Qu'est-ce qu'il est phénoménal ce Jean Odoutan !
_______________________



 

En parcourant le magazine Télérama du 26 mars 2003, je tombe sur un article, " L'éclaireur de Ouidah ", consacré à Jean Odoutan, celui là même qui en janvier a organisé à Ouidah, un festival : Quintessence. Un petit tour sur son site web nous permet de mieux connaïtre le personnage.

LE PERSONNAGE
_______________________


Jean Odoutan est béninois, vivant à Paris depuis 1980. Il est auteur, compositeur, réalisateur, producteur, comédien. C'est ce qu'il dit. Il a sûrement d'autres cordes à son arc. La première fois que je l'ai entendu parler, c'est dans une émission sur Radio France Internationale. Il faut dire que j'avais déjà vu ses films, mais, jamais, je n'avais écouté une interview de ce personnage extraordinaire. Dans cette interview, Jean raconte comment il tourne ses films, compose ses musiques, dirige ses acteurs. C'est extraordinaire. Lors du Fespaco, un de ses amis m'a rapporté une anecdote. C'était lors du tournage du film Mama Aloko à Paris. Jean devait jouer une scène qui commençait dans la rue et devait se terminer à l'intérieur d'une maison. Dans la rue donc, il tombe sur cet ami vu il y a longtemps, et ils se mettent à causer. Puis, il l'informe qu'il est sur un film et repart jouer sa scène. Il est d'une grande simplicité me disait son ami. Tellement simple qui si l'on ne fait pas attention, on risque de ne pas le prendre au sérieux. Eh oui, quand on voit tout ce qu'il fait, comédien, réalisateur, compositeur, on pense qu'il n'est pas sérieux. Mais… regardez ses films. C'est du beau travail.

SES FILMS
_______________________
Barbecue Pejo est son premier long métrage. L'histoire de la réalisation de ce film vaut à lui seul un film. Je vous propose un extrait d'un entretien réalisé par un journaliste inconnu au bataillon et publié sur le site de Jean " Je commence à réunir une équipe. Je réussis à convaincre quelques débutants plus ou moins passionnés et vogue l'aventure. Un directeur de Production, un baroudeur du nom de Christian LAMBERT embarque avec moi dans la galère. D'autres nous font des plans que je pourrais qualifier d'enculerie notoire : le chef-décorateur béninois nous promet monts et merveilles et nous plante à deux semaines du tournage. Et de décor, que dalle. Nada. Il faut redoubler d'ardeur. J'étais scénariste pas très sûr de moi. Réalisateur du bitume qui a encore du chemin à parcourir. Producteur parce que le jeu en valait la chandelle. Compositeur pour calmer mes nerfs. Et maintenant chef-décorateur. Et puis, il est où le comédien ? Mécontent de son cachet, le Monsieur demande deux millions de francs français, pratiquement le budget de départ du film. Alors ODOUTAN se retrouve également comédien. D'aucuns appellent ça de la mégalomanie, d'autres de l'inconscience. Et moi, c'est le destin. "

Le film Barbecue pejo a été sélectionné par les festivals de Namur (Belgique), Amiens, Belfort, Mar del Plata (Argentine), Noir Tout Couleurs (Guadeloupe), Toronto, Vues d'Afrique (Québec), etc. son interprète principale Laurentine Milebo s'est vu décerner deux prix d'interprétation à Khourigba et Milan.

Djib, son deuxième film, une "banlieuserie nègre", est sorti en France le 29 novembre 2000. De nombreux festivals l'ont remarqué et Max-Edouard Balthazard, son interprète principal a été couronné au Québec (festival Vues d'Afrique).

Son troisième film, Mama Aloko a eu lieu durant l'été 2000 à Paris. Le film est sur les écrans depuis le 23 janvier 2002.

SON FESTIVAL
_______________________
Ouidah (40 km de Cotonou) est l'une des villes assez célèbre au Bénin. On se rappelle du Festival sur la culture vaudou organisé dans cette ville. C'est de Ouidah que partaient les esclaves pour l'Amérique. C'est dans cette ville que Jean Odoutan a choisi de faire la première édition de son festival avec un nom qui est tout un programme : quintessence. Jean a voulu, à travers ce festival, mettre à la portée de la population de Ouidah, des films qu'ils n'auront jamais l'occasion de voir, car la ville ne possède aucune salle de projection de film.

Le festival a enregistré 19 films longs métrages en compétition et 20 courts métrages.
Le palmarès :
Python Royal, Grand Prix du Festival à L'Afrance (France/Sénégal),
réalisé par Alain GOMIS
Python de Children, Prix du Public à Le Pari de l'Amour (Côte d'Ivoire),
réalisé par Didier AUFORT
Python Pygmée, Prix du Court-métrage à Pressions (Bénin),
réalisé par Sanvi PANOU
Python Papou, Prix du Documentaire à Charly ADANDE (Bénin)

Pour la réussite de son festival, Jean a été soutenu aussi bien par des institutions que par des amis. Il a dans un champ à Tours (France), un camion contenant une centaine de chaises pour l'ouverture d'une salle de cinéma quelques part au Bénin.
Beaucoup de courage et de persévérance au réalisateur, comédien, compositeur…

Le site web de Jean Odoutan : http://www.45rdlc.com/index.html

Achille Kouawo
1er avril 2003

www.clapnoir.org




Haut de la page

© Clap Noir / 2003