Retour de Cannes
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Cannes n'est pas qu'en mai. La ville a aussi sa date africaine, avec le festival panafricain qui s'est déroulé du 11 au 19 février, dans les lieux que les habitués de Cannes connaissent bien (espace miramar, palais des festivals...).

Sous la houlette de Basile Ngangue Ebelle, le festival a vécu sa troisième édition sous les premiers rayons de soleil de l'hiver méditerranéen. Pluridisciplinaire, il a permis au public cannois, au milieu d'autres plaisirs, de savourer les chorégraphies de Georges Momboye, le danseur chorégraphe ivoirien, qui revisite toujours brillamment l'héritage musical et chorégraphique africain ou encore de découvrir la voix sublime de Muntu Valdo, chanteur soliste camerounais. Pour ce qui concernait la programmation cinématographique, le festival affiche l'éclectisme et le panafricanisme, surtout dans le court-métrage. Afrique, diaspora, tous les cinémas noirs sont convoqués.

Outre des court-métrages qui ont déjà fait leurs preuves en festivals, comme "Safi, la petite mère" (2004) du Burkinabé Razo Ganemtore, histoire d'une orpheline dans la campagne africaine, qui obtient le prix du meilleur court-métrage, ou encore le très élégant court-métrage de la réalisatrice franco-ivoirienne Isabelle Boni-Claverie, "Pour la nuit" (2004), qui associe le deuil d'une mère à la redécouverte du plaisir chez une jeune femme métisse.

A citer aussi, "Monsieur Etienne" (2005) de Yann Chayia, très belle poésie sur l'âge et le temps qui passe, dans une Martinique nostalgique et intemporelle, ou encore "Un train nommé Samba", documentaire de Sylvie Bayonne.

On découvre aussi des talents moins souvent programmés, comme Owell Brown, Fernand Prince, comédien-réalisateur du marrant "putain de répondeur" (1997). On retrouve aussi avec plaisir le merveilleux petit opus de la Sénégalaise Angele Diabang Brener, "Mon beau sourire", cinq minutes de plaisir filmique et de jeu de montage sur le thème du tatouage des gencives. 

Ce petit festival qui monte est aussi l'occasion de découvrir ou redécouvrir l'oeuvre du Camerounais Jean-Pierre Mbekolo, avec deux savoureux et poétiques longs métrages, "Quartier Mozart" (1992) et "Le complot d'Aristote" 1996) ou encore de voir la trilogie de Laurence Attali, la plus Sénégalaise des Françaises, "Même le vent" (1999-2004), "Baobab" (1999), "Le déchaussé" (2000). Les prix décernés par le jury présidé par Jeanne Romana font la part belle à la diaspora antillaise, avec "Roble de Olor", le long métrage cubain de Rigoberto Lopez et le documentaire musical "Calypso@dirtyjim's" de Pascale Obolo.

Caroline Pochon
Clap Noir


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