| " Le comédien
dans la création et son rôle dans la promotion du film africain.
"
" Je ne vais pas sonner les cloches
du tam-tam " nous annonce un responsable du festival. Nous plongeons
dans le bain burkinabé et son langage imagé. La conférence
de presse organisée à Paris démarre. Un défilé
de personnalités palabre pour nous présenter le programme
de cette année. La calebasse est vide : aucun film n'est sélectionné.
Organisée trop tôt, la conférence nous informe surtout
sur le thème choisi " Le comédien dans la création
et son rôle dans la promotion du film africain ". Un débat
houleux commence. La salle de l'auditorium des Halles est remplie de comédiens
africains et caribéens vivant en France très remontés
et très excités.
" Pourquoi n'y a t-il pas d'école
de théâtre en Afrique ? "
" Pourquoi les metteurs en scène africains n'apprennent pas
à diriger les acteurs ? "
" Pourquoi n'y a pas t-il d'argent pour produire nos films ?
Un concerto de pourquoi envahit la salle. Les organisateurs sont dépassés
par cette soudaine révolte d'artistes. Comment comparer des films
africains fait avec quatre bouts de ficelle aux grosses productions occidentales
?
Dans une cacophonie, digne d'une basse-cour, chacun s'emporte contre le
système cinématographique africain. Les hommes intègres
du FESPACO étaient loin de s'imaginer qu'ils allaient provoquer
une révolte des comédiens noirs en choisissant le thème
de cette année. Frustrés de si peu travailler en France,
ceux-ci rêvent de tourner dans des films africains et qu'une réelle
production existe.
Mais accepteraient-ils de tourner dans des conditions minimalistes ? Seraient-ils
aussi naturels que leurs frères qui n'ont pas pris de cours de
comédie ?
Ce qui fait le charme et la valeur du film africain résisterait-il
à un " formatage occidental " ?
Mais c'est un autre débat. Je ne vais pas sonner les cloches du
tam-tam
Isabelle Audin
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