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Cheik Fantamady Camara vient de tourner son premier long métrage « Il va pleuvoir sur Conakry » en Guinée.
Le film raconte l'histoire amoureuse d'un journaliste caricaturiste Bibi, fils d'un Imam et de son amie, informaticienne Kesso, tombée enceinte de lui. Tous les deux forment un couple moderne. L'Imam, imprégné de ses convictions religieuses et gardien de la tradition ancestrale de son village ne veut pas d'un enfant né hors mariage pour ne pas salir sa lignée avec un bâtard. Conflit de générations et réflexion sur l'évolution des traditions sont au menu de cette saga familiale. Didier Berghounoux, photographe connu des cinéastes africains, était sur le tournage à Conakry. Il nous présente ses clichés comme un carnet de voyage aux souvenirs impérissables.
Un tournage en Afrique pour un photographe c'est toujours une formidable expérience. La tête tourne, que d'images dans le champ et le hors-champ ! C'est mon cinquième long-métrage sur le continent et ma première fois en Guinée à Conakry.
Le matériel prises de son et image est tout numérique, s'il est mis à rude épreuve, chaleur et humidité, un zest de poussière, tout fonctionne ! Dans un pays où il n'y a du courant que la nuit et souvent via un groupe de relais, c'est souvent le casse-tête pour le back-up de l'ingé-son ou la charge des batteries de la caméra.
Sur le plateau l'ambiance est fraternelle "Ountanara" en Soussou "On est ensemble" pour le meilleur et pour le pire. Fatigue, nuits, horaires décalés, l'accident d'un chauffeur, la panne du groupe, sourires, rencontres, danser au maquis, déguster un foutou banane, faire de belles images, raconter une belle histoire, palabrer avec un policier zélé, c'est un shaker d'intentions, d'émotions.
Les techniciens viennent d'un peu partout, Sénégal, Mali, Guinée, France, Burkina Faso, chacun conte ses anecdotes, on rit, on boit un bon premier, on s'énerve, on s'embrasse, on râle, on partage nos vies, nos expériences et on s'enrichit.
4 h du mat sur le décor d'un village, une centaine d'enfants les yeux illuminés au premier rang, les anciens debout derrière, contemplent ce ballet agité et coordonné, le chef électro qui apporte un projecteur HMI en urgence.
La costumière les traits tirés qui recoud un énième bouton, la régie qui prépare la dixième thermos de thé, le réalisateur concentré et l'ingé-son qui râle : Silence !! son seul raccord plateau ! Je songe que sans doute notre passage va déclencher à un de ces gamins l'envie de faire un film un jour...
23 h Aéroport de Conakry, chaleur, je trimballe dans mon sac les cassettes de rush et un disque dur de sauvegarde du son, j'explique aux douaniers qu'il est préférable de ne pas passer les sac aux rayons, déballe tout dans un coin, " voyez chef c'est juste des cassettes " ça palabre, après moult hésitations et discussions avec une dizaine de douaniers, on évite les rayons, avec en prime, revenez chez nous, sourires... En hommage à Tahibou, coordinatrice régie, subitement décédée le 7 décembre 2005. Didier Bergounhoux. Crédit photos : Didier Bergounhoux |
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