|
Mbanick, fils de marabout, ose seul défier les esprits et parvient à faire disparaître le brouillard. Le village entier lui fait fête et reprend vie sous le soleil enfin de retour. Les pêcheurs repartent en mer, le marché reprend ses couleurs. Maxoye et Mbanick peuvent dévoiler leur liaison aux yeux de tous. Mais Yatma n'accepte pas le nouveau prestige de Mbanick. Une nuit, fou de jalousie, il assassine son ami et rival et fait disparaître son corps en mer. Propos de Mansour Sora Wade "Ce qui m'intéresse avant tout dans cette histoire, c'est qu'elle montre que les caractères ne sont pas posés, ni déterminés, une fois pour toutes. Ils évoluent, et sont souvent contradictoires, ambigus. Mes personnages s'expriment à travers leurs faiblesses et leurs qualités, qui pour moi sont essentiels pour communiquer leur "humanité". Maxoye, par exemple, dont les sentiments changent, passe de la haine à la compréhension, de la vengeance à l'amour. Elle finit par admettre le crime de Yatma car il est la preuve tragique de son amour pour elle." "La mémoire africaine ancienne, typique des sociétés à culture orale, enregistrait une scène dans tous les détails et la restituait ensuite telle quelle, sans la résumer, comme un film qui se déroule. Cette remarque d'Amadou Hampâté Bâ explique le choix d'un narrateur et ce que cela implique pour la forme. En effet, avant d'être un livre, cette histoire est celle d'un griot qui crée un conte en parlant d'événements réels et le transmet aux générations à venir. Ce film tient donc à respecter cette tradition orale mais en lui trouvant une équivalence cinématographique et tout comme le récit du griot, il mélange trivialité et symbolisme, souci du détail et métaphores." "J'ai tenu à ce que la vie ordinaire et le surnaturel existent ensemble, sans ostentation, de façon très simple, comme cela fut le cas dans mon enfance. En Éthiopie, les bergers copte considèrent que le léopard est chrétien et qu'il respecte donc les jours de jeûne le mercredi et le vendredi. Mais cela ne les empêche pas de rentrer tout de même leurs troupeaux ces jours là. Dans Le Prix du pardon, le requin est considéré comme la réincarnation de Mbanick, mais reste avant tout un requin. Ceci montre que la croyance et le pragmatisme coexistent naturellement au quotidien." "J'ai voulu un traitement visuel étranger à tout folklore, à tout ce qui peut faire couleur locale. Sur le plan des costumes, et des étoffes par exemple, j'ai utilisé des couleurs unies et non bigarrées comme on l'entend généralement à propos des tissus africains. Si la couleur apparaît dans une scène, c'est qu'elle est là pour refléter un sentiment particulier. Par exemple pour la partie dans le brouillard, les couleurs sont plus ternes, puis plus vives pour celles dans les scènes ensoleillées. La couleur constitue ainsi un renfort supplémentaire pour l'action."
FILMOGRAPHIE Filmographie pour le cinéma 2001 : LE PRIX DU PARDON, long métrage fiction |
| © Clap Noir / 2003 |