|
Une fois de plus la guerre semble avoir pris ses droits sur la bonté humaine. En plein Sahel, au Tchad, un jeune homme est confronté aux réalités de la vie ou tout simplement de l’après guerre. Daratt retrace l’aventure d’Atim (Ali Bacha BARKAÏ). « A travers ce film, je voudrais m’interroger sur ce phénomène de l’impunité qui, hélas, n’est pas seulement une particularité africaine. Souvent, dans les pays traversés par les guerres civiles, les acteurs du drame ont tué, violé, brûlé, endeuillé, pillé…[…]. Les boureaux, eux, deviennent des gens de pouvoir et paradent sans être inquiétés. C’est ce sentiment d’injustice qui nourrit en fait le désir de vengeance, qui n’est au fond qu’un désir de justice », clame Mahamat-Saleh HAROUN, le réalisateur du film. « C’est une histoire de vengeance, donc. Je voudrais, à travers ce film, explorer les forces les plus sauvages, primitives, telluriques qui peuvent habiter l’homme. Les forces nocturnes qui se nichent au tréfonds de l’homme et font tourner les machines à fabriquer l’horreur. Ici et ailleurs. Comment en effet continuer à vivre ensemble après tant de violence et de haine ? Y a-t-il encore une place pour le pardon ? Quelle attitude adopter face à l’impunité ? Se résigner ou se faire justice soi-même ? », continue le réalisateur. Se venger ou pardonner après avoir vécu de pareils évènements ? La question reste posée. Film à suivre absolument, Daratt fera certainement un grand chemin dans la cour des grands films africain. Mamane Sani Abandé Moctar |
| © Clap Noir / 2006 |