LE REALISATEUR
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Né en France en 1967, Laurent Salgues a la double
nationalité française et burkinabé. Après
une maîtrise d'Études audiovisuelles à l'École
Supérieure d'Audiovisuel (ESAV) à Toulouse, il
se perfectionne dans l'écriture de scénario au Conservatoire
Européen d'Ecriture Audiovisuelle (CEEA) à Paris
et à l'University of California Los Angeles (UCLA).
Il a été premier assistant-réalisateur sur deux
courts métrages d'Olivier Volcovici "Sans sommeil" et "La
Distance". Entre 1992 et 1996, il réalise plusieurs courts-métrages
et depuis 2003, il est scénariste pour la télévision
et le cinéma. "Rêves de poussière" est
son premier long métrage. Sélectionné au Festival
de Venise 2006 et Sundance Film Festival, il a obtenu le Prix de
la meilleure photographie, le Prix Ścuménique au Festival
de Namur et le Prix du Jury au Festival d'Amiens 2006.
Filmographie
1992 Eternité moins
cinq, fiction 6'
1993
Camillo, fiction 5'
1994
Codis 46, docufiction 8'
1996 La femme à l'ombrelle,
docufiction 13'
2006 Rêves de poussières,
fiction 86'
CRITIQUE
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Mocktar interprété par Makena
Diop arrive dans l'univers de la mine seul, démuni.
Avec lui, on plonge dans les boyaux d'une mine d'or artisanale
et bien sûr, dangereuse, effrayante. Ensuite, on
se frotte aussi aux rapports de force qui gouvernent cette
mine. Il y a les exploiteurs et ceux qui sont exploités.
Mais, cynisme de la vie, lorsque le chef disparait, l'un
des exploités va prendre sa place et reprendre toutes
ses attitudes, reproduire sa cruauté. Un constat âpre
et sans concession.
Le film ne décrit pas que les relations d'exploitation. Il montre également
la solidarité entre les hommes de la mine. Il est attentif à la
précision des gestes, à l'intensité des échanges
de regard, aux petits groupes qui se forment. Il fait éprouver la fatigue,
l'épuisement et met en valeur le petit échange qui va donner sens à toute
une journée de labeur. Il laisse aussi une part de rêve et la possibilité d'une
rencontre amoureuse. Elle sera aussi pudique que mythique. Laurent Salgues a
su magnifier la beauté très sahélienne de son épouse,
Fatou Tall-Salgues, drapée dans des voiles gracieux et énigmatiques,
qui interprète la jeune villageoise vivant aux alentours de la mine avec
laquelle notre mineur va se lier d'amour. Mocktar est un amoureux pudique. Pudique,
le film l'est aussi, bien sûr. Simple, silencieux, le jeu de Makena Diop
est intériorisé, toute en densité, en profondeur. Laurent
Salgues le filme dans le corps à corps physique avec la mine. Il suit
aussi son humanité, sa capacité à s'émouvoir. Il
montre la naissance des sentiments dans un contexte si âpre. C'est un film
du désert, un film où l'on parle peu, où chaque geste est
chargé de sens, où face à la dureté d'un système,
chacun tente de tenir, tout simplement. Sans exotisme aucun, sans lyrisme inutile,
sans manichéisme, c'est un hymne à l'ouvrier du monde entier, qui
creuse pour sa survie, au risque de sa vie. Un message qui est donc aussi politique
que le film atteint à une véritable grâce esthétique.
Caroline Pochon
EQUIPE TECHNIQUE
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Scénario et réalisation : Laurent
Salgues
Avec : Makena
Diop, Rasmane Ouedraogo, Fatou Tall-Salgues, Joseph
B. Tapsoba, Souleymane Zouré
Images : Crystel Fournier Montage : Annie
Jean Son : Thierry Morlass-Lurbe,
Luc Mandeville et Stéphane
Bergeron
Musique : Mathieu Vanasse
et Jean Massicotte
Support : 35mm - 2.35 - Couleur
Productions : Athénaïse, Corporation
ACPAV Inc., Sahélis Productions
Contacts : Loïc Magneron Wide Management
International Film Sales & Production
42bis rue de Lourmel 75015 Paris Tél: +33 1 53 95 04 64
lm@widemanagement.com
site
web du film :
www.laurentsalgues.com
http://www.clapnoir.org