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Maquis d’été de Clap Noir à Aubervilliers
Publié le : samedi 9 juin 2007

Le 2 juillet passé, ils étaient nombreux à vivre le maquis culturel que Clap Noir a organisé à Aubervilliers en région parisienne. A l’affiche, le film du cinéaste congolais Camille Mouyeke, Voyage à Ouaga. Les clapistes nous racontent ici l’ambiance de la soirée.

Une soirée inou­blia­ble. Clap Noir a posé ses vali­ses à la Villa Mais d’Ici, trans­for­mée le temps d’un soir en cinéma afri­cain de plein air. Un lieu tout à fait adapté pour y recréer cette atmo­sphère si par­ti­cu­lière. Une friche cultu­relle où on y trouve un mélange hété­ro­clite d’objets et de décors d’artis­tes : mor­ceaux de cad­dies, tags et baobab (crée pour l’occa­sion). Des tentes blan­ches à l’allure de cam­pe­ment sahé­lien, insuf­flant un air exo­ti­que au lieu, étaient ins­tal­lées pour palier aux capri­ces de la météo.

Tout était pré­sent pour nous emme­ner en voyage.
Le coin bar avec ses cou­leurs cha­toyan­tes, ses guir­lan­des mul­ti­co­lo­res et ses tables per­dues sous les arbres nous évoquaient sans conteste un maquis. (Un arbre et un bana­nier ! mais oui cela suffit pour voya­ger.) Le coin repas était tenu par des femmes malien­nes de l’asso­cia­tion Diamandigui qui avaient concocté un déli­cieux mafé trans­por­tant nos papil­les au-delà de notre conti­nent.

Le public était au rendez-vous. L’ambiance était fes­tive et décontrac­tée. Divers et variés, ils étaient venus en famille ou entre amis, et ont tout de suite été happés par l’atmo­sphère. " L’entrée est fée­ri­que " nous a confié Jacques un spec­ta­teur enchanté par la soirée. " C’est un endroit magi­que, on a l’impres­sion que tout le monde se connaît, les gens sont ouverts, le dia­lo­gue est facile à ins­tal­ler " rajoute Clément, artiste tcha­dien. " J’avais plutôt l’impres­sion d’être dans un événement alter­na­tif pari­sien, mais j’ai aimé manger, boire, voir un film dans la même soirée. " déclare Eric. " J’aurais aimé qu’il y ait des musi­ciens qui jouent avant et après le film " regrette Anne. Autant de réflexions qui nous pous­sent à amé­lio­rer encore ces maquis.

La pro­jec­tion du film " Voyage à Ouaga " a été un vif succès. Le réa­li­sa­teur Camille Mouyeke, pré­sent ce soir là, fût très sur­pris de voir son film dif­fusé dans un tel contexte en France et accueilli avec autant d’enthou­siasme. " Je suis impres­sionné par la qua­lité de l’image, la copie est par­faite. " " Je suis heu­reux de la réac­tion du public, cela prouve que les dis­tri­bu­teurs ont tord de penser que mon film ne s’adresse pas au public fran­co­phone. Pas assez afri­cain pour eux ! " s’étonne t-il encore.

Les spec­ta­teurs ne sont pas restés indif­fé­rents au film. " Le film m’a fait revi­vre des évènements que j’ai vécu en Côte d’Ivoire " avoue Sékou, gui­néen vivant en France. " Enfin un film sans racisme et sans cli­chés " note Clément. " Il faut que les films afri­cains sor­tent de la brousse ! " " C’est drôle de voir les tri­bu­la­tions d’un fran­çais en Afrique, l’inver­sion des rôles cela change. " raconte Frédérique.

Babette et Jean Martin, les gérants de la Villa Mais d’ici ont été enchan­tés de la soirée et ils aime­raient la renou­ve­ler.

Nous tra­vaillons à l’orga­ni­sa­tion du pro­chain maquis, mûris par toutes ces réflexions. Suite au pro­chain épisode…

Les cla­pis­tes

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