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Pour une critique pertinente du cinéma africain
Publié le : dimanche 14 janvier 2007
Il est, nous semble t-il, nécessaire de porter une attention particulière au cinéma dans nos médias. La rubrique cinéma y est quasi absente. Certains diront que cela est dû à la rareté des films africains. Mais, tous films, africains ou non, méritent une critique. La critique des films non africains serait, sans doute, le meilleur service que l’on puisse actuellement rendre au cinéphile africain, et du coup, au cinéma africain.
Le développement et la professionnalisation du cinéma en Afrique passeront obligatoirement par certaines étapes. Ces étapes seront techniques (maîtrise des technologies du numérique dans le cinéma), commerciale (de structures performantes de distribution et de promotion) mais aussi médiatique. Par l’aspect médiatique, nous entendons la critique à travers les journaux, les radios et les chaînes de télévision.

La néces­saire cri­ti­que
Tentons une appro­che glo­bale de la cri­ti­que. La cri­ti­que se défi­nit comme l’art d’ana­ly­ser et de juger une œuvre artis­ti­que. Critiquer une œuvre, c’est donc porter un juge­ment résul­tant d’un examen appro­fondi. La cri­ti­que part d’une ana­lyse pour abou­tir à une appré­cia­tion.

La cri­ti­que peut être, par­tiel­le­ment ou tota­le­ment, un avis per­son­nel sub­jec­ti­ve­ment sou­tenu. Elle peut se tra­duire par une ana­lyse, une ana­lyse beau­coup plus déta­chée que le jour­na­liste fait d’une œuvre ciné­ma­to­gra­phi­que. Une bonne cri­ti­que devrait per­met­tre aux ciné­phi­les d’avoir une lec­ture plus appro­fon­die du film, d’aller au-delà du super­fi­ciel, donc de per­ce­voir les dif­fé­ren­tes dimen­sions de la portée (esthé­ti­que, socio­lo­gi­que, poli­ti­que, phi­lo­so­phi­que et éthique) du film.

La cri­ti­que a aussi une action posi­tive sur tous les acteurs de la chaîne de fabri­ca­tion d’un film. Le réa­li­sa­teur y décou­vre les forces et les fai­bles­ses de sa mise en scène, le direc­teur photo ses images, etc.

Les médias et la cri­ti­que
Les médias sont les par­te­nai­res pri­vi­lé­giés du cinéma. En effet, pour faire la pro­mo­tion d’un film, quoi de plus normal que de se tour­ner vers les médias. Presse écrite, radio et télé­vi­sion. En dif­fu­sant les pro­gram­mes des films mais aussi les cri­ti­ques, les médias aident les ciné­phi­les à faire le choix des séan­ces qu’il faut voir en famille, avec ou sans les enfants, et pro­po­sent une ou plu­sieurs lec­tu­res du film.

Il est, nous semble t-il, néces­saire de porter une atten­tion par­ti­cu­lière au cinéma dans nos médias. La rubri­que cinéma y est quasi absente. Certains diront que cela est dû à la rareté des films afri­cains. Mais, tous films, afri­cains ou non, méri­tent une cri­ti­que. La cri­ti­que des films non afri­cains serait, sans doute, le meilleur ser­vice que l’on puisse actuel­le­ment rendre au ciné­phile afri­cain, et du coup, au cinéma afri­cain.

A tra­vers la bonne infor­ma­tion et la bonne cri­ti­que sur les films, les médias font œuvre de for­ma­tion. En effet, les ana­ly­ses et les points de vue que don­ne­ront les pro­fes­sion­nels dans leurs colon­nes ou dans leurs émissions, devraient per­met­tre aux lec­teurs, aux audi­teurs et aux télé­spec­ta­teurs, de décou­vrir par exem­ple les cou­lis­ses de la réa­li­sa­tion d’un film, les dif­fé­rents métiers du cinéma, des inter­views de réa­li­sa­teurs, de pro­duc­teurs. Ces éléments atti­rent également l’atten­tion des pro­fes­sion­nels afri­cains de l’image sur ce que font leurs homo­lo­gues euro­péens, asia­ti­ques, amé­ri­cains, et ce qu’en pen­sent les cri­ti­ques afri­cains et d’ailleurs.

Une pro­po­si­tion : pour­quoi ne pas, cinéas­tes et jour­na­lis­tes, ensem­ble poser des bases pour une cri­ti­que dans nos médias. Les réa­li­sa­teurs en met­tant à la portée des jour­na­lis­tes les éléments d’infor­ma­tion néces­saire à la rédac­tion des papiers, et les jour­na­lis­tes en créant des rubri­ques sur le cinéma, rubri­ques qui seront régu­liè­re­ment ali­men­tés. Et pour­quoi ne pas rêver d’une revue spé­cia­li­sée sur le cinéma afri­cain. Pourquoi pas ?

Candide Etienne
Clap Noir
14 février 2004
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