48 H au FIFF 2005
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Le 20eme anniversaire du FIFF, faut y aller. Un rapide coup d’œil sur la programmation africaine, quelques coups de fils aux réalisateurs parisiens et nous voilà partis. Autoroute jusqu’au bout, c’est du velours et d’un coup, cahotement intempestif dans la voiture ; nous sommes arrivés à Namur. C’est un éternel chantier, pelleteuses et marteaux piqueurs rythment inlassablement cette ville depuis des années. Premier contact à la salle de presse, on nous remet le fameux sésame nous donnant accès aux salles de projections. Petit tour au chapiteau qui nous sert souvent de quartier général, l’effervescence y est palpable mais feutrée.


Le chapiteau © ClapNoir

 


Intérieur du chapiteau © ClapNoir

Les films africains sont moins nombreux cette année mais, nous assure t-on, de bonne facture.. La production documentaire est en plein essor, et Namur nous le prouve bien. Premier film vu, 5x5 de Moussa Touré, documentaire bien construit ou le réalisateur excele dans l’interview intimiste. On retrouve aussi Idrissou Mora Kpai avec son dernier film en compétition officielle, Arlit, 2eme Paris. Un documentaire dans un style efficace nous racontant Arlit, ville née de l’exploitation de l’uranium au Niger dans les années 70, véritable eldorado devenu fantomatique, où la santé de la population est en danger. Du discours officiel qui se veut évidemment rassurant se dégage un sentiment de malaise.


Projection Arlit, 2ème Paris © De Wallens

Le cinéma maghrébin quant à lui est bien représenté, depuis 2 ans. Signe d’une production cinématographique en meilleure santé qu’en Afrique noire. En compétition Douar de femmes de Mohamed Chouikh, un film évoquant la vie d’un village défendu par des femmes armées sur fond de terrorisme. Malgré quelques longueurs, un scénario intéressant porté par une réalisation fraîche et bien lissée. Sur un ton plus léger, Marock de Laïla Marrakchi, film sélectionné dans la section Un certain regard à Cannes 2005. Un mélange des souvenirs de la vie de la réalisatrice avec les d’jeuns de la haute bourgeoisie marocaine et de La fureur de vivre, dans une musique omniprésente. Pour ceux qui aiment Bowie, allez le voir.

Issu des projets développés lors du premier forum de la coproduction à Namur en 2004, A perfect day, film libanais de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige ; un homme souffrant d’apnée du sommeil, complètement étouffé par sa mère et obsédé par l’amour d’une femme, dont il est à la recherche. Esthétisme et émotions douces dominent cette errance amoureuse.


Le cinéma Eldorado © ClapNoir

Coté court, diversité et qualité sont au rendez vous. On retrouve parmi la sélection des incontournables : VISA de Ibrahim Letaief et Prince Loseno de Jean Michel Kibushi Ndjate Wooto. A découvrir sans modération Monsieur Etienne, comme une poésie, un joli petit film antillais de Yann Chapia et Casting pour un mariage de Farès Naanaa. 4 tableaux (la végétarienne, la féministe, la dépensière et l’idéale) peint avec brio et humour sur des épouses potentielles pour un mariage.


Exposition Voyages en cinémas du Sud © De Wallens

Le Festival de Namur est l'expression de la diversité des cinémas francophones et la fait vivre. A l'occasion de son 20eme anniversaire, une rétrospective « le fiff se souvient » nous montre la richesse de ces cinémas. C'est aussi l'expression d'une solidarité entre les professionnels qui oeuvrent pour défendre et montrer leur patrimoine. On a pu découvrir l'exposition « Voyages en cinémas du Sud » organisée par le BLCEF et le FIFF, voyage visuel à travers une cinquantaine d'affiches de films, ainsi que des extraits d'une trentaine de longs métrages produits en DVD par l'A.I.F. Ainsi, Namur nous révèle chaque année son rôle prépondérant pour les cinémas francophones.

Benoît Tiprez

Crédits photos : Eric De Wallens, www.objectifmag.be

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