Artiste et compositeur de musique de film
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La qualité d'un film repose sur une belle histoire, de belles images, un bon montage. Très souvent on occulte le bon dosage du bruitage et de la musique qui relève sa saveur. A l'occasion de la grande messe du cinéma africain, le Fespaco, la rédaction de clap noir a tendu son micro à un compositeur de musique de film. Il est jeune, la trentaine, les idées bien en place et il aime bien « se moquer » des dérives de la société. Lui, c’est tout simplement Smokey de son nom d’artiste, le chouchou des jeunes à Ouaga.


Smokey (à gauche) avec
le reporter de Clap Noir

Qui est Smokey ?
Je suis Burkinabè, je m’appelle Serge Bambara Martin, plus connu sous le pseudo de Smokey, le côté satyrique et ironique que l’on retrouve dans mes textes. Cela m’amène à vous décliner ma profession : artiste musicien, rappeur pour être précis. Je suis aussi arrangeur et producteur quand le besoin se fait sentir.

N’est-ce pas trop ?
Vous savez, en Afrique il y a un manque cruel de structures professionnelles dans le cinéma pour être dans l’actualité comme dans la musique. C’est ce qui pousse souvent, à la limite c’est même une obligation de faire plein de métiers à la fois. Du coup je me retrouve avec plusieurs casquettes.

Combien d’albums Smokey a-t-il produit à ce jour ?
Une bonne vingtaine d’albums réalisés. A mon actif deux dont le dernier sorti en début 2003 intitulé « Zamana » qui veut dire le peuple en langue Bissa (une langue du Burkina)

Comment êtes-vous arrivés à faire de la musique de film ?
Vous savez, par le biais de mon studio d'enregistrement le label ABANZON, je rencontre pas mal de monde. C'est ainsi que j'ai été sollicité pour faire la musique d'un spot publicitaire, après un documentaire et ainsi de suite. Comme les premiers ont été visiblement contents de ma prestation, ça fini par faire tâche d'huile. Il faut dire aussi que mon entourage immédiat c'est à dire ma femme qui est actrice (elle a joué dans traque à Ouaga), Dany Kouyaté avec qui j'ai habité un moment, le fait que je sois né dans la capitale du cinéma ont certainement du contribuer et faciliter mon entrée dans ce monde qu'est celui du cinéma.

Parlez-nous des conditions de travail.
Il y a des réalisateurs qui viennent avec leur produit fini et me demande un habillage musical. Certains viennent avec les rushes pour me donner un aperçu et me mettre dans le feeling du projet, d'autres par contre savent ce qu'ils veulent et me disent, je veux tel genre de musique. A mesure que je fais des propositions, l'idée se précise, et la musique prend progressivement corps avec l'ensemble du projet. Et c'est comme cela qu'on travaille jusqu'à la fin.

Cela prend-il du temps ?
Faire la musique de film prend du temps comme tout travail de création bien élaboré. N'oublions pas que c'est un travail d'ensemble puisqu'il faut aussi prévoir parfois les bruitages et les effets spéciaux. Donc ça prend le temps qu'il faut pour satisfaire le réalisateur. Maintenant d'un projet à un autre, c'est différents, les paramètres ne sont pas identiques, surtout avec un budget serré situation régulièrement rencontrée. Le rapport entre l'argent et le travail devient un véritable challenge. Une chose est sure, c'est que le bon mixage des deux à une incidence sur le produit fini.

Peut-on avoir quelques films sur lesquels vous avez travaillé ?
J'ai fait beaucoup de publicité surtout pour des marques de cigarettes, quelques documentaires dont le dernier Bory bana de Diallo Boubacar, un film de Valérie Kaboré "la marié était barbue"
J'ai travaillé sur un projet d'une série policière que va réaliser Missa Hébié.

Peut-on connaître les projets de Smokey ?
J'aimerai un jour arriver faire un film, un truc vraiment dément quoi. N'allez pas penser que je me surestime, mais l'histoire et l'assiduité dans le travail mon prouvé que de la restauration ma formation de base, je suis passé en douceur à la musique. Vu que j'ai déjà un pied dans le monde du cinéma, je ne serai pas surpris de voir diriger un plateau de tournage. Il faut quand même progresser dans la vie pour casser un tout petit peu la monotonie.

Smokey a parlé.

Marc Ayee

www.clapnoir.org




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