| Antoine Doyen est un jeune étudiant français. Il étudie la sociologie. «Tout a commencé en juin 2004 lors du Aye Aye Film Festival. Je réalisais en noir & blanc les portraits des participants ainsi que quelques photos de l’ambiance de la manifestation». Les photos d’Antoine étaient affichées, un peu comme l’album photo du festival. Par la suite, une proposition lui est faite. Faire des portraits des réalisateurs africains. De propositions en aménagements, Antoine est aujourd’hui prêt à se lancer sur les routes africaines. Il va aller à Cotonou puis à Ouagadougou, pour photographier les "acteurs" du cinéma en Afrique.
Clap Noir : Comment est né ce projet ? Antoine Doyen : A la base,
il y a ma passion de la photo. Ayant réalisé une série
de portraits des participants au Aye Aye Film Festival (www.ayeaye-vo.com),
j’ai eu l’occasion de rencontrer Gérard Marion, coordinateur
du festival Lumières d’Afrique à Besançon.
Alors qu’il me proposait de réaliser une série sur
les étudiants africains vivant à Besançon, il m’a
également, sans vraiment y faire attention, fait partager sa passion
pour les cinémas du sud. De fait, le projet photo a vite dérivé
« dérivé » en direction du cinéma africain.
J’ai alors décidé de me renseigner sur ce secteur
que je connaissais très mal. Après avoir vu les premiers
films de Fanta Nacro ou Abderrahmane Sissako à la Cinémathèque
Afrique (MAE), Mweze Ngangura, etc., je me suis rendu compte des richesses
de ce cinéma ! Tout naturellement, m’est venu le désir
de faire partager cette agréable découverte avec un maximum
de personnes. Mon avis est que la cinématographie africaine a autant de qualités sur le plan des idées que de difficultés à être diffusée, voir à être correctement pratiquée. J’ai ainsi vu certains films qui, malgré la volonté qui préside à leur réalisation, laisse paraître à l’écran un manque criant de moyens techniques et/ou financiers. En plus, quand ceux-ci sont présents, ils sont souvent fortement « européens ». Si la coproduction internationale est toujours un plus en termes d’échanges d’idées, etc., il faut cependant noter que peu de films reflètent à 100 % d’un point de vue « africain ». Qu’il en soit ainsi n’est pas vraiment grave, mais pour affirmer son existence et sa singularité, le cinéma africain se doit d’être capable de se produire avec des fonds africains. C’est d’ailleurs un point critique qui ressort assez souvent dans le discours de certains réalisateurs. Cotonou, Ouagadougou. Quelle importance ces deux villes ont-elles dans le cadre de la réalisation de votre projet ? L’importance de ces deux villes –
en ce qui me concerne – est assez pragmatique. À Cotonou,
Valério Truffa a créé les Ateliers Fiwe, une école
de cinéma dont la première promotion a commencé les
cours en octobre 2004. Je suis curieux de voir les futurs réalisateurs
et techniciens africains ! Par ailleurs, j’y rencontrerai également
les membres du Cinéma Numérique Ambulant, qui organisent
des projections itinérantes dans les villages. Ce n’est pas tout : si tout se passe bien, je devrais me rendre au Festival Ecrans Noirs qui auront lieu à Yaoundé, en juin. Et ce n’est pas fini… Je suis en train de voir à quels tournages je pourrais éventuellement assister. Et puis, il ne faut pas non plus oublier l’Europe : à la mi-mars, il y a le festival de Milan, en Mai, c’est celui de Cannes, etc… Autant d’occasions d’observer la représentation du cinéma Africain ! Le projet d’Antoine vous intéresse ! Télécharger le fichier au format pdf sur son site web: www.visagesdafrique.com Candide Etienne |
| © Clap Noir / 2005 |