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Nous sommes à Niamey, capitale du Niger. En cet après-midi du dimanche, la ville semble se vider. Les jeunes et aussi les adultes ne veulent en aucun cas rater les épisodes de la série " Dan Dali Soyeya ". Sur les écrans de la télévision, une histoire d'amour interdit entre deux jeunes. Tous les ingrédients qui font la réussite des séries télévisées. Amour, haine, suspens, chansons. Et la cerise sur le gâteau, la série est en haussa, une langue que le Niger partage avec le Nigeria. Partageant plus de 1000 km de frontière
avec le Nigeria, le Niger est inondé de production vidéo
venant de ce grand pays. Film américain, film chinois, quelques
rares films africains, et beaucoup de films nigérians Le cinéma au Nigeria. Le passé cinématographique du Nigeria était assez riche. Les débuts de la production cinématographique remonte aux années 1936-1940 où M. OBE faisait des films muets pour le département de la Santé. L'industrie cinématographique démarra
réellement au début des années 70. Les dix prochaines
années verront la production de plusieurs longs métrages.
La production du pays marque ses pas et met en évidence deux axes.
La production en langue anglaise, et la production en langue locale (Ibo,
Yorouba, Haussa). De 1970 à 1983 quelques 36 films ont été produit dans le pays. Cela va du support 35 mm au support 16 mm, et les thèmes sont variés. L'avènement de la vidéo. Cette période est aussi celle de l'avènement du petit écran. En 1984, la télévision nigériane compte 24 stations, et est alimenté par des séries américaines et anglaises. Vu le manque de production cinématographique, et pour fournir au marché nigérian des films, des producteurs se sont lancés dans la production en prenant pour support la vidéo. C'est le phénomène de la home vidéo. La production vidéo nigériane
est l'une des plus importante de l'Afrique de l'Ouest et même de
toute l'Afrique. En effet, annuellement, quelques 700 films officiellement
répertorier sont mis à la disposition du public nigérian,
mais aussi ceux de la sous-région Ouest-africaine et même
de la diaspora noire américaine. Pour donner des chiffres, notons que le chiffre d'affaires que permet la home vidéo est estimé à 64 millions d'euros, 150 000 copies sont vendues en moyenne par film, et cette industrie fait travailler plus de 4000 personnes. L'industrie de la home vidéo est très bien organisé. Cette industrie est géré par les marketers. Puis viennent les réalisateurs, les acteurs, toute la chaîne des techniciens, ceux qui ont en charge la multiplication des cassettes, avec ce que cela demande comme fabrication de jaquette. Enfin, vient le circuit de la distribution, circuit toujours maîtrisé par les fameux marketers. Le marché de la vidéo nigériane
est peu connu, car ce marché se suffit à lui-même.
Mais, l'une des faiblesses de ces films reste la qualité. Qualité
technique, qualité artistique. Probablement qu'avec la diffusion
à l'extérieur que se fait de plus en plus, ces quelques
lacunes que nous connaissons finiront par disparaître pour laisser
la place à une vidéo de qualité. Bibliographie |
| © Clap Noir / 2003 |