Rokhaya Niang, une actrice assez réservée et pleine de ressources
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Rokhaya Niang

Qu’elle joue Makhoye la femme pour laquelle deux amis rivalisent ou Mati, la femme qui se bat au quotidien, Rokhaya Niang impose sa personne à l’écran. Jeune, belle et passionnée par ce qu’elle fait, elle écrira sûrement l’histoire de la jeune génération d’actrices sénégalaises. Son portrait.

« Le prix du pardon », « Madame brouette » sont deux films de réalisateurs sénégalais passés à l’affiche du Fespaco. La relation entre les deux films est simplement le fait qu’une jeune actrice débutante, Rokhaya Niang ait été choisie pour y jouer les rôles principaux.

Pour mémoire, « Le prix du pardon » a été réalisé en 2001 par le réalisateur sénégalais Mansour Sora Wade. Le film ouvre au public une fenêtre sur des aspects de l’Afrique ancienne qui sont en passe d’être révolus. C’est le cadre où riment l’exagération des peurs et des superstitions et l’éclosion de l’amour. Tout est permis, tout est possible. Dans le rôle de Maxoye, Rokhaya joue le jeu d’une demoiselle qui, après avoir subi la perte de son amant, se laisse emporter par ses sentiments. Elle passe de la haine à la compréhension, de la vengeance à l’amour. Mansour Sora témoigne : " j’ai tenu à ce que la vie ordinaire et le surnaturel existent ensemble, sans ostentation, de façon très simple, comme cela fut le cas dans mon enfance ".

« Madame brouette » quant à lui, est l’histoire d’une dame, "Mati" qui rêve d’indépendance. Réalisé par Moussa Sene Absa, le film met en relief la vie de certaines femmes qui espèrent accéder à une certaine indépendance et qui se heurtent à la pensée traditionnelle de leur entourage. Mati est prête à tous les sacrifices pour réaliser ses rêves… jusqu’à assassiner l’homme qu’elle aime… " J’ai voulu creuser la nature de l’amour, savoir pourquoi certaines personnes restent trente ans ensemble et d’autres deux mois, et pourquoi certaines femmes décident qu’à trente cinq ans, elles ne veulent plus rien savoir des hommes ! Je voulais en faire un portrait de ces femmes… ", déclare le réalisateur.

Rokhaya semble se retrouver dans ce jeu de rôles. Elle confie :"les deux films étaient comme des enfants que je portais ". L’actrice qui joue les rôles d’affirmation féminine, autant qu’elle "explose" à l’écran, autant elle est discrète et timide hors du champ de la camera.

Après avoir obtenu le prix de la meilleure comédienne au Festival de Namur en 2003 et celui du meilleur rôle féminin à Carthage en 2004, Rokhaya reste lucide et garde la tête sur les épaules. " Il me reste beaucoup de choses… je me dis toujours qu’il y a des manques ". On peut dire que malgré le grand talent qu’elle se reconnaît et que le public lui reconnaît, Rokhaya reconnaît aussi qu’il faudrait qu’elle se batte encore.

Parlant des deux films dans lesquels elle a joué, "ce sont deux rôles que j’ai aimé car j’ai voulu défendre la cause des femmes. Je suis battante mais je ne suis pas méchante avec les hommes ! Je n’ai jamais aimé la vie facile : il faut gagner la vie honnêtement tout en se faisant respecter. Quand j’ai lu les scénarios, j’ai su que c’était des rôles pour moi ".

Pour une fille qui a reçu une éducation stricte et rigoureuse, Rokhaya ne partage pas entièrement la vision hollywoodienne du cinéma qui a fini de faire de la femme un "objet" dit-elle.
Poussée dans ses retranchements, elle finit par lâcher : "on ne peut pas poser nue. On ne peut pas être actrice de certaines scènes osées ».

A moins de 35 ans, Rokhaya ne se livre pas facilement dans la vie. Malgré que son métier de comédienne lui prenne tout son temps, Rokhaya pratique cependant le taekwondo.

Mamane Sani Abandé Moctar

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