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Le développement et la professionnalisation du cinéma en Afrique passeront obligatoirement par certaines étapes. Ces étapes seront techniques (maîtrise des technologies du numérique dans le cinéma), commerciale (de structures performantes de distribution et de promotion) mais aussi médiatique. Par l'aspect médiatique, nous entendons la critique à travers les journaux, les radios et les chaînes de télévision. La nécessaire critique La critique peut être, partiellement ou totalement, un avis personnel subjectivement soutenu. Elle peut se traduire par une analyse, une analyse beaucoup plus détachée que le journaliste fait d'une uvre cinématographique. Une bonne critique devrait permettre aux cinéphiles d'avoir une lecture plus approfondie du film, d'aller au-delà du superficiel, donc de percevoir les différentes dimensions de la portée (esthétique, sociologique, politique, philosophique et éthique) du film. La critique a aussi une action positive sur tous les acteurs de la chaîne de fabrication d'un film. Le réalisateur y découvre les forces et les faiblesses de sa mise en scène, le directeur photo ses images, etc. Les médias et la critique Il est, nous semble t-il, nécessaire de porter une attention particulière au cinéma dans nos médias. La rubrique cinéma y est quasi absente. Certains diront que cela est dû à la rareté des films africains. Mais, tous films, africains ou non, méritent une critique. La critique des films non africains serait, sans doute, le meilleur service que l'on puisse actuellement rendre au cinéphile africain, et du coup, au cinéma africain. A travers la bonne information et la bonne critique sur les films, les médias font uvre de formation. En effet, les analyses et les points de vue que donneront les professionnels dans leurs colonnes ou dans leurs émissions, devraient permettre aux lecteurs, aux auditeurs et aux téléspectateurs, de découvrir par exemple les coulisses de la réalisation d'un film, les différents métiers du cinéma, des interviews de réalisateurs, de producteurs. Ces éléments attirent également l'attention des professionnels africains de l'image sur ce que font leurs homologues européens, asiatiques, américains, et ce qu'en pensent les critiques africains et d'ailleurs. Une proposition : pourquoi ne pas, cinéastes et journalistes, ensemble poser des bases pour une critique dans nos médias. Les réalisateurs en mettant à la portée des journalistes les éléments d'information nécessaire à la rédaction des papiers, et les journalistes en créant des rubriques sur le cinéma, rubriques qui seront régulièrement alimentés. Et pourquoi ne pas rêver d'une revue spécialisée sur le cinéma africain. Pourquoi pas ? Candide Etienne |
| © Clap Noir / 2003 |