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SYNOPSIS Note d’intention LE REALISATEUR Né au Sénégal, artiste aux multiples facettes, peintre, écrivain, musicien, Moussa Sene Absa passe avec aisance de l'écriture à la mise en scène, tant pour le théâtre que pour le cinéma. Il débute sur les planches comme acteur puis passe à la mise en scène de théâtre avec la pièce La légende de Ruba dont il est aussi l'auteur. Il réalisera son premier court métrage en 1988 et sera très prolifique. Il produira aussi pour la Télévision du Sénégal une capsule humoristique quotidienne, Gorgorlu, qui remporte un succès inégalé auprès des téléspectateurs. Filmographie CRITIQUE Sélectionné dans la compétition officielle en long-métrage de fiction, Teranga Blues a déçu un public pourtant impatient de le découvrir. Alors que les précédents films de Moussa SENE ABSA, dont « Tableau Ferraille » et « Madame Brouette », avaient séduit public et professionnels du cinéma, le réalisateur nous livre ici un long métrage qui ne répond pas aux attentes qu'il suscite, et ce de divers points de vue. Avant tout, c'est le scénario qui présente de nombreuses faiblesses : s'il est vrai que l'idée de départ pouvait donner un film non seulement intéressant mais de plus utile et engagé, le résultat est une succession de rebondissements parfois invraisemblables. Dick, novice débarqué accidentellement dans le milieu de la pègre, se voit immédiatement confier de lourdes responsabilités dans une affaire de trafic d'armes à grande échelle en vue de la préparation d'un coup d'état ! Le scénario se déroule ainsi par étapes à la progression un peu « assénée », ne laissant pas au spectateur le temps d'adhérer au récit. De plus, certains éléments, tels l'épisode du bagne ou le climax final dans une scène d'action à la Scarface , manquent de crédibilité et fragilisent encore l'ensemble. Constellée de clichés et de détails ultra kitsch, la réalisation de Teranga Blues imite le registre du film noir à l'américaine : atmosphère underground tendance décadente (alcool et boîtes de nuit à Gogo), armes à feu, blousons de cuir, gros billets, scènes de bagarre… Tout y est, l'ennui c'est qu'on attendait autre chose. On aimerait entrer dans l'intériorité d'un personnage tiraillé entre des désirs contradictoires : ambitions artistiques et nécessité de soutenir financièrement les siens, amour de sa famille et entretien du mensonge, envie de vivre son amour pour la jolie Rama et impossibilité de partager une relation d'honnêteté… Ce sont des problématiques majeures de la jeunesse africaine qui servent de toile de fond au scénario de Teranga Blues, mais les enjeux fondamentaux ne sont qu'esquissés. La réflexion de fond sur la tentation généralisée de l'exil, le mythe entretenu de l'Eldorado, la fascination pour une certaine culture occidentale, la pression familiale faite aux émigrés, la perte et la confusion des valeurs culturelles sont négligés dans le traitement. Le récit et centré autour du personnage de Dick et de ses tribulations qui revètent de surcroît, de par leur caractère excessif, la marque de l'exception. Mais Dick et ses tourments ne parviennent jamais vraiment à prendre corps, laissant le spectateur sur sa faim. A une approche basée sur l'intériorité et la psychologie du personnage, l'auteur a préféré donner dans l'intrigue mafieuse, dressant le portrait de petits gangsters en quête de promotion sociale et autres crapules politiques malheureusement dénuées de crédibilité. On se sent loin de Monsieur tout le monde et le cas de Dick relève plus du fait divers que d'une problématique socio-économique et culturelle. Le film, en s'engageant dans cette voie, semble peiner à se trouver et passer à côté de son sujet. Sophie Perrin
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| © Clap Noir / 2007 |