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Voyage au pays des peaux blanches
Laurent Chevallier
Publié le : 2003

Un film de Laurent Chevallier France, 2003, 96 mn.





SYNOPSIS

En 1994, Baba, ado­les­cent gui­néen, est l’acteur prin­ci­pal du film L’enfant noir de Laurent Chevallier. Dix ans plus tard, alors qu’il est devenu apprenti méca­ni­cien à Conakry, Baba est invité à venir en France pour pré­sen­ter le film dans les écoles, dans le cadre de l’opé­ra­tion "Collège au cinéma". Pour ce jeune homme de 22 ans qui n’a jamais quitté la Guinée, l’occa­sion est trop belle. Laurent Chevallier a filmé le péri­ple de Baba à tra­vers toute la France, à la ren­contre d’ado­les­cents qui, pour la plu­part, ont une vision très abs­traite de l’Afrique…

A PROPOS DU FILM

Il y a dix ans, jour pour jour, je ter­mi­nais, en Guinée, le tour­nage de L’Enfant Noir. Pour tenir le rôle prin­ci­pal de ce film, j’avais choisi Baba Camara, 11 ans. Durant le tour­nage, Baba n’avait pas fait l’acteur, il n’avait pas fait " sem­blant ". " Pour de vrai ", il avait vécu cette his­toire d’exil, celle d’un enfant afri­cain qui quitte son vil­lage, sa famille, ses raci­nes. Mais contrai­re­ment au récit de son oncle écrivain (L’Enfant Noir de CAMARA Laye, 1953 dont j’avais pu réa­li­ser, à cette occa­sion, la libre adap­ta­tion), Baba n’avait pas conti­nué son voyage vers la France. Pour les besoins du film, son his­toire s’était arrê­tée en Guinée.

Depuis Baba a grandi et n’a jamais refait de cinéma. Aujourd’hui, il vit comme apprenti mécano à Conakry. Dernièrement, notre film L’Enfant Noir a été choisi dans l’opé­ra­tion " Collèges au Cinéma " pour faire décou­vrir à des jeunes élèves de France à quoi peut bien res­sem­bler la vie d’un enfant né en Afrique Noire. Très vite, j’y ai trouvé l’occa­sion rêvée d’invi­ter Baba à se rendre pour la pre­mière fois en France. Afin de pro­vo­quer la ren­contre entre des jeunes Français qui décou­vri­raient l’Afrique à tra­vers lui et Baba, qui décou­vri­rait la France à tra­vers eux. Je sen­tais déjà que ces décou­ver­tes réci­pro­ques seraient un bon début pour ima­gi­ner un nou­veau film. Comme une façon de bou­cler la boucle de L’Enfant Noir, (le récit ori­gi­nal !), de conti­nuer ensem­ble l’his­toire filmée de Baba, celle de son voyage ini­tia­ti­que.

Durant deux mois, d’Est en Ouest, du Nord au Sud, Baba Camara a décou­vert l’hexa­gone, accueilli comme cer­tai­ne­ment aucun immi­gré afri­cain ne l’a jamais été ! Un rêve, une utopie même, et pour­tant, ce Voyage au pays des peaux blan­ches est bien un film docu­men­taire !!! Un film libre­ment impro­visé que j’ai pu tour­ner " sur le vif ", grâce à une équipe aussi réduite que com­plice dans l’his­toire. Dans notre voi­ture (notre mini-studio rou­lant !), en plus de Baba et de votre ser­vi­teur muni de sa caméra, il y avait aussi deux vrais " potes " : Philippe Quaillet, ani­ma­teur à Ciné 32, qui a décou­vert qu’il pou­vait, non seu­le­ment être filmé mais aussi faire de la péda­go­gie ambu­lante ! Et Olivier Schwob qui lui, n’a pas décou­vert la prise de son ambu­lante, puis­que ça fait vingt cinq ans (déjà !) qu’il est com­plice de mes voya­ges.

Laurent Chevallier

LE REALISATEUR

Né en 1955, ori­gi­naire de la région de Grenoble, Laurent Chevallier fit ses études de cinéma à l’Ecole Louis Lumière. En 1976, il est assis­tant caméra sur des longs métra­ges et devient cadreur en 1982. A partir de 1986, il est direc­teur de la pho­to­gra­phie (aux cotés de René Allio, Robert Enrico, Patrice Leconte, Gérard Oury...). En 1990, Il signe son pre­mier long métrage docu­men­taire, Au sud du sud, réa­lisé sur la tra­ver­sée de l’Antarctique par Jean-Louis Etienne. Suivent un docu­men­taire sur l’Afrique, Djembefola, et en 1995, il adapte le roman de Laye Camara " L’enfant noir " dans un long-métrage de fic­tion. En 2000, il réa­lise le docu­men­taire Circus Baobab et signe en 2003, La vie sans Brahim. Voyage au pays des peaux blan­ches est son der­nier docu­men­taire.

CRITIQUES DE PRESSE

Ce docu­men­taire de Laurent Chevallier est géné­reux. Filmé sur le vif, cette bal­lade dans la France écolière et tou­ris­ti­que de Baba nous étonne. Le regard émerveillé et per­plexe de cet ado­les­cent sur la vie des fran­çais dans leur pays nous ren­voie à nos pro­pres dif­fé­ren­ces cultu­rel­les. Evidemment, on ne peut s’empê­cher de sou­rire devant ce déca­lage ( par­fois cocasse ) et on frôle le spec­ta­cu­laire. La rela­tion du spec­ta­teur avec le cha­risme de Baba permet d’entre­voir clai­re­ment ce qui nous unit comme une évidence et ce qui nous dis­tin­gue net­te­ment ; quand une jeune col­lé­gienne entame une conver­sa­tion autour de la sexua­lité ou de la condi­tion fémi­nine, c’est avant tout une décou­verte de l’autre et de soi même.

Ce film met en évidence, une fois de plus, la méconnais­sance des fran­çais de l’Afrique et l’incré­du­lité des afri­cains face à l’eldo­rado que repré­sente la France pour eux. C’est une leçon de tolé­rance, en toute sim­pli­cité, légère et pleine de fraî­cheur, que nous offre Laurent Chevalier.

Benoît tiprez (Clap Noir)

FICHE TECHNIQUE

Scénario et réa­li­sa­tion : Laurent Chevallier
Avec :Baba Camara, Philippe Quaillet
Image : Laurent Chevallier
Son : Olivier Schwob
Montage : Ange-Marie Revel
Une copro­duc­tion : ARTE France, P.O.M. Films
Contact P.O.M. films : pom.film­s@­li­ber­ty­surf.fr

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