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Winter tour d’Afrique
Publié le : jeudi 17 novembre 2011
Winterthur Kurzfilmtage 2011

Qui eut cru qu’au pays du chocolat et du gruyère, un festival international de courts-métrages programmerait 40 films africains ? De la compétition internationale au programme "Africa is..." en passant par le projet documentaire 5x5x5 regroupant 5 réalisateurs de 5 continents, la 15e édition du festival suisse de Winterthur a donné bien plus qu’un coup de projecteur sur l’Afrique.


Dans les rues de Winterthur, ville de 100 000 habi­tants située dans le canton (alle­mand) de Zurich, un seul sigle attire l’œil. Un mys­té­rieux K. majus­cule suivi d’un point que l’on retrouve sur les trot­toirs ou des affi­ches vert pomme. Il s’agit du logo du Kurzfilmtage de Winterthur, la plus impor­tante mani­fes­ta­tion hel­vète de courts-métra­ges.

© Crédit : Kurzfilmtage

66 pro­jec­tions, 15 500 spec­ta­teurs en 5 jours

Au Casino, les spec­ta­teurs se pres­sent. Avec 66 pro­jec­tions étalées sur 5 jours, l’édition 2011 du fes­ti­val a réuni non moins de 15 500 spec­ta­teurs. A l’affi­che, des com­pé­ti­tions suisse et inter­na­tio­nale, un pro­gramme "Africa is...", mais aussi des pro­gram­mes de films docu­men­tai­res sur Winterthur, le Rwanda, les céré­mo­nies popu­lai­res, la pro­pa­gande nucléaire et l’aide huma­ni­taire.

Parallèlement, les écoles de cinéma suis­ses côtoyaient un pro­gramme Jeune Public ainsi qu’une jour­née des pro­duc­teurs, des noc­tur­nes Heavy Metal et Science-Fiction. Qu’on se le dise : la semaine était char­gée mais l’ambi­tion de l’équipe et les moyens néces­sai­res pour y arri­ver étaient de taille.

Africa is...

Partenaire des fes­ti­vals Rencontres du Film Court (Madagascar) et Afrikaméra (Allemagne), Kurzfilmtage décide en 2009 de créer un pro­gramme spé­cial autour des courts-métra­ges afri­cains. L’idée, ingé­nieuse, sus­cite quel­ques réti­cen­ces. « Trouverons-nous assez de films ? » s’inter­ro­geait John Canciani, pro­gram­ma­teur avec Stefan Kummer et Alex Moussa Sawadogo des 6 pro­gram­mes qui cons­ti­tuent "Africa is...". Pour le direc­teur du fes­ti­val Afrikaméra de Berlin, la réponse était simple. « Il existe beau­coup de films en Afrique qui ne béné­fi­cient d’aucune visi­bi­lité. Il faut se mettre en rela­tion avec les gens du ter­rain pour connaî­tre l’actua­lité ciné­ma­to­gra­phi­que et trou­ver des pro­duc­tions inté­res­san­tes  ».

De fait, 38 courts-métra­ges datant de 2004 à 2011 et oscil­lant entre 1 et 26 minu­tes ont été sélec­tion­nés et répar­tis en 6 caté­go­ries. Quatre d’entre elles concer­naient le conti­nent afri­cain dans sa glo­ba­lité : Héritage, Changement Social, Migration, Imagination. Les deux autres don­naient un coup de pro­jec­teur sur deux pays afri­cains : l’his­toire non tron­quée de l’Afrique du Sud et la créa­ti­vité méconnue de Madagascar.

A cela s’ajou­tait Which direc­tion to go ? [2011, 11min30], réflexion docu­men­taire de l’éthiopien Dirbdil Assefa Akriso sur le rap­port à la mort et à la cré­ma­tion en Europe. Réalisé dans le cadre du projet docu­men­taire 5x5x5 qui invi­tait 5 réa­li­sa­teurs de 5 conti­nents à porter 5 regards dif­fé­rents sur la ville de Winterthur, ce projet mené durant 5 semai­nes a donné l’oppor­tu­nité à un élève de la Blue Nile & TV Academy d’Addis-Abeba de repré­sen­ter l’Afrique.

© Crédit : Thomas Lesourd

Invités de choix

Hormis la pré­sence, parmi les mem­bres du jury, de la réa­li­sa­trice franco-séné­ga­laise Dyana Gaye, la com­pé­ti­tion inter­na­tio­nale pré­sen­tait 3 courts-métra­ges afri­cains : l’épatant Mwansa the Great de la zam­bienne Rungano Nyoni (men­tion spé­ciale du Jury) qui dépeint avec brio le monde ima­gi­naire de l’enfance ; le film expé­ri­men­tal sud-afri­cain 09:21:25 de Jyoti Mistry qui s’inter­roge sur l’espace et les éléments ainsi que le remar­qua­ble film franco-algé­rien Brûleurs de Farid Bentoumi, Grand Prix du fes­ti­val, sur la migra­tion iné­luc­ta­ble de jeunes algé­riens vers l’Europe.

Allant jusqu’au bout de sa valo­ri­sa­tion des ciné­mas d’Afrique, le fes­ti­val de Winterthur n’a pas oublié d’y asso­cier ses prin­ci­paux acteurs. [1] Leur pré­sence fut l’occa­sion d’une belle table ronde sur la pro­duc­tion et la dif­fu­sion de courts-métra­ges afri­cains où fes­ti­vals (RFC, Afrikaméra), école de cinéma (Blue Nile Film & TV Academy) et réa­li­sa­teur (Dieudo Hamadi) ont par­tagé leurs expé­rien­ces et réflexions.

Autre invi­tée de ce panel, Martina Malacrida, direc­trice du labo­ra­toire de copro­duc­tion Open Doors du fes­ti­val de Locarno, a clô­turé cette 15e édition en pré­sen­tant un appel à pro­jets 2011 des­tiné aux réa­li­sa­teurs et pro­duc­teurs d’Afrique fran­co­phone sub­sa­ha­rienne. En l’espace de 5 jours, le fes­ti­val de Winterthur a auréolé la créa­ti­vité afri­caine de toutes les étoiles qu’elle mérite.

Claire Diao

Festival International Kurzfilmtage de Winterthur, Suisse, du 9 au 13 novem­bre 2011 www.kurz­film­tage.ch

Notes :

1 L’Éthiopie était repré­sen­tée par Abraham Haile Biru et Dirbdil Assefa Akriso Which direc­tion to go ? , l’Afrique du Sud/Zambie par Rungano Nyoni Mwansa the Great , l’Algérie par l’acteur franco-maro­cain Samir Harrag Brûleurs , la République Démocratique du Congo par Dieudo Hamadi Tolérance Zéro , le Cameroun par Auguste Bernard Kouemo Yanghu Waramutseho ! et Madagascar par 4 réa­li­sa­teurs : Laza Fragments de vie , José Rakotobe Dès la racine , Manohiray Randriamanjo Afropower et Ludovic Randriamanantsoa Le Glas .

  • Le 17 novembre 2011 à 13:45

    Bonjour, Je serai intéressée d’avoir un compte-rendu du débat sur la circulation des courts-métrages, car je prépare mon premier court-métrage. Je m’appelle Monique Mbeka Phoba, je viens du Congo Démocratique. Mon email est : moniquephoba@yahoo.fr. Bien à vous, Monique.

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