Le Festival de Cannes fête ses 60 ans.
Un bel anniversaire en perspective, auquel l'Afrique est malgré tout conviée

_______________________



 

Quatre films africains pour « Tous les cinémas du monde »

Dans le cadre de la programmation « Tous les cinémas du monde », l'Afrique est justement le seul continent à figurer en tant que tel, alors que les autres journées sont consacrées à un pays en particulier. Bonne chose ou mauvaise chose ? Il est un peu gênant de voir l'Afrique considérée dans sa globalité, le Maghreb amputé, au risque de gommer les spécificités nationales. La sélection présente donc deux films guinéens, un film kenyan et un film angolais, l'occasion pour la programmation de visiter les trois aires « d'influence » héritées de l'époque coloniale : francophone, anglophone et lusophone. La démarche a le mérite de montrer malgré tout une Afrique multiple.

Si «  Il va pleuvoir sur Conakry », de Cheick Fantamady Camara, reprend le thème courant dans le cinéma africain de l'affrontement entre tradition et modernité, « Un matin bonne heure », de Gahité Fofana évoque le drame contemporain de l'immigration. « O heroi », de Zézé Gamboa, aborde pour sa part les conséquences de la guerre tandis que le documentaire de Roger Mills et Murad Rayani revient sur le vie du photoreporter Mohamed Amin dans «  Mo & me ». Et s'il est encore une fois dérangeant de considérer l'Afrique d'un seul bloc au sein de la programmation, il faut souligner que cela sera la seule occasion de voir des films d'Afrique subsaharienne à Cannes dans le cadre officiel.

Aucun film africain en compétition

L'Afrique, Maghreb compris cette fois, est en effet quasiment absente du Palais des Festivals. On notera seulement le «  Cartouches gauloises » de Mehdi Charef, film franco-algérien présenté hors compétition. A titre de comparaison, le cru 2006 hors compétition comptait «  Ces filles là » de l'égyptienne Tahani Rached et bien sûr « Bamako » d'Abderrahmane Sissako, tandis que « Indigènes » concourrait pour la Palme d'Or. Même la sélection d'Un certain regard, qui avait accueilli et salué « Moolaade » de Sembène Ousmane en 2005, boude cette année le continent tout entier.

Côté sélections parallèles, le vainqueur du Fespaco, « Ezra », de Newton Aduaka, est présenté à la Semaine Internationale de la Critique en partenariat avec RFI, tandis que parmi les 19 nationalités représentées à la Quinzaine des Réalisateurs, aucune n'appartient au continent africain.

Sissako membre du jury

Reste la présence d'Abderrahmane Sissako au sein du jury de la prestigieuse compétition officielle. Il faut dire que le réalisateur est un habitué du festival, du court métrage « Octobre »en 1993 à «  Bamako » l'an passé.Un regard africain sur la 60e palme d'or, voilà une petite consolation à l'absence de la compétition. Car pour participer totalement à la fête, il aurait fallu l'enjeu de la concurrence. Or cette année, les jeux sont faits et il ne reste qu'à assister au spectacle. En attendant l'année prochaine.

J.P. clap noir

A noter :

•  le Nigeria et la Tunisie seront pour la première fois représentés au Village International.
•  Une réunion de la Fepaci se tiendra le 23 mai au Palais des Festivals à l'occasion de la journée de «  Tous les cinémas du monde » consacrée à l'Afrique.
•  "Rêves de poussière" de Laurent Salgues est sélectionné dans le cadre de Visions Sociales parrainé cette année par Abderrahmane Sissako (festival organisé par la CCAS ).

www.clapnoir.org




Haut de la page

© Clap Noir / 2007