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Publié le : dimanche 23 septembre 2012
Les cinémas d’Afrique des années 2000, perspectives critiques


Olivier Barlet, L’Harmattan, 2012





Directeur de la revue Africulture, auteur de nom­breu­ses cri­ti­ques sur les films afri­cains, ainsi que d’un pre­mier livre, Les cinéma d’Afrique noire : le regard en ques­tion (L’har­mat­tan, 1996), Olivier Barlet nous offre la somme de ses réflexions sur le cinéma dans un nouvel opus : Les ciné­mas d’Afrique des années 2000, avec un sous-titre, pers­pec­ti­ves cri­ti­ques.

L’ouvrage, pres­que quatre cents pages, offre un pano­rama bien plus vaste qu’une réflexion cri­ti­que sur les films afri­cains les plus récents, dont on com­prend vers les deux-tiers du propos que l’enjeu artis­ti­que majeur est devenu l’inti­mité. Avant d’accé­der à cette idée maî­tresse, on va passer en revue une foule de films. Le livre, à ce titre, s’impo­sera aux étudiants ou per­son­nes qui dési­rent se fami­lia­ri­ser avec l’uni­vers et les thèmes des films afri­cains depuis les ori­gi­nes. Le tra­vail est riche et sérieux. La fil­mo­gra­phie est impres­sion­nante et sur­tout, très exhaus­tive.

Une foule de cita­tions, de Serge Daney à Aimé Césaire et Franz Fanon, en pas­sant par des auteurs afri­cains moins connus, ou encore Thomas Sankara, émaillent cette somme. La réflexion his­to­ri­que sur le cinéma se mêle à celle qui concerne le rôle du cri­ti­que. Mais cette réflexion sur la cri­ti­que occupe en réa­lité seu­le­ment un ou deux cha­pi­tres (les enjeux cri­ti­ques). Le livre n’est pas un essai, pas non plus une bible. Ce n’est pas non plus un tra­vail de socio­lo­gue ou d’his­to­rien qui déve­lop­pe­rait un parti-pris. C’est le livre d’un cri­ti­que qui ras­sem­ble son savoir et tente de faire par­ta­ger ce trésor, démar­che géné­reuse. On peut lui repro­cher d’avoir voulu tout dire, tout expli­quer, tout com­pren­dre, tout embras­ser. Ce que l’on peine à sentir à la lec­ture de ce livre, c’est la ligne direc­trice. Le propos est noyé dans la masse d’infor­ma­tions, toutes plus riches et per­ti­nen­tes les unes que les autres. L’auteur aime­rait peut-être que son livre devienne indis­pen­sa­ble. Il l’est, comme l’est un ouvrage de réfé­rence dans lequel on peut pio­cher, sur lequel on peut reve­nir à propos d’un thème ou d’un cha­pi­tre par­ti­cu­lier (par exem­ple, la partie his­to­ri­que et les rela­tions ambi­guës avec la France est très bien décrite, peut-être le meilleur pas­sage du livre). Ou encore, le thème de l’expres­sion de la traite, de la vio­lence, notam­ment au Rwanda, ou encore la repré­sen­ta­tion des femmes, pour ne pas parler de la ques­tion du comé­dien noir dans le cinéma en géné­ral...

Bref, ache­tez-le, reve­nez-y de temps en temps, conser­vez le dans votre biblio­thè­que. Vous par­ta­ge­rez sans doute beau­coup d’ana­ly­ses avec lui et jubi­le­rez comme lui à cer­tai­nes très belles cita­tions. Mais la pers­pec­tive cri­ti­que reste ouverte !

Caroline Pochon

Les ciné­mas d’Afrique des années 2000
Olivier Barlet, broché 442 pages, L’Harmattan

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