Ici et là-bas : rencontre avec un jeune cinéaste franco-sénégalais qui nous parle de la jeunesse africaine Idrissa
Guiro a la double nationalité, française et sénégalaise.
Enfant, il parle le wolof et le pulaar au Sénégal puis
vit en France pendant vingt ans. Mais aujourd'hui, il est trois mois
sur douze au Sénégal, où il a encore une grande
partie de sa famille. " A Dakar, je suis chez moi ".
Il quitte l'école très jeune, voyage dans le monde, devient
photographe puis caméraman. L'Afrique l'inspire. La question
de l'immigration clandestine cristallise son désir de réaliser
un film. Il part seul en repérages, filme des images, crée une société de production avec Valentine Bortot en 2006 (Simbad films), obtient le soutient de la Scam, de France O et de CFI et termine son film, qui est sélectionné au cinéma du réel, ce qui génère d'autres propositions de la part des diffuseurs de différents pays. Début d'une success story ? En tout cas, naissance d'un vrai cinéaste. Pour Idrissa, il est très important que les gens de la diaspora fassent des films sur l'Afrique : "Je
pense que le film sera vu ici et là-bas. Si je n'avais fait un
film que pour le Sénégal, il y a des choses que je n'aurai
pas eu besoin de dire, par exemple sur les rapports familiaux ou l'existence
de ce désir de partir. Mais j'intègre le public français,
qui n'a pas forcément les clés, notamment sur la société
sénégalaise, pour comprendre. Du fait que j'appartiens
aux deux cultures, je peux aussi critiquer sans complexes la société
sénégalaise, pas comme des cinéastes français
qui abordent parfois l'Afrique avec un complexe de supériorité
ou de colons, et n'osent pas dire du mal de l'Afrique". |
| © Clap Noir / 2008 |