A PROPOS DU FILM LE REALISATEUR
Filmographie CRITIQUE Les débats qui constituent le corps du procès sont riches en arguments, de part et d’autre d’ailleurs, même s’il est vrai que l’avantage est donné à la partie civile. Le film pourrait de ce fait s’enfoncer dans le pur bavardage, mais le caractère totalement improbable d’un tel procès et les choix de mise en scène lui confèrent une intensité dramatique particulière. Le contenu des séquences "additionnelles" au procès, la vie de la cour, l'histoire du couple, les saynètes de rue... me semble tout a fait intéressant en contrepoint, car il relève du quotidien et de l'ordinaire, du très particulier, voire de l'intime alors que les questions qui sont discutées au procès s'inscrivent très clairement dans une perspective globale. L'épisode des cow-boys est encore d'un autre registre. Le jeu avec l'absurde y est poussé à son comble et le changement radical d'univers semble créer un abîme, mais il nous ramène de manière très subtile aux enjeux de l'inégalité des relations nord / sud, riche / pauvre, puissant / misérable. Sur le plan formel, le tournage du procès en docu-fiction est un parti pris courageux. On pense au fameux « Punishment Park » de Peter Watkins, bien que la mise en scène en soit très différente. Cette mise en scène d’un impossible procès – dont on se demande au passage qui pourrait bien en être le juge – , et son intégration dans la vie quotidienne de la concession qui poursuit son cours comme si de rien n’était relèvent carrément du surréalisme. Le saut de registre opéré avec la scène des cow-boys et la mise en scène carrément grand guignolesque de cette séquence participe de la même dynamique. L'usage symbolique de l'espace nous dépeint un constat bien réel, et nous fait sans doute entendre le message de l’auteur à son peuple. Bien qu'au coeur de la vie de chacun, les réalités de la gouvernance mondiale restent hors des préoccupations du plus grand nombre, qui continue de préférer les ignorer. Ce film se présente comme un cri, un appel aux peuples laissés pour compte dans la donne mondiale à devenir spectateurs conscients et acteurs, dans la mesure du possible, du devenir des institutions qui régissent leurs vies sans en connaître les difficultés, et sans en défendre les intérêts. Sophie Perrin EQUIPE TECHNIQUE
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| © Clap Noir / 2006 |