LE REALISATEUR
_______________________
Après des études en Information, Journalisme
et Communication, ainsi qu'en Anthropologie et Civilisations africaines,
Pierre-Yves Vandeweerd a enseigné, jusqu'en 2003, comme assistant à la
Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université Libre
de Bruxelles. Il devient ensuite, dès 2004, chargé de
cours et de projet au Media Centre de Dakar, où il va développer,
dans le cadre de la coopération bilatérale entre la
Communauté française de Belgique, la Région
wallonne et le Sénégal, une résidence annuelle
d'écriture et de réalisation documentaire destinée à des
jeunes cinéastes sénégalais. Depuis 1998, il
est également co-directeur du festival biennal du cinéma
documentaire de la Communauté française de Belgique
: Filmer à tout prix . Ses films s'inscrivent dans
le cinéma du réel et ont été, pour la
plupart, tournés en Afrique.
Filmographie
1994 : Nemadis
1998 : Sida,
d'ici et de là-bas
2000 : Nemadis,
des années
sans nouvelles
2002 : Racines Lointaines
2004 : Closed districts
2007 : Le
Cercle des noyés
CRITIQUE
_______________________
Exigeant, Bouleversant
Exigeant et bouleversant, "le cercle des noyés" impose
dès les premières images la profondeur de sa réflexion.
A l'image, en silence, de longs plans fixes, toujours en noir et blanc.
Une chambre africaine dénudée. Une rue. Une route. Des
bêtes. Un quotidien lent et stylisé. Un abattoir de chameaux.
Et puis apparaissent des visages. Une seule voix, Peule, intimiste
et cassée par les années de souffrance, va parler pour
eux. Eux, ce sont ceux que l'on appelle "le cercle des noyés".
Les militants pour la cause Noire accusés de collaboration à un
coup d'Etat par le régime Mauritanien du Président Ould
Taya en 1987 et emmenés au fort de Oualata, au fond du désert.
La prison mauritanienne
La
caméra tente de nous faire revivre l'exil et la souffrance.
Elle traverse les immenses étendues désertiques, balayées
par le vent du Sahara. On imagine un long voyage. La séparation
d'avec les siens. L'inquiétude. L'attente. Puis, nous voyons
ce fort se dresser au milieu de nulle part comme celui du désert
des tartares. Avant d'être le camp de la mort d'un gouvernement
mauritanien affirmant son racisme, le fort de Oualata fut une base
militaire française. Et toujours, battue par le vent du désert,
tandis que devant, au premier plan, une caravane passe.
La voix dit les souffrances, les humiliations,
la torture, la mort des autres, l'attente. A l'image,
nous sommes derrière une muraille,
une fenêtre trop étroite. Minimaliste, la bande son enregistre
le moindre bruit : de la musique venue des radios des gardes,
le passage d'un camion, le vent. " A force d'être coupée
du monde, l'ouïe devient fine" . Pas de plainte, un
récit. Nu et sans concession.
Lever la loi du silence,
plus de dix ans après
Cette
voix, c'est la voix de Fara Bâ, un rescapé du fort
de Oualata. Le film est né de sa rencontre avec Pierre-Yves
Vandeweerd, un réalisateur belge qui travaille depuis plus de
dix ans en Afrique, et particulièrement en Mauritanie. De leurs
premières conversations est né, il y a dix ans, le désir
commun de témoigner de l'histoire tragique de ces anciens prisonniers
politiques. Une loi du silence pesait alors en Mauritanie : seul, un
courageux travail de mémoire pouvait permettre de rétablir
un sentiment de justice. Huit ans d'entretiens avec plusieurs d'entre
eux ont fini par donner naissance à cette voix off unique, à la
première personne, qui fut enregistrée à Nouakchott,
de manière clandestine. Le maintien au pouvoir du Président
Ould Taya les mettait tous en danger. En 2005, un coup d'Etat a renversé ce
dernier, orientant la Mauritanie sur la voie de la démocratie,
rendant le film possible, permettant de lever ce tabou qui pesait sur "le
cercle des noyés".
Bien sûr, derrière la spécificité de la
situation Mauritanienne, derrière la manière très
fine dont le réalisateur belge a su rendre l'atmosphère
particulière du désert africain, ce récit fait écho à bien
d'autres, encore tus ailleurs, et donne de l'exil politique ainsi que
de la torture une interprétation forte, à la fois poétique
et universelle.
Caroline Pochon
Clap
Noir
EQUIPE TECHNIQUE
_______________________
Réalisation :
Pierre-Yves Vandeweerd
Texte :
Bâ Fara,
Pierre-Yves Vandeweerd
Narration : Bâ Fara
Images :
Pierre-Yves Vandeweerd
Son : Alain Cabaux
Montage : Philippe Boucq
Production :
Cobra Films, Zeugma Films
Coproduction : Images Plus , Gsara , CBA, Les Ateliers
du Laziri
Distribution : Zeugma Films Marianne Geslin, Michel
David +33 1 43 87 00 54
zeugma-films@noos.fr / mariannegeslin@yahoo.com
http://www.clapnoir.org