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Futur en scope
Publié le : jeudi 22 mars 2012
Compte-rendu du festival CinéAfriqua86 2012

Du 17 au 20 mars 2012, le Conseil Général de la Vienne associé à l’Amicale des Burkinabè du Poitou-Charentes ont organisé la deuxième édition du festival CinéAfriqua86. L’occasion de projeter 20 films provenant de 9 pays africains dans 16 lieux du département, en présence de 7 réalisateurs majoritairement burkinabè.




Voici un fes­ti­val placé sous le signe de la coo­pé­ra­tion inter­na­tio­nale. La Région Poitou-Charentes, et en par­ti­cu­lier le dépar­te­ment de la Vienne, sont des par­te­nai­res his­to­ri­ques du Burkina Faso depuis 1967, date du pre­mier jume­lage entre les villes de Loudun et de Ouagadougou.

Cet amour du Faso est lié à un homme, feu René Monory, conseiller géné­ral et ancien Président du Sénat fran­çais. C’est donc en toute logi­que qu’un Prix René Monory a été attri­bué en février 2011 au meilleur film des écoles de cinéma du FESPACO : L’or blanc d’Adama Sallé pro­duit par l’Ecole supé­rieure des arts visuels de Marrakech (ESAV).

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Du 17 au 20 mars 2012, Gaston Kaboré (par­rain du fes­ti­val), Missa Hébié (En atten­dant le vote), Kollo Daniel Sanou (Le poids du ser­ment), Éléonore Yaméogo (Paris mon para­dis), Djamil Beloucif (Bîr d’eau, a walk­mo­vie), Joris Lachaise (Convention : mur noir/trous blancs) et Adama Sallé se sont dépla­cés dans dif­fé­ren­tes villes de la Vienne pour pré­sen­ter leurs films.

Initié par l’Amicale des Burkinabè du Poitou-Charentes et porté cette année par l’équipe de coo­pé­ra­tion inter­na­tio­nale du Conseil Général de la Vienne, le fes­ti­val CinéAfriqua86 sou­hai­tait créer le débat autour des ciné­mas d’Afrique, thème de cette 2e édition. Effectivement, de nom­breux débats ont eu lieu en et hors salle et beau­coup de sujets abor­dés ne l’étaient pas for­cé­ment là où on les atten­daient.

Si l’ouver­ture du fes­ti­val s’est dérou­lée dans un lieu moins ciné­ma­to­gra­phi­que qu’emblé­ma­ti­que (le Futuroscope, qui fêtait ses 25 ans), l’ensem­ble de la mani­fes­ta­tion a réussi le défi de mobi­li­ser les pro­gram­ma­teurs de dif­fé­ren­tes salles de cinéma asso­cia­ti­ves.

Non com­pé­ti­tive, la sélec­tion 2012 alter­nait docu­men­tai­res et fic­tions, courts et longs-métra­ges, pour le bon­heur des ciné­phi­les venus en nombre à l’évènement.

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Ravis que les deux pre­miers jours aient été plu­vieux ("sinon tout le monde serait parti en week-end"), les mem­bres du comité d’orga­ni­sa­tion et du Conseil Général se féli­ci­taient hier de la réus­site de leur ini­tia­tive. En réu­nis­sant par­te­nai­res bur­ki­nabè (Ministère de la Coopération ter­ri­to­riale, Président de la Région Nord Burkina, Ambassadeur du Burkina Faso en France) et locaux, le fes­ti­val a sur­tout valo­risé l’impor­tance des jume­la­ges entre les deux pays.

Les cinéas­tes, bien que satis­faits de leurs ren­contres avec le public, étaient un peu plus modé­rés. En effet, beau­coup n’ont pas eu l’occa­sion de voir les films des autres, tous étant pro­gram­més le soir dans dif­fé­ren­tes villes. "Il faut faire atten­tion lors­que l’on mélange cinéma et poli­ti­que" noti­fiait Djamil Beloucif qu’un débat autour du film L’Or blanc, porté sur le coton plutôt que sur l’immi­gra­tion, avait gêné. "Montrer mes films ailleurs me motive bien que cela me coûte cher en temps" témoi­gnait Kollo Daniel Sanou, pour­tant pris en charge par le fes­ti­val. "Il faut déve­lop­per des copro­duc­tions et trou­ver des finan­ce­ments" ren­ché­ris­sait Adama Salle, en quête de sub­ven­tions pour ses pro­chains films.

Arguments vala­bles. Montrer et échanger autour des films est impor­tant, trou­ver le moyen de les dif­fu­ser com­mer­cia­le­ment et de lever des fonds pour les pro­chai­nes pro­duc­tions l’est tout autant. Un objec­tif dont nous espé­rons que le Conseil Général - doté d’un fonds d’aide à l’écriture et à la pro­duc­tion - relè­vera lors de la 3e édition.

Claire Diao
21 mars 2012

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