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Paul Kabré est un personnage atypique. Il a la particularité d’aimer les malades mentaux. « Mon nom, Sandaogo veut dire étranger en Mooré dit-il. C’est pour cela qu’on me considère toujours comme quelqu’un qui vient de loin même dans mon pays ». Le documentaire qu’il a réalisé, « Gaeenga, parmi les hommes » aborde le sujet de toutes les formes de maladie ayant trait au mental. Ces personnes souvent rejetées par leur milieu familial se retrouvent dans la rue. A travers des entretiens émouvants, elles évoquent leur vie avant la maladie, leurs relations avec les autres dits normaux. C’est aussi un aperçu des préjugés qu’ont les autres à leur égard et les différents traitements qui leurs sont réservés. L’ami des « fous » a bien voulu nous donner les motivations qui l’ont amené à faire ce travail. Clap Noir : Qui êtes-vous ? Paul Kabré : Je m’appelle Paul Sandaogo Kabré et j’ai 50ans. Paul Sandaogo, c’est aussi la photo et avant cela l’hôtellerie pendant 24 ans. J’ai fait la rue, la rude école de la vie. Très souvent quand je dis que j’ai fait l’école jusqu’au CE 2, cela étonne. Pourtant il a bien fallu que je me batte pour sortir vivant de la rue. Comment êtes-vous arrivés à la réalisation ? Vous savez de l’image figée à l’image animée, il n’y a qu’un pas. Je l’ai franchi avec « Gaeenga parmi les hommes ». Par contre je ne suis pas un réalisateur en tant que tel. C’était très amusant la première fois quand j’ai eu mon badge avec l’inscription réalisateur. Ce film je l’ai fait avec le cœur. Pourquoi avoir fait un film sur ce sujet ? J’ai remarqué que rien n’était fait pour ces malades exclus et marginalisés par la société. Quel a été le déclic de ce film ? Vous savez quand vous avez connu une enfance comme la mienne, deux choix se présentent à vous : être le plus doux ou le plus méchant du monde. Comment avez travaillé ? Cela peut paraître curieux mais c’est quand je suis arrivé en salle de montage que j’ai entendu parler de plan de coupe. Vous savez, ces gens, ces malades que j’ai mis à l’écran m’ont accepté. Auraient-ils acceptés de parler en présence d’un micro, d’une autre personne ? C’est cette crainte là qui m’a poussé à faire le travail tout seul avec ma caméra au point. Quels sont vos projets ? J’ambitionne de retravailler le sujet parce que je n’ai pas été exhaustif, et comme toute première œuvre, il y a des imperfections. Mais avant tout cela je dois me former. Marc Ayee |
| © Clap Noir / 2005 |