Une nouvelle vie pour la FEPACI
_______________________



 


Place des cinéastes à Ouagadougou

Petit retour en arrière

La FEPACI (Fédération Panafricaine des Cinéastes) est à l’origine de textes fondamentaux sur le cinéma africain. Membre Observateur de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), elle est chargée de faire pression sur les Etats africains et les institutions internationales afin de les amener à mettre en place des politiques culturelles visant à l’émergence d’industries cinématographiques nationales, régionales et interafricaines.

Créée en 1969, elle a connu de nombreuses vicissitudes, minée par des contradictions internes. En mars 1982, le Manifeste de Niamey eut le mérite d’approfondir de façon précise et concrète les objectifs de la FEPACI. Il montra également que cette intégration ne pouvait se faire sans le soutien des Etats africains. Cependant, le changement n’arriva véritablement qu’à l’occasion du 3ème Congrès de la FEPACI, appelé aussi Congrès de la Renaissance. De nouvelles orientations furent alors amorcées, sous l’impulsion du Secrétaire général, Gaston Kaboré. Son objectif : faire reconnaître sur le plan international et, auprès des Etats africains, la Fédération. Pourtant, des blocages internes ne cessèrent de persister et cela, pour 3 raisons essentielles :
- la faiblesse des ressources de la FEPACI,
- la désorganisation de ses associations nationales,
- un manque évident de conscience collective de la part des réalisateurs africains.
À l’issue de ce Congrès, un Plan de relance du cinéma africain fut lancé… sans succès. En février 1996, le 6ème Congrès de la FEPACI annonça le départ de Gaston Kaboré. Le nécessaire renouvellement du Bureau fédéral fit, une nouvelle fois, ressurgir des éléments de fragilité de la FEPACI (démobilisation des associations nationales, crise de la structure…). L’élection du Bureau fédéral n’ayant pu aboutir, des membres du Bureau provisoire furent désignés avec, pour Secrétaire général, Pierre Rouamba. Pendant dix ans, il n’y eut plus de Congrès de la FEPACI.

Une date clé : avril 2006
Du 3 au 6 avril 2006, le 1er Sommet du Film Africain eut lieu à Tshwane (nouveau nom donné à Prétoria, capitale de l’Afrique du Sud), organisé par le Département des Arts et de la Culture sud-africain et la National Film and Video (NFVF), en association avec la FEPACI. Cette initiative a eu pour objectif de réconcilier les cinéastes africains afin de les engager dans une politique commune, destinée à encourager la production et la diffusion de films sur le continent. La principale décision fut l’adoption de la Déclaration panafricaine des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, appelée Déclaration Tshwane. Celle-ci prévoit la création d’une Commission panafricaine du cinéma, rattachée à l’OUA. Ses principales missions seront de créer un environnement favorable pour développer l’industrie audiovisuelle africaine sur le plan interne et international, de faciliter les coproductions entre pays africains et de rechercher des financements. Surtout, ce Sommet marqua un nouveau départ pour la FEPACI : le 6 avril, son 7ème Congrès fut – enfin – organisé. 250 professionnels du cinéma, venus de 39 pays, ont débattu, ce jour là, à bâtons rompus durant près de 12 heures.

Pourquoi faut-il avoir espoir ?
Pour la première fois depuis la création de la FEPACI, les cinéastes de la diaspora furent représentés au même titre que les cinéastes d’Afrique anglophone et francophone. Garant d’une meilleure efficacité, un nouveau Bureau fut investi pour un mandat de 4 ans avec, en filigrane, un changement profond de sa structure. Au niveau du Secrétariat général, il fut décidé que ce dernier, jusqu’ici basé au Burkina, se déplacerait désormais en fonction de la nationalité du Secrétaire général. Surtout, l’innovation majeure a résidé dans l’élection d’un Président. Véritable tête politique de la structure, il sera chargé de défendre les intérêts de la FEPACI et de revendiquer, auprès de l’OUA, l’obtention d’un budget, seul moyen d’être en mesure d’agir véritablement. Ainsi, un vent nouveau de revitalisation souffle aujourd’hui sur la FEPACI. L’élection de ce nouveau Président devrait lui permettre d’amorcer une nouvelle ère. Plus forte, plus déterminée, plus influente, tous les espoirs sont donc permis pour que la FEPACI relève les défis auxquels la cinématographie du 21ème siècle doit faire face.

Président : Charles Mensah, directeur du centre gabonais du cinéma et producteur.
Secrétaire général : Seipati Bulane-Hopa, productrice sud-africaine, 1ère femme élue à ce poste. Elle succède au Béninois Jacques Behanzin.
Trésorier : Albert Egbe, producteur et acteur nigérian vivant en Afrique du Sud et expert-comptable de formation.

Sophie Hoffelt  (Clap Noir)

www.clapnoir.org




Haut de la page

© Clap Noir / 2006