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L'Agence intergouvernementale de la francophonie a, depuis 2001, lancé un projet "pour faire découvrir le cinéma africain à son propre public". Le projet consiste à diffuser sur DVD des films africains. Ce projet, dans sa première phase a permis de mettre sur DVD 10 films. En octobre 2003, l'Agence annonce la sortie de 10 nouveaux films. Cela portera le nombre de films à 20. Le présent projet est certes louable
mais il nous questionne sur le choix du meilleur support de diffusion
de notre cinéma afin de le mettre à la portée de
son public.
Le marché de la vidéo familiale Aujourd'hui, la vidéo familiale
est une réalité. Autrefois, le magnétoscope trônait
dans le salon et permettait à toute la famille de goûter
la joie d'un bon film. Depuis peu, le bon vieux magnétoscope est
remplacé par le lecteur de CD vidéo, le VCD. Quant aux films sur support VCD, le cinéphile n'a que l'embarras du choix. Les films américains y foisonnent et à des prix défiant toute concurrence. Pour en avoir une idée, un film sur VCD coûte, dans les pays de la sous région ouest-africaine, entre 1500 et 2000 F CFA ( soit 3 €). Et les films africains ? Face à la profusion de films américains, chinois et indiens sur le marché africain, y-a-t-il encore une place pour le cinéma africain sur support VCD ? Oui. Le Nigeria nous donne l'exemple. Pour chaque film réalisé, plus de 100 000 VCD sont produits. Il faut dire que le Nigeria produit plus d'une trentaine de film par an. Ces VCD sont distribués aussi bien en Afrique qu'à travers la diaspora. Le coût de fabrication des VCD est une aubaine pour le cinéma africain. Cette aubaine doit permettre une certaine visibilité de notre cinéma. En effet où se trouvent aujourd'hui les films africains réalisés avec tant d'argent ? Soit, ils ne sont présentés que dans les festivals dans les pays du Nord. Soit, ils sont au fond d'une armoire faute de politique de distribution et par manque de salles de projection. La diffusion numérique favorisera
certainement la présence des films sur les marchés africains,
et les cinéphiles pourront accéder aux films de Sembene
Ousmane, Souleymane Cissé etc. Leur permettre l'accès à
ces films c'est permettre à l'Africain d'aller à la rencontre
de son image et par-là même ne plus attendre des moments
hypothétiques et très peu nombreux où une chaîne
de télé voudra bien programmer un film africain. Cela peut
aussi être source de revenu substantiel pour les maisons de production.
Si le film est bon, il sera acheté. Candide Etienne Lire aussi |
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