Rétrospective du cinéma au Niger
Le septième art en deuil

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Jean Rouch en tournage au Niger

"Jean Rouch vient de nous fausser compagnie", la nouvelle est donnée par Laurent Clavel, le directeur du Centre culturel franco-nigérien de Niamey mercredi à 22h aux cinéphiles sortant du Théâre de plain air. Le décès du père du cinéma direct a été constaté à l'hôpital de Galmi (Nord Est du Niger), 400 km de Niamey, où il avait été transféré à la suite d'un accident de circulation.


Jean Rouch face à la presse nigérienne
à de l'ouverture de la Rétrospective, le samedi 14 février 2004.

Venant de Niamey avec son épouse, et ses amis, l'acteur Damouré Zika et le rélisateur Moustapha Alassane, il se rendait à Tahoua, 520 km de niamey, où il devait visiter les nouvelles installations du studio d'Alassane. l'ambassadeur de France au Niger, qui assiste aux projections depuis samedi soir à côté de Jean Rouch, se trouvait présent au début des séances de projections. Son départ précipité avait été noté par certains dans l'assistance.


Jean rouch, Inoussa Ousseini, Moustapha Diop,
Damouré Zika (de dos) à la cafétaria du CCFN (samedi 14 février 2004).

Jean Rouch, âgé de 86 ans, était revenu à Niamey vendredi dernier pour présenter entre autres, Le rêve plus fort que la mort, son dernier film. Dans le cadre de la rétrospective du cinéma au Niger (14 au 22 février), le week-end dernier avait été consacré à une dizaine de ses œuvres dont la majorité a été réalisée au Niger, sur le fleuve ou sur les bords du fleuve Niger. Samedi, commentant des images sur la grande famille de Damouré Zika, qui l'a introduit aux populations riveraines de Niamey : "Jai fait 150 films, autant que Damouré a fabriqué de petits-enfants".

A la suite de cet évènement tragique, les organisateurs se sont concertés pour savoir quelle suite donné à la retrospective. La fin du film de Jean Rouch, Le rêve plus fort que la mort a apporté la réponse. En effet, Diouldé Laya disait "On continue". Il fallait donc continuer le travail, à filmer, à réaliser, à rêver, la retrospective.

Le jeudi matin, à l'ouverture de la conférence sur la conservation du patrimoine, Diouldé Laya, ethnologue et compagnon de Rouch devait exhorter les cinéastes et les organisateurs à poursuivre l'action du cinéaste disparu.


Jean Rouch et son épouse lors d'une projection (samedi 14 février 2004).

Clap Noir, dont une équipe suit la Rétrospective du cinéma au Niger, touchée par cette perte subite, présente ses condoléances à l'épouse de Jean Rouch, à sa famille, à ses amis et à tous les cinéastes nigériens.

Jean-Baptiste Dossou-Yovo
Clap Noir
19 février 2004

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