Daratt, se Venger ou pardonner ?
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Tournage de Daratt (© DR)

Une fois de plus la guerre semble avoir pris ses droits sur la bonté humaine. En plein Sahel, au Tchad, un jeune homme est confronté aux réalités de la vie ou tout simplement de l’après guerre. Daratt retrace l’aventure d’Atim (Ali Bacha BARKAÏ).
Le gouvernement vient d’accorder l’amnistie à tous les criminels de guerre. Atim qui a alors seize ans, reçoit un revolver des mains de son oncle pour aller tuer l’homme qui a assassiné son père deux mois avant sa naissance …      

Atim quitte son village et part pour N’djaména, à la recherche d’un homme qu’il ne connaît même pas. Il le localise à N’Djamena : ancien criminel de guerre, Nassara est aujourd’hui rangé, marié. Il dirige une petite boulangerie.  

Atim se rapproche de Nassara, lui fait croire qu’il cherche du travail et se fait embaucher par lui comme apprenti boulanger, avec la ferme intention de le tuer… Intrigué par l’attitude d’Atim à son égard, Nassara le prend sous son aile et lui apprend l’art et la manière de fabriquer du pain… 

Avec le temps, une étrange relation se tisse entre les deux êtres. Malgré ses sombres desseins envers l’homme qui a tué son père, Atim semble trouver chez Nassara la figure paternelle qui lui a toujours fait défaut ; de son côté, Nassara découvre chez l’adolescent un fils potentiel. Un jour, il lui propose de l’adopter…

« A travers ce film, je voudrais m’interroger sur ce phénomène de l’impunité qui, hélas, n’est pas seulement une particularité africaine. Souvent, dans les pays traversés par les guerres civiles, les acteurs du drame ont tué, violé, brûlé, endeuillé, pillé…[…]. Les boureaux, eux, deviennent des gens de pouvoir et paradent sans être inquiétés. C’est ce sentiment d’injustice qui nourrit en fait le désir de vengeance, qui n’est au fond qu’un désir de justice », clame Mahamat-Saleh HAROUN, le réalisateur du film.

Au fil du film, chacun pouvait imaginer les sentiments qui l’avait habité en entendant parler du génocide Rwandais, de Burundi, Sarajevo…

« C’est une histoire de vengeance, donc. Je voudrais, à travers ce film, explorer les forces les plus sauvages, primitives, telluriques qui peuvent habiter l’homme. Les forces nocturnes qui se nichent au tréfonds de l’homme et font tourner les machines à fabriquer l’horreur. Ici et ailleurs. Comment en effet continuer à vivre ensemble après tant de violence et de haine ? Y a-t-il encore une place pour le pardon ? Quelle attitude adopter face à l’impunité ? Se résigner ou se faire justice soi-même ? », continue le réalisateur.

Se venger ou pardonner après avoir vécu de pareils évènements ? La question reste posée.

Film à suivre absolument, Daratt fera certainement un grand chemin dans la cour des grands films africain.

Mamane Sani Abandé Moctar

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