de filmer le procès à l’issue duquel des cadres supé­rieurs de la police sont arrê­tés et le chef du PNC le géné­ral Numbi sus­pendu de ses fonc­tions.
Le film dont le titre inter­roge, « L’affaire Chebeya, un crime d’état ? » dérange beau­coup. Tant et si bien que Thierry Michel, rési­dent congo­lais est expulsé de la RDC en juillet 2012. Il essuie un procès en Belgique intenté par le Général Numbi qui veut faire inter­dire l’affi­che du film sur laquelle il appa­raît (il a été débouté par le tri­bu­nal ).

Sans visa, Thierry Michel, de natio­na­lité belge, peut dire adieu à la RDC, sa seconde patrie, ainsi qu’à sa chro­ni­que enta­mée il y a 20 ans sur les convul­sions de l’his­toire dans cette région de l’Afrique. Il se tourne alors vers le projet qu’il pour­suit depuis des années, en pré­vi­sion duquel il a engrangé des heures de tour­nage : le por­trait de Moïse Katumbi.
Un drôle d’animal le métis ! Bel homme, sûr de lui, qui s’est forgé un per­son­nage entre cow-boy et Robin des bois. Comment ne pas être intri­gué, sub­ju­gué, charmé même ? Il l’a décou­vert au moment de sa cam­pa­gne électorale en 2006, une marche triom­phale vers une vic­toire annon­cée. Ne l’a plus lâché depuis.
Entre le gou­ver­neur et l’homme de cinéma, c’est une rela­tion ami/ennemi, je te veux, je te repousse. Trop intel­li­gent pour ne pas devi­ner ce qui attire le réa­li­sa­teur, méfiant mais évidemment client , Katumbi, le roi de la com­mu­ni­ca­tion, fixe des rendez vous, les annule, fait l’absent, puis revient pour signa­ler un événement mar­quant...
Les années pas­sent. En 2008, Thierry Michel le place au centre de son film Katanga Business. Katumbi conti­nue sa marche vers tou­jours plus de puis­sance, de popu­la­rité : un mélange de Berlusconi et de Chavez, dira Thierry Michel. Son mandat de 5 ans, est offi­ciel­le­ment ter­miné mais d’obs­cu­res rai­sons retar­dant les élections régio­na­les, il est tou­jours aux com­man­des...Et même si le doute gagne par­fois ses plus farou­ches par­ti­sans, ils le pré­fè­rent aux autres : Moïse Katumbi les fait rêver.

Mercredi 23 jan­vier, à Biarritz, Thierry Michel guet­tait les réac­tions de la salle non sans avoir une pensée pour celui qui, là-bas à Lubumbashi, vision­nait, pour la pre­mière fois, le film dont il était la vedette

Michèle Solle

Crédit photo © Pierre Bachelot

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