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La "clef" sous la porte
Publié le : vendredi 26 juin 2009




Le cinéma Images d’Ailleurs peut il mettre la « clef » sous la porte ? C’est l’épée de Damoclès qui pèse sur la tête de Sanvi Panou qui se bat depuis des années pour faire vivre cette salle d’art et d’essai. Le pro­prié­taire des lieux ne veut pas renou­ve­ler son bail. Victime de la crise ?
Ce n’est pas un secret, le cinéma Images d’Ailleurs comme tous les ciné­mas d’art et d’essai, vit grâce à de nom­breu­ses aides, quel­les soient du CNC, de la ville de Paris ou par­fois du MAE. Faire le choix de dif­fu­ser des films indé­pen­dants, peu dis­tri­bués et non com­mer­ciaux aujourd’hui relève de l’héroïsme. Depuis 20 ans, nichée au cœur du 5eme arron­dis­se­ment, ses salles ont accueilli de nom­breux pari­siens dési­reux de voir des films, des fes­ti­vals ou des rétros­pec­ti­ves uni­ques en leurs genres.

La Clef reste l’un des der­niers endroits où l’on peut voir des films afri­cains, le rendez-vous de tous les pas­sion­nés des ciné­mas du monde. Sanvi Panou rêve d’un lieu dédié à la culture noire, comme l’ins­ti­tut du monde Arabe ou la maison du Japon. Utopique ? Le musée du Quai Branly peut-il être une porte ouverte à la créa­tion d’un lieu de dif­fu­sion des films de l’Afrique Noire ? Ce serait pour­tant bien­venu à l’heure où Barak Obama redonne de l’espoir à toute la com­mu­nauté afro-cari­béenne. Les Afros-Américains prou­vent depuis des décen­nies que la culture noire est extrê­me­ment impor­tante et influente. Ecrivains, musi­ciens, comé­diens ou réa­li­sa­teurs, sont très pré­sents dans la culture amé­ri­caine. Alors pour­quoi pas en France où il existe une forte popu­la­tion afri­caine et cari­béenne. La visi­bi­lité de leur culture est quasi nulle. Pourtant elle existe. Le Fespaco, fes­ti­val de cinéma afri­cain qui a lieu tous les 2 ans à Ouagadougou, prouve qu’une ciné­ma­to­gra­phie riche existe. De nom­breux réa­li­sa­teurs et comé­diens afri­cains vivent en France. Une grande partie des films de l’Afrique Francophone béné­fi­cie d’aides du MAE. Seulement, il n’y a pas de suivi. Pas de dif­fu­sion télé­vi­suelle (hormis TV5 et FranceÔ aujourd’hui), pas ou peu de dis­tri­bu­tion en salles, avec un temps à l’affi­che très court. Souvent se sont des films « de fes­ti­vals ». En revan­che, ils ne sont pas sélec­tion­nés à Cannes, où la visi­bi­lité média­ti­que est à son apogée.
Et Paris ? Capitale de la culture en géné­ral et du cinéma en par­ti­cu­lier. Quelle place accorde t’on au cinéma afri­cain ?
Il y a un an, la ciné­ma­thè­que a rendu hom­mage au cinéma afri­cain, avec son fes­ti­val Africamania. C’était la pre­mière fois.
Si le cinéma Images d’Ailleurs venait à dis­pa­raî­tre, ce pour­rait être le der­nier bas­tion de la culture afro-cari­béenne qui s’effon­dre­rait.

Isabelle Audin

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