Accueil du site > Actualités festivals > Le Fespaco… devant mon petit écran
Le Fespaco… devant mon petit écran
Publié le : lundi 27 février 2017
Fespaco 2017

Aujourd’hui s’ouvre à Ouagadougou, la 25e édi­tion du célè­bre fes­ti­val pana­fri­cain du cinéma et de la télé­vi­sion. Ils sont déjà très nom­breux les fes­pa­cis­tes qui ont fait le dépla­ce­ment de Ouagadougou et s’apprê­tent, durant sept jours, à vision­ner des pro­duc­tions, à en dis­cu­ter et à faire des pro­jets. Moi, je n’ai pas pû faire le dépla­ce­ment. Mais, devant mon petit écran, celui de la télé­vi­sion et de l’ordi­na­teur, je vais vivre l’évè­ne­ment et vous donner mes impres­sions en léger dif­féré avec la contri­bu­tion de mon com­plice de tou­jours, Benwa qui lui vit ces moments his­to­ri­ques dans la cité de Yennenga.

JPEG - 19.4 ko
Cérémonie d’ouverture Fespaco 2017
Le public

Assis devant ma télé­vi­sion qui retrans­met la céré­mo­nie offi­cielle d’ouver­ture du Fespaco à tra­vers la chaine natio­nale du Burkina, la TNB (chaine que j’arrive à capter à Lomé à partir du satel­lite), je me mets à penser à un ami cher, très cher à Clap Noir qui vivra ce fes­ti­val en esprit. Il s’agit de Cheick Fantamadi Camara. J’ima­gine les cinéas­tes, lors de la céré­mo­nie des liba­tions qui se fait ce diman­che, avoir une pensée pour lui… parti… si jeune. Mais… la vie conti­nue et le cinéma conti­nue.

Du monde, il y en avait dans l’enceinte du stade muni­ci­pal. Parmi les dis­cours, celui qui a retenu mon atten­tion, c’est celui du minis­tre de la Culture, Tahirou Barry.

Quelques phra­ses per­cu­tan­tes rele­vées dans son dis­cours. « Bienvenu au pays du peuple insurgé » a dit le minis­tre. C’est vrai. C’est le second Fespaco depuis les évè­ne­ments de 2014. Ces évè­ne­ments qui ont marqué le Burkina Faso, mais aussi toute la jeu­nesse afri­caine sur le fait, quand le peuple se lève, pren­dre en main son destin… et arra­cher sa liberté. _ Bienvenue au pays des hommes intè­gres, au pays du peuple insurgé pour vivre la grande fête des ciné­mas d’Afrique. Un cinéma qui a aussi besoin de vivre un moment de rup­ture. Rupture avec de nom­breu­ses situa­tions qui en feront un cinéma réel­le­ment au ser­vice de la libé­ra­tion des peu­ples afri­cains.

JPEG - 30.1 ko
Cérémonie d’ouverture Fespoco 2017
Spectacle équestre

Autre phrase du minis­tre qui a retenu mon atten­tion. « Imiter le genre de cer­tai­nes nations ne fera que nous perdre, car c’est en vou­lant imiter l’hip­po­po­tame dans la nage que le coq s’est noyé ! ». Le minis­tre nous ramène aux nom­breux débats sur l’iden­tité des ciné­mas d’Afrique.
Je pense que cette recher­che per­ma­nente d’iden­tité est un long chemin que nous n’allons pas finir de par­cou­rir parce qu’elles sont tel­le­ment nom­breu­ses les dimen­sions dont il faut tenir compte pour arri­ver à ce « cinéma iden­ti­taire ». Commençons déjà par arrê­ter de parler de « rendez-vous du cinéma afri­cain » pour adop­ter le terme « des ciné­mas d’Afrique ». Ce cinéma, notre cinéma est plu­riel.

JPEG - 24.2 ko
Cérémonie d’ouverture Fespaco 2017
Clap de lancement officiel par le Président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré.

Aujourd’hui diman­che, les pro­jec­tions vont débu­ter. Les fes­pa­cis­tes iront dans les salles pour les films. Les fes­ti­va­liers vont vivre les scènes des lon­gues files de badgés et de non badgés qui atten­dent qu’une porte s’ouvre pour vite entrer et occu­per une place. Les débats et les échan­ges dans la salle et à la fin des pro­jec­tions pour bien par­ta­ger avec l’équipe du film. Moment attendu mais rare­ment pos­si­ble ...
Cette situa­tion, on s’en plaint tou­jours, mais c’est bien cela qui fait le charme du Fespaco, cette convi­via­lité qui anime tous les par­ti­ci­pants à ce fes­ti­val. J’ai entendu le minis­tre dire que le pays va réha­bi­li­ter une quin­zaine de salles. Trois jours avant l’ouver­ture du Fespaco, dans le quar­tier Ouaga 2000, le Chef de l’État a inau­guré une nou­velle salle de cinéma : Canal Olympia Yennenga. Cette salle a une capa­cité de 300 places et est une œuvre de Vivendi. La presse locale nous apprend que ce joyau a couté 2 mil­liards de F CFA.
À Bobo Dioulasso, les tra­vaux de réno­va­tion du Ciné Guimbi sont aussi en cours. Résultat attendu : cons­truc­tion d’un cinéma de deux salles de 498 places avec d’autres ins­tal­la­tions telles un café, un res­tau­rant, un maquis, avec sa ter­rasse, des bureaux, une salle de réu­nion mul­ti­fonc­tions de 120 places.

JPEG - 21.1 ko
Cérémonie d’ouverture Fespoco 2017
Alpha Blondy

Pour vous qui êtes à Ouaga, vivez bien le fes­ti­val… et nous qui en sommes loin… nous allons aussi le vivre à tra­vers les échan­ges sur les réseaux sociaux et sur les pro­gram­mes des médias. Tiens… une der­nière petite phrase du minis­tre pour ter­mi­ner en sou­rire : "S’il y a un film cowboy aux États-Unis, un film hindou en Inde, un film ninja au Japon, nous devons être fiers de pré­sen­ter un film sim­ple­ment afri­cain pour ne pas perdre nos repè­res et notre âme"
Bon fes­ti­val.

Achille Kouawo

Laisser un commentaire

Également…
1

Clap Noir
Association Clap Noir
18, rue de Vincennes
93100 Montreuil - France
Tél /fax : 01 48 51 53 75