|
Depuis 1985, les cinéastes en Afrique se retrouvent à chaque édition du Fespaco autours d’un thème. Pour cette édition, le thème proposé à la réflexion est celui du professionnalisme. Baba Hama donne le ton. Dans le mot qu’il adresse aux festivaliers, il dit que "si les mises en scènes sont mieux maîtrisées, si les images se laissent contempler, si les rares trucages ou effets spéciaux sont plus raffinés, si le jeu d’acteur est le plus juste qui soit, si…, le patrimoine cinématographique africain s’enorgueillirait de mille et une merveille !". Le thème du professionnalisme nous questionne. Qui est professionnel ? Celui-là qui travaille dans le cinéma sans formation initiale et qui en vit ou celui qui a appris ce métier à l’école, c’est-à-dire qui a un diplôme. Les métiers du cinéma ont la particularité d’avoir deux faces. La première est la maîtrise de la technique, la seconde est le don. On a beau avoir fait une grande école de réalisation, si on n’est pas doué pour diriger des acteurs, diriger une équipe, on ne fera que des piètres prestations. La seconde face de la pièce est la suivante. Le don ne suffit pas pour faire un bon cinéaste. Il faut apprendre le métier soit dans des écoles créées pour cela, soit sur le terrain. Le terrain est de plus en plus banni par les professionnels comme lieu d’apprentissage et de formation. On remarque que quand x ou y dit s’être formé sur le tas, il est tout de suite mis de coté. Cette formation n’est pas mauvaise en soi mais il faut qu’elle soit faite dans des conditions professionnelles et qu’elle soit le tremplin vers des lieux de formation et de maîtrise de la technique. Durant cette édition du Fespaco, il faut que les festivaliers prennent en compte la réalité du peu d’écoles et d’instituts existant en Afrique. N’y a t-il pas une nouvelle approche de la formation à envisager ? Ne peut on pas inventer les formules production formation, c’est-à-dire, entrer sur des productions en tant que stagiaires et parallèlement suivre des cours sur le lieu du tournage ? Une chose est sure. Aller se former dans les pays du Nord sera de plus en plus difficile pour les africains, car les financements n’existent plus en quantité. Il faut des écoles. Il faut des instituts de formation. L’expérience d’Imagine au Burkina Faso doit être approfondie, et pourquoi pas, popularisé un peu partout sur le continent. Le cinéma est un art mais aussi une technique. Il nous faut allier les deux. Tola Koukui, comédien béninois le disait déjà à l’édition passée du Fespaco. "Comédien africain, griot des temps modernes. De la même manière qu’être griot ne s’improvise pas, être comédien ne s’improvise pas. Il faut un long apprentissage. Il est donc nécessaire de penser à la formation du comédien". Achille Kouawo Les thèmes du Fespaco Rétrospectives des colloques du Fespaco |
| © Clap Noir / 2005 |