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L’Afrique : une présence minimum
Publié le : mardi 22 mai 2012
Cannes 2012







Moussa Touré pré­sente « La Pirogue » à Cannes, seul film d’Afrique sub­sa­ha­rienne sélec­tionné dans cette édition 2012. Avec ce 2eme long métrage, film poli­ti­que sur la tra­gé­die de l’immi­gra­tion clan­des­tine, le réa­li­sa­teur séné­ga­lais rentre dans la cour des grands du cinéma.

DR. Photo © Bettmann/Corbis

Le conti­nent est tou­jours peu repré­senté à Cannes, malgré le retour en force de l’Afrique du Nord forte de son indus­trie ciné­ma­to­gra­phi­que, notam­ment grâce aux pro­duc­tions maro­cai­nes.
Cette année, six réa­li­sa­teurs dont cinq du Nord défen­dront les cou­leurs du conti­nents : Yousry Nasrallah fou­lera le tapis rouge en sélec­tion offi­cielle avec « Après la bataille », Nabil Ayouch pré­sen­tera dans Un cer­tain regard « Les che­vaux de Dieu » ainsi que Moussa Touré « La piro­gue ». Du coté du off, à La quin­zaine des réa­li­sa­teurs, Rachid Djaïdani pré­sente « Rengaine » au coté de Merzak Allouache (« Le repenti »). « The Curse » signé par Fyzal Boulifa, concou­rera quant à lui dans la sélec­tion court métrage.

Des films peu visi­bles

Les films exis­tent mais l’absence de salles de cinéma sur le conti­nent est criante. Il n’y a pas de poli­ti­que cultu­relle suf­fi­sam­ment enga­gée par les États en faveur du cinéma. Quelques sou­tiens ins­ti­tu­tion­nels exis­tent (Burkina Faso, Sénégal, Bénin) mais sur­tout dans les inten­tions. Sur le ter­rain, les pro­duc­tions man­quent de moyens et les films sont peu visi­bles.

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La piro­gue © DR

Les ciné­mas d’Afrique Noire sont en majo­rité tou­jours finan­cés par les gui­chets euro­péens, par­fois à 100% mais ne sont pas beau­coup plus visi­bles en France dans les cir­cuits offi­ciels. Pourtant, les efforts sont loin d’être négli­gea­bles et il est pos­si­ble de les mesu­rer d’après la bat­te­rie de moyens déployés par la France en faveur des cinéas­tes du Sud à Cannes. Chaque année, l’Institut Français y orga­nise Le Pavillon Les Cinémas du Monde, un lieu de créa­tion et de pro­mo­tion des ciné­ma­to­gra­phies du monde en par­te­na­riat avec l’Organisation inter­na­tio­nale de la Francophonie (OIF) et les médias France24, Monte Carlo Doualiya, RFI, TV5MONDE et Canal France International (CFI). Le Pavillon pro­pose entre autres de nom­breu­ses ren­contres pro­fes­sion­nel­les, « La fabri­que des ciné­mas du Monde » et met en avant de grands pro­jets comme « Des ciné­mas pour l’Afrique » mené par Abderrahmane Sissako et Juliette Binoche en 2009. Qu’en est-il de ces actions ? Cette année, plu­sieurs plans de sou­tiens seront mis en œuvre. Un bien pour un moin­dre mal ?

En par­cou­rant les pro­gram­mes des chaî­nes de télé­vi­sions fran­çai­ses, qui fêtent le cinéma et font la part belle aux grands films pen­dant le Festival de Cannes, seul un film afri­cain est pro­grammé « Tsotsi » de Gavin Wood (Afrique du Sud) sur France Ô (chaîne de l’Outre-mer). Si ces ciné­mas sont fort heu­reu­se­ment sou­te­nus par la France, leur visi­bi­lité demeure absente depuis long­temps dans les grands fes­ti­vals et les chaî­nes de télé­vi­sions fran­çai­ses.

Cela sou­lève une ques­tion de fond : pour­quoi les ciné­mas d’Afrique sus­ci­tent-ils tou­jours un grand inté­rêt dans les cir­cuits ins­ti­tu­tion­nels du monde entier mais res­tent à l’écart des cir­cuits de dis­tri­bu­tions pro­fes­sion­nels ? Ne fau­drait-il pas remet­tre en cause la fac­ture de nom­breux films – l’aide aux pro­duc­tions n’est jamais sou­mise à la dis­tri­bu­tion de l’oeuvre - qui ne reçoi­vent pas l’écho favo­ra­ble des pro­gram­ma­teurs fran­çais ? Que faut-il que cette riche et belle ciné­ma­to­gra­phie nous montre pour être visi­ble ?

Benoît Tiprez

Le site offi­ciel du Festival de Cannes
Le site de La quin­zaine des réa­li­sa­teurs
Le site Le pavillon des ciné­mas du monde

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  • Le 15 juin 2012 à 20:56, par Jean-Paul

    La France continue de nous abreuver de films avec CFI et TV5. Nos gouvernements ne font rien pour voir nos films à la télévision. Il n’y a plus de cinémas alors qu’il y a des films africains payés par la France. ils colonisent nos images. Les réalisateurs doivent faire des films chez nous, pour la télévision.

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