Moussa Absa le créateur universel
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Le réalisateur Moussa Sène Absa

Qui est Moussa Sène Absa ? "Un homme solitaire, un homme qui aime la travail bien fait…". Cet homme aime s’inspirer de la vie, de son vécu. Il aime se mettre loin des autres pour travailler, l’art étant un acte solitaire. Peintre, il a monté des expositions à l’international, à Paris, New York, Frankfurt, Rio de Janeiro... Moussa Absa n’est pas seulement réalisateur et passionné du cinéma. Il aime également la peinture qu’il fait si bien.

Marié et père de 5 enfants, Moussa Sène Absa est né le 14 février 1958 à Dakar. Après des études de cinéma à Paris, il travaille comme acteur avant de réaliser son premier court métrage le Prix du mensonge (1988), qui lui vaut de remporter le Tanit d'argent aux Journées cinématographiques de Carthage.

Comme acteur, d'abord sur les planches puis devant la caméra, il jouera dans "Black" de Christian Lara," Perigord Noir" de Nicolas Ribowski ou encore dans "Espionne" de Claude Boissol.
Egalement scénariste, Moussa Absa obtient la reconnaissance dès 1987 avec "les enfants de Dieu" qui reçut le prix du meilleur scénario au Festival francophone de Fort-de-France en Martinique. Un succès qui l'incita à utiliser ce scénario pour réaliser "le prix du mensonge" l'année suivante.

Tableau ferraille est l’une des réussites de Moussa. C’est d’abord un clin d’œil au quartier qui l’a vu naître. C’est dans cet environnement qu’il est trouve son inspiration pour beaucoup de chose.
A travers le film tableau ferraille, sorti en 1997, Moussa Absa décrit la vie d’un intellectuel. Daam revient bardé de diplômes à Tableau Ferraille, son village natal situé aux environs de Dakar. Il gravite les échelons du pouvoir politique avec l'espoir d'améliorer la vie de ceux qu'il prend pour ses amis. Sa première épouse, Gagnesiri, est là pour le soutenir.
Mais cette femme aimante et généreuse ne peut pas lui donner d'enfant. Sous la pression et les conseils de son entourage, il se décidera à prendre une seconde épouse qui lui donnera certes des enfants, mais aussi bien des soucis. Daam devient député, puis ministre. Il attire autour de lui une bande de courtisans. Ceux-ci pensent avant tout à profiter de sa position. Un complot visant à récupérer un marché de travaux publics, et compromettant sa seconde épouse, mettra un terme à la carrière politique de Daam.
Daam et Gagnesiri sont expulsés de Tableau Ferraille. Déchu et profondément touché, Daam ne s'en relèvera pas.

Madame brouette est le film qui confirmera le talent de ce réalisateur.
Avec plusieurs prix à son actif (L’Ours d’argent de la meilleure musique du festival de Berlin en 2003, prix du public au Festival d'Angers etc.) Madame brouette est l’histoire d’une femme : Mati. Fière et indépendante, Mati a du mal à supporter les mauvais traitements que les hommes de son pays infligent à leurs épouses. Surnommée Mme Brouette à cause de son travail de marchande ambulante, cette jeune divorcée porte en elle toute la misère d'un Sénégal où les femmes n'ont qu'un devoir : faire des enfants. Divorcée, elle rêve en compagnie de sa fille Ndèye et de son amie Ndaxté, elle aussi rescapée d’un mariage violent, d’ouvrir une gargote qui lui permettrait de gagner dignement leur vie. Les hommes, elle n’en a que faire et elle est déterminée à s’en sortir. Mais voilà que le destin lui fait rencontrer Naago, policier de son état, charmeur et beau parleur, et Mati de tomber à nouveau amoureuse malgré ses appréhensions. Tous les espoirs sont permis… Et puis un beau jour, à l’aube, le quartier Niayes Thiokeert est réveillé par des coups de feu. Devant les voisins affolés, Naago sort de la maison de Mati criblé de balles et s’effondre. Mais qu’est-ce qui a pu conduire Madame Brouette à cet extrême ?

Moussa Sène Absa dira par rapport à son film : " Je me suis inspiré de la vie d'une de mes amies d'enfance. Quand j'étais petit on me taquinait en me disant que j'étais amoureux d'elle. J'allais lui chercher du bois et je me souviens que j'étais la honte de ma famille ! Elle était la coqueluche de tout le quartier, c'était la plus belle fille, la plus gentille, la plus douce… Elle s'est mariée à 16 ans, en grande pompe, avec un douanier qui l'a couverte d'or. Deux enfants et deux ans après, elle a divorcé et s'est remariée avec un agent d'assurances. À chaque nouvelle expérience, elle disait que c'était l'homme de sa vie. Cinq ans plus tard, nouveau divorce. Puis elle rencontre un homme d'affaires qu'elle trouvait différent de tous les autres... Deux autres enfants, et… divorce ! Quant à sa dernière conquête, un riche homme d'affaires, il a disparu après l'accouchement du bébé… Je lui ai demandé ce qu'elle ferait si elle le rencontrait et elle m'a répondu : "Je le tue". Son histoire m'a bouleversé. Elle avait tout pour elle. Elle aurait pu fonder un bon ménage. J'ai commencé à écrire en m'inspirant de son histoire. "


Moussa est un créateur profondément enraciné dans sa culture mais aussi ouvert au monde. "Le créateur doit être universel. Il doit arriver à toucher à ce que Senghor appelait "l'enracinement et l'ouverture". C'est un peu l'image du baobab, cet arbre immense dont la sève de la vie lui est donnée par les racines. C'est bien d'utiliser les feuilles et les branches, mais il ne faut pas oublier les racines."


Filmographie
Mme Brouette. fiction (2002) 104 mn.
Ainsi meurent les anges (2000), documentaire (60').
Blues pour une diva (1999), documentaire (54'), beta SP, couleur.
Jef-Jel (1998), documentaire (55'), beta SP, couleur.
Tableau ferraille (1997), fiction (100'), 35mm, couleur.
Molaan, des troupeaux sans pâturages (1994), documentaire (26').
Yalla Yaana / Pressés de voir le bon dieu (1994), fiction (45'), 16mm, couleur.
Offrande à Mame Njare (1993), documentaire.
Ça twiste à Poponguine (1993), fiction (87'), 35mm, couleur.
D'où viens-tu ? (1991), fiction (55').
Entre vos mains (1991), fiction (court métrage).
Set Setal (1991), fiction (court métrage).
Jaarma / Papisto Boy, peintre au pied du mur (1991), documentaire (13'), 16mm, couleur.
Ken Bugul / La République des enfants (1991), fiction (80'), 16mm.
Le Sang du baobab (1990).
Le Prix du mensonge (1988), fiction (20'), 16mm, couleur

Mamane Sani Abandé Moctar

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