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BlandineYaméogo
A travers ses errances burkinabés, Delwendé nous plonge au cœur d’une réflexion sur les grands déchirements d’une culture qui avance en funambule entre deux mondes.
Distillant des points de vue originaux, Yaméogo relit avec subtilité les clivages entre ville et brousse, entre féminité et masculinité, entre modernité et tradition. Brûlot sur la condition des femmes livrées au dictat patriarcal, Delwende refuse toutefois à enfermer sa réflexion dans les seules limites de cette critique sociale et s’attache à nous ouvrir d’autres problématiques.
A travers une galerie de personnages parfois stéréotypés, c’est l’usage de la tradition en dépit de la perte de valeurs essentielles que stigmatise le film. Instrumentalisée, vidée de tout son sens, la coutume est ici mise à jour sous ses aspects les plus effrayants. La modernité et la ville sont incarnées en la capitale Ouagadougou, qui devient malgré la rigueur de ses conditions de vie un asile où survivent grâce à la solidarité de la dernière chance les bannies dont personne ne veut plus. C’est là que Napoko, interprétée par Blandine Yaméogo, s’apprête à achever son existence, jusqu’à ce que la détermination de sa fille ne vienne l’arracher à ce triste sort.

Claire Ilboudo
En ramenant sa mère au village et en faisant triompher la vérité et la justice, Pougbila, incarnée par Claire Ilboudo, ramène à leurs responsabilités et à la juste application de la loi les anciens et le chef lui-même, qui s’étaient égarés.
Pougbila est une véritable héroïne, droite et juste et au remarquable courage. Avec son portrait, le réalisateur rend un hommage chaleureux à la dignité et à la détermination des femmes africaines à lutter contre l’injustice. Il se prononce ainsi – et nous l’en remercions- sur la confiance qu’il place en leur succès.
Sophie Perrin (Clap Noir)
www.clapnoir.org
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