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SYNOPSIS
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A peine sorti de prison, Kamel est expulsé vers son pays d'origine, l'Algérie. Cet exil forcé le contraint à observer avec lucidité un pays en pleine effervescence, tiraillé entre un désir de modernité et le poids de traditions ancestrales.
LE REALISATEUR
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Né en 1966 en Algérie, Rabah Ameur-Zaïmeche arrive en France en 1968. Après des études
en sciences humaines, il est passionné de cinéma et fonde en 1999 la société Sarrazink Productions. Il réalise en 2001 avec quelques amis son premier film « Wesh Wesh, qu’est-ce qui se passe ? » un film sur la réinsertion d’un ancien délinquant, tourné sur les lieux de l’enfance du réalisateur, la citée des Bosquets en Seine St Denis.
Ce film obtient de nombreux prix, dont le prix Louis Delluc. En 2005, il signe sa deuxième réalisation Bled number one, sélectionné dans Un certain regard à Cannes 2006.

CRITIQUE
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Ecrire le commentaire de « Bled Number One » est un exercice
difficile.
Ce film atypique, surprenant, courageux, est aussi un exercice de style
chargé de messages qui peut être d’abord lourd à
décrypter, avant l’adhésion finale à la ligne
de l’auteur. Sur les traces de Kamel, le film nous emmène
dans le village de Louloutj et nous y laisse plongés dans une atmosphère
redoutablement oppressante. Ce retour aux sources d’un jeune homme,
dont la vie s’est construite ailleurs, est empreint de sentiments
contradictoires qui assaillent le spectateur sous des formes inattendues,
parfois inconscientes. Ainsi l’attachement à la famille,
la tendresse pour la culture d’origine, le respect de la tradition,
la valorisation de la diversité culturelle sont constamment mises
en conflit avec un regard plus dur, chargé de désirs frustrés
de liberté et d’autonomie de pensée.

Toujours entier, refusant les concessions, c’est une société
violente dont Rabah Ameur Zaïmeche nous fait le portrait. L’unique
effusion de sang a pourtant lieu lors de la mise à mort d’un
taureau, qui sera ensuite pacifiquement partagé entre les villageois
; mais la violence est ailleurs. Violence de la condition féminine,
violence du poids de la tradition, violence de la surveillance constante
du groupe sur les individus, violence de l’absence de perspectives
hors le village, violence des réalités sociales : chômage,
désoeuvrement, perte de repères, terrorisme… L’oppression
est partout, autant dans le scénario que dans la réalisation
: longues séquences traduisant l’attente – vaine –
, plans longs et serrés, silences, soleil de plomb, étroitesse
de la communauté… On se demande si l’espoir peut trouver
une place dans le film, bien qu’on n’y renonce jamais vraiment.
De ce point de vue, Bled Number One assure comme il l’annonce d’ailleurs
une continuité avec son prédécesseur « Wesh
Wesh ». Sans complaisance, sans fausse pudeur, sans démagogie,
Zaïmeche garde le cap. En revanche, la force de ce film, du point
de vue du parcours de son auteur, est d’avoir laissé derrière
lui l’univers des banlieues, le parler de la cité, la critique
policière ainsi que certains autres éléments trop
vite et facilement relégués au rang d’étendards
d’une sous culture de banlieue dépréciée dans
les sphères de l’Intelligentsia établie. Bien que
poursuivant avec acharnement le fil de son propos sur les relations entre
l’Algérie (ayant ici valeur d’exemple) et la France,
Zaïmeche a travaillé une acuité encore affinée
du regard, telle que les mots sont radicalement économisés,
les dialogues ne traitant que de ce qui est hors du champ. Les redondances
sont ainsi superbement évitées, laissant au spectateur une
grande liberté d’interprétation du récit pictural.
Le courage des partis pris d’écriture et de réalisation
très forts, associés à cette pertinence du regard
et au travail de retranscription, font de ce film un réel essai
cinématographique. En la matière, on peut dire que l’essai
est transformé. Le réalisateur parle d’ailleurs de
« cinéma de la perception », mettant en exergue la
force évocatrice de l’image et rappelant au passage les origines
muettes d’un art aujourd’hui trop souvent asservi au rythme
du dialogue.
Enfin, la modestie de l’ensemble, l’humilité rendue
palpable par l’apparente petitesse des moyens classe ce film dans
la catégorie de ceux qui sont portés par la seule qualité
de leurs auteurs et interprètes, et fait ainsi de Rabah Ameur Zaïmeche
un réalisateur décidément « dangereux ».
A suivre…
Sophie Perrin (Clap Noir)
FICHE
TECHNIQUE
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Réalisation
: Rabah Ameur-Zaïmeche
Avec : Meriem Serbah, Abel Jafri, Rabah Ameur-Zaïmeche,
Farida Ouchani, Ramzy Bedia
Scénario : Rabah Ameur-Zaïmeche, Louise
Thermes
Image : Lionel Sautier, Hakim Si Ahmed, Olivier Smittarello
Son : Thimotée Alazraki, Bruno Auzet, Mohamed
Naman
Montage : Nicolas Bancilhon
Costumes : Sabrina Cheniti
Musique : Rodolphe Burger
Production : Sarrazink
Distribution : Les Films du Losange, tél
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