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"La Nuit de la vérité", entrera dans l'histoire du cinéma africain comme le premier long-métrage d'une femme burkinabé. Fanta Régina Nacro, qui était déjà l'une des premières femmes africaines cinéastes, donne un autre tournant à sa carrière cinématographique en se lançant dans un long-métrage.
Au Burkina Faso, Fanta Régina Nacro est la première femme a avoir pénétré dans le monde du cinéma en effectuant le stage en tant que scripte pour "Yam Daabo" (Le choix) réalisé en 1986 par Idrissa Ouédraogo. Son premier film "Un certain matin", est un court-métrage réalisé en 1992, qui remporte le Tanit d'argent à Carthage. C'est la consécration pour Fanta Régina NACRO. Avec "Un certain matin" (1992),
la première fiction dirigée par une femme au Burkina Faso,
et "Puk Nini" (1995), Fanta Nacro fût propulsée
dans la cour des grands. Son court métrage, "Le truc de Konaté"
(1998), sur la prévention du sida, récompensé par
de nombreux festivals internationaux, dont le Fespaco 1999 et le Festival
du court-métrage de Clermont Ferrand, révèle une
cinéaste très engagée. Une cinéaste très proche des préoccupations quotidiennes Son cinéma à elle, se veut
un cinéma de dénonciation qui brise les clichés tabous,
un cinéma constructif qui propose. Sur un ton parfois caustique,
mais plein de symbolisme, Fanta Régina Nacro aborde les sujets
sans complexe. Elle veut titiller, susciter la réflexion
pour
faire jaillir la lumière. Aussi choisit-elle des thèmes
qui dérangent pour provoquer des discussions entre générations.
Son premier long-métrage Le cinéma africain a tout le temps collé aux réalités socio-économiques du continent. Aujourd'hui, les guerres et les conflits rythment la vie quotidienne de bon nombre d'Africains. Comment la cinéaste qu'elle est aurait pu rester insensible ? Les images seront chez elle le viatique pour dénoncer, critiquer et proposer un monde meilleur. Ici, l'art de la cinéaste devient un engagement au service de la paix, sans laquelle aucun développement n'est possible. Pour son premier long-métrage, elle a choisit la capitale, Ouagadougou, et Kamboisin (localité située à 25 km au nord de Ouaga) pour le tournage. Dans ce long métrage loin de l'humour auquel nous avait habitué Fanta Nacro, ce sont des images poignantes et déchirantes causées par la guerre. En phase avec l'actualité du continent qui charrie cadavres blessés et déplacés de guerre, ce long-métrage se veut une interpellation des hommes politiques pour éviter la guerre des populations à cultiver le pardon et la vie en communauté. Fanta Nacro aboutit à une conclusion : les guerres ethniques avec leur cortèges de désolations, de rancurs et de privations n'apportent rien à l'Afrique. Autant donc travailler à cultiver dans les esprits et les curs des Africains des valeurs humanistes. Il faut promouvoir ces vertus et surtout et surtout sortir d'un conflit où tout doit être mis en uvre pour réconcilier et oublier. C'est une thérapeutique nécessaire pour envisager l'avenir avec des réels motifs d'espoir. "Accepter la haine comme composante intrinsèque de tout homme, c'est commencer à pouvoir s'en défaire", confie Fanta Nacro. Ce premier long-métrage de Fanta Nacro a bénéficié de l'aide au scénario du festival d'Amiens et de l'aide à la réécriture du Centre National de la Cinématographie .Il est le fruit d'un long travail d'écriture en collaboration avec Marc Gautron, déjà partenaire d'écriture de Fanta Nacro pour "Puk nini" et "Le truc de Konaté" Et demain ? Après ce long-métrage, Fanta
Régina Nacro ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Ainsi,
après "La nuit de la vérité", elle travaillera
sur deux sujets de long métrage "Le retour des sorcières"
et "Le miel amer". Sacrée Fanta R. Nacro ! A 41 ans,
elle n'a pas encore vidé son carquois. C'est tout à l'honneur
du cinéma féminin africain. Tiego Tiemtoré. |
| © Clap Noir / 2003 |